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Questions de classe(s)

10% de grévistes pour Blanquer, 0% de crédibilité...

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Jean-Michel dans la tourmente invente des chiffres

Au lendemain d’une journée de mobilisation historique partout en France, avec plus de 55% de grévistes dans l’éducation nationale selon les chiffres mêmes du Ministère, Jean-Michel Blanquer a assuré que l’orage était passé ce vendredi matin.

Il a en effet annoncé, avant même de pouvoir connaître les moindres chiffres, que le taux de gréviste ne dépasserait pas les 10% chez les enseignants car ces derniers auraient entendu son message. Effectivement, le message est clair, et c’est bien pourquoi ils ont décidé pour beaucoup de reconduire la grève jusqu’à mardi pour exiger le retrait pur et simple de la réforme des retraites.

Jean-Michel Blanquer aurait-il trop foi dans le principe de l’anticipation auto-réalisatrice ? Alors que rien ne permettait de prévoir quels seraient les taux d’enseignants en grève ce vendredi matin, le ministre de l’Education nationale a affirmé au micro de Jean-Jacques Bourdin que ces derniers ne dépasseraient pas 10% pour la deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites. « On devrait retomber vers 10%, peut-être même un peu moins de 10% de grévistes aujourd’hui dans l’éducation nationale », a-t-il affirmé avant de poursuivre : « Comme prévu et heureusement vu tout ce que j’ai dit sur le sujet. Ce que j’ai dit aux professeurs est extrêmement important et ils l’entendent ».

En effet, tout ce qu’a pu dire le ministre ces dernières semaines pour tenter d’éteindre l’incendie avant le début de la mobilisation a bien été entendu parmi les personnels. Et ces pourquoi ces derniers se sont massivement mis en grève ce jeudi, avant de voter de poursuivre le mouvement a minima jusqu’au mardi 10 décembre, qui constituera une nouvelle journée d’action appelée par l’intersyndicale. C’est ce qu’ont décidé de nombreuses Assemblées générales partout en France et comme par exemple en Île de France : « L’AG Éducation IDF inter-degrés appelle à la RECONDUCTION DE LA GRÈVE en école, collège et lycée JUSQU’AU MARDI 10 DÉCEMBRE INCLUS, pour le retrait de la réforme Delevoye des retraites, pour l’abrogation des réformes Blanquer, et pour nos conditions de travail, sur la base de la plateforme revendicative de l’AG Éducation IDF ».

N’en déplaise à Blanquer, le mouvement va se poursuivre parmi des enseignants qui ne font absolument plus confiance à sa politique depuis des mois pas plus qu’à ses réformes qui ont déjà eu un impact terrible sur leur quotidien. Six mois après la grève du Bac, le climat est devenu intenable et la détermination n’a fait que croître, comme l’illustre l’exigence de retirer la réforme Delevoye, mais également l’abrogation des réformes Blanquer adoptées depuis le début du quinquennat. L’un des slogans qui anime les enseignants : « ni Blanquer ni Delevoye de ce monde la on en veut pas ». Le message est clair.

Et ce ne sont pas ces soi-disant promesses, qu’il répète d’ailleurs à l’envi à grands coups de plateaux TV ou radio et de lettres adressées aux enseignants, qui vont rassurer ces derniers. Le voilà désormais qui promet à nouveau une augmentation pour les enseignants, afin de ne pas être perdants sur le calcul de leur pension, qui se ferait donc sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les six derniers mois (mais ne vous inquiétez pas, vous aurez au moins 1.000 euros en cas de carrière complète !). Des augmentations de revenus – déjà démenties par Macron lors de son discours à Rodez – qui verraient le jour en 2021. Ou plutôt « le début du processus », comme il l’a lui-même formulé, laissant le flou total quant à savoir s’il s’agirait de nouvelles primes, d’augmentations de salaires ou les deux. Mais tout est sujet à discussions, bien sûr.

Car voyez-vous, alors qu’il y a encore moins d’une semaine il affirmait que « certains sont en grève parce qu’ils ne comprennent pas tout », le discours au lendemain d’une telle mobilisation est celui d’affirmer une volonté de dialogue en faisant croire que rien ne serait acté avec le rapport Delevoye. « C’est incontestablement une forte mobilisation et ce n’est pas très étonnant puisque c’est un sujet qui touche en profondeur tous les Français », s’est-il d’ailleurs encore permis de commenter alors que l’ensemble de la Macronie assurait il y a encore quelques jours qu’une grande majorité des Français soutenaient sa réforme. Malheureusement pour lui, l’ensemble des secteurs entrés en mobilisation lors de ce 5 décembre déjà historique ont déjà affirmé leur volonté de poursuivre le mouvement et de l’amplifier jusqu’au retrait total du projet de réforme des retraites. Une réalité qui vaut particulièrement chez les enseignants. N’en déplaise à Jean-Michel Blanquer.

Source Révolution permanente

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