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Questions de classe(s)

600 enseignant-e-s refusent de remplir le livret de compétences

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Communiqué de presse du 10 juin 2013

Plus de 600 enseignant‑e‑s de toute la France se sont engagés publiquement à ne pas remplir le livret de compétences (LPC)*, avec le soutien de plusieurs syndicats et collectifs**.

Ce livret a été mis en place sous la présidence Sarkozy dans le cadre du socle commun de connaissances. Il recense les « compétences » des élèves qui doivent être acquises en fin de CE1, CM2 et 3e. La « refondation de l’école » promue par V. Peillon n’a pas amené à sa remise en cause.

POURQUOI CE MOUVEMENT DE REFUS ?

Du point de vue éducatif, les signataires dénoncent un outil inutile et lourd, qui implique une pédagogie du bachotage, loin de la visée émancipatrice qui devrait être celle de l’école.

Du point de vue de la vie privée, le LPC recueille de manière détaillée et numérisée des informations sur les enfants, et cela pour leur vie entière... sans garanties quant à la confidentialité des données.

Du point de vue du droit du travail, il est à craindre que le système des compétences, plus qu’encouragé par le patronat, individualise le statut des salarié-e-s et affaiblisse les conventions collectives.

En conséquence, les signataires réclament que ce livret de compétence soit supprimé.

Ils s’engagent collectivement et solidairement à ne pas le remplir et à soutenir activement ceux d’entre eux qui subiraient des pressions ou des sanctions de la part de leur hiérarchie.


* La liste des signataires a été rendue publique sur le site de la campagne :
www.boycott-lpc.lutter-agir.org

** Appel soutenu nationalement par :

le Réseau des enseignants du primaire en résistance,

le Collectif National de Résistance à Base-Elèves,

la Fédération des syndicats SUD éducation,

la Fédération des Travailleurs de l’Education de la CNT,

la Fédération Éducation de la CNT-Solidarité Ouvrière ,

la tendance Emancipation

et l’Union des alternatives syndicales

Et soutenu localement par :

la section départementale du SNUipp-FSU82

6 Messages

  • 600 enseignant-e-s refusent de remplir le livret de compétences 10 juin 2013 21:09, par Philippe Lestang

    Professeur d’éducation musicale.

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  • 600 enseignant-e-s refusent de remplir le livret de compétences 11 juin 2013 09:51, par Valérie Guiffrey

    Pour un parent il est très compliqué de se positionner sur ses sujets, épineux, dérangeant pour tous et plus particulièrement pour la communauté éducative, mais en tout premier lieu pour nos enfants et les familles.

    Quand le LPC est arrivé sur le marché nous avons été (plusieurs parents délégués) tout de suite en alerte, comprenant rien que par le vocabulaire choisi "compétence", la dérive à venir. De plus nous étions déjà en porte à faux avec "base élèves" et la multiplication des fichiers comme "sconet". Tout cela nous effrayait et à juste titre.

    Nous avons mis tout de suite le sujet à l’ordre du jour du conseil d’école avec comme argumentation 1- l’illégalité de la mise en place du LPC, la CNIL n’ayant pas donné son accord, la teneur du livret lui-même, sa construction (absurde) : réponses binaires (acquis, pas acquis) et l’intitulé de certains chapitres qui nous paraissaient tendancieux.

    Nous avons été très surpris de la réaction engendrée à ce sujet lors du conseil, un enseignant, n’hésitant pas à m’interpeller furieux me taxant d’élite paranoïaque, évidemment à partir de ce moment là, le débat s’enflamma et plusieurs parents exigèrent le retrait et refusèrent que nos enfants en soient les otages. Mais nos pouvoirs n’allaient pas jusqu’à là face à la volonté de l’Education Nationale. Pourtant nous sommes restés mobilisés et le sommes encore à ce jour. Après "Base élèves", sconet et le LPC nous percevons tout à fait la volonté de fichage chemin faisant de l’entière population et nous ne l’acceptons pas.
    Bravo pour votre résistance face à cet abus de pouvoir !

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  • Bravo aux collègues et camarades en écoles primaires, en collèges et dans certaines filières professionnelles qui refusent de se prêter à cette mascarade, à cet abus de pouvoir, à ce FICHAGE des élèves, ... (SCONET, Base-Elèves), ...
    N’étant pas en situation (retraité de l’enseignement supérieur), je ne pouvais être cosignataire de cet appel.
    J’espère qu’une pétition citoyenne de soutien sera proposée, ainsi que d’autres formes de solidarité avec ces collègues et camarades.
    N’oublions pas que, en principe, nous avons le devoir de contribuer à la formation d’esprits libres, capables de penser et agir par elles-eux-mêmes. C’est l’esprit de la laïcité.
    C’est beaucoup plus difficile que de formater des "moutons" et "brebis" bien conformes ! Plus de travail en fait, plus de fierté pour les personnels éducatifs (DONT enseignantes et enseignants), pour les élèves et étudiantes-étudiants.

    L’enseignant furieux traitant "d’élite pananoïaque" celles et ceux qui contestaient ce formatage et ce fichage avait-il véritablement réfléchi ? autrement qu’au pas cadencé des idées bien conformes ?!

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  • Outre les raisons évoquées, il n’y a rien de plus débilitant et dégradant sur le plan intellectuel que ce livret de compétence dont la fonction est de détruire la liberté pédagogique qui est fondamentale à l’exercice de l’instruction publique par l’enseignant, liberté pédagogique dans le cadre des programmes nationaux qui a pour objectif de transmettre à tous les enfants indépendamment de leur "territoire" les connaissances univererselles organisées en disciplines et par niveau d’acquisition, vive le droit de redoubler, vive les écoles normales, vive les enseignants spécialisés, à bas la volonté de la troïka d’analphabétiser la jeunesse, à bas la loi de territorialisation et de dislocation de l’école, à bas la privatisation de l’école publique !

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  • Résister contre (1) le fichage des enfants, (2) leur pré-professionnalisation, (3) les atteintes à la liberté pédagogique et la négation des spécificités locales ou nationales est tout à fait louable. Cependant, dans quelle mesure l’enseignant peut-il s’opposer à une demande hiérarchique ?
    1. Si les données saisies restent dans l’école, que seuls des tirages papiers ou PDF sont fournis au collège ou à la nouvelle école de l’élève, que la base utilisée à l’école est déclarée en toute honnêteté à la CNIL, je ne trouve pas qu’il y ait danger de fichage.
    2. Si nous refusons d’employer des termes débilisants comme « évaluation » ou « compétence » en présence des intéressés, que nous les responsabilisons et les impliquons dans leur parcours scolaire, je pense qu’on peut en faire des citoyens et des travailleurs éclairés.
    3. Si le Conseil de Cycle organise ses progressions pour répondre aux besoins des élèves et à la culture des enfants, avec cependant en vue la compétence à travailler, si l’outil de suivi de l’élève au regard de ces compétences est ergonomique, rapide, peu contraignant et collaboratif, je suis convaincu qu’il reste de la place à la liberté et au sens donné aux apprentissages.
    Reste à trouver un support qui permette tout cela.
    — 
    Par un enseignant du primaire.

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  • Sur un plan syndical, je pense que c’est mettre les collègues dans une situation difficile que de les encourager à ne pas obéïr individuellement, et les vibrants appels à la "solidarité" ne les aideront en rien, seule l’unité syndicale pour la défense inconditionnelle de la liberté pédagogique garantie par le statut de la fonction publique, peut les faire reculer sur ce point particulier. Sur un plan plus politique, on voit bien le lien entre la soumission corporatiste, communautariste et anti-républicaine de l’enseignant (pourtant fonctionnaire d’état) à un projet éducatif territorial au service des potentats et notables locaux dans le cadre de l’Europe des régions et des intercommunalités avec la destruction de la liberté et l’indépendance pédagogiques c’est à dire de l’art d’enseigner (qu’est donc la "pédagogie" sinon l’art d’enseigner de chaque enseignant pendant une année dans sa classe dans le cadre des programmes nationaux, réalisant ainsi l’unité de la nécessité et de la liberté, de la forme et du fond, etc et donnant aux élèves de la Laïque, le loisir d’un temps et d’un lieu où l’on peut penser librement tout en acquérant la satisfaction d’apprendre, comprendre, etc). On voit bien le lien entre l’"école" des territoires que constitue loi peillon, la destruction du bac, des programmes disciplinaires, des iufm, la privatisation et le recours aux associations privées, etc, avec la marche à la caporalisation des enseignants par les méthodes de management, et la débilité de ces "compétences" chères au patronat. La "pédagogie", cette morale bien pensante et plus ou moins officielle des soit-disant experts, qui sont souvent des nullités philosophiques (néanmoins patentés et chouchous des médias pour bobos) et/ou des DRH du ministère (pour ne pas dire de l’IG) n’a jamais servi à autre chose depuis 30 ans que de prétexte aux contre-réformes de l’école publique. Nota : pour ne pas être mal compris : l’école sert, avant tout et par dessus tout à transmettre des connaissances au futur citoyen libre, c’est à dire à la fois des savoirs et des savoirs-faire, apprendre, penser sont un travail à la fois pratique et théorique... par ailleurs, le métier ne s’invente pas : à bas la mastérisation !, vive la formation professionnelle payée et de qualité, rétablissement es écoles normales !

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