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Questions de classe(s)

Stage 2015 : Développer des pratiques d’enseignement collectif et mutuel en collège et en lycée.

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Compte rendu de l’atelier animé par Alain CHEVARIN
Développer des pratiques d’enseignement collectif et mutuel en collège et en lycée.

Pourquoi cet atelier ?
Ces pratiques pédagogiques alternatives sont théorisées et pratiquées dans le 1 er degré, mais beaucoup moins dans le 2d degré. Différentes raisons pourraient l’expliquer : d’abord la segmentation en disciplines et la conception des emplois du temps , comme le fait que l’on dispose rarement d’ une salle à soi. Mais les obstacles sont aussi le poids des parents et le souci de l’évaluation. Enfin, notre recrutement nous centre sur l’enseignement d’une discipline.
Il est néanmoins possible, même dans le 2d degré, de rompre avec l’enseignement frontal et l’idée de transmission des savoirs en développant des formes d’enseignement collectif et mutuel.

Par où commencer ?
On peut commencer par introduire progressivement dans sa classe des pratiques d’enseignement collectif et mutuel.
Par exemple, la correction des copies par les voisines et les voisins ou par distribution aléatoire. Cela marche très bien pour l’orthographe, car il est plus facile de voir les erreurs des autres que les siennes. En plus, cela permet à l’élève, en corrigeant une ou un autre élève, de prendre conscience des critères d’évaluation.
Pratiquer des exposés en classe, permet aussi de développer l’enseignement mutuel. Durant l’année scolaire, toutes et tous les élèves font, à tour de rôle, seules ou en petit groupe, au moins un exposé. Ces exposés sont conçus comme un enseignement mutuel car l’exposé n’est pas fait « pour la ou le prof. » (ou pour avoir une bonne note...) mais pour apporter aux autres élèves, qui auront à l’évaluer, de « vraies » connaissances (= qui font partie intégrante du programme et pourront être l’objet d’interrogations ou d’exercices ultérieurs).
Cet exercice permet également d’évaluer ce que les autres en font et si cela les a intéressé-es .

Dans l’école, l’enseignement mutuel peut se développer avec plusieurs classes et plusieurs enseignant-es. Voici plusieurs exemples :
Une classe aide une autre sur une partie du programme qu’elles ont faites. On envoie deux ou trois élèves présenter leurs travaux dans l’autre classe, sans la ou le prof. Cela rajoute une tension supplémentaire qui motive les élèves.
On fait travailler collectivement, autour d’un thème transversal commun, plusieurs classes de différents niveaux, qui mutualisent leurs connaissances.
Par exemple, 3 classes de 3 niveaux du collège au lycée, ont travaillé sur le surréalisme, l’une en art plastique, une autre en français et la troisième en histoire. Si on dispose d’une salle et d’une armoire, il est possible de monter une bibliothèque. Les élèves choisiront les thèmes sur lesquels elles ou ils vont travailler.
Pour rompre avec le modèle « frontal » et l’omnipotence magistrale, on pratiquera des exercices en présence de deux enseignant-es de différentes disciplines dans la même salle (si les emplois du temps le permettent) : par exemple en français et en math. Cela permet de travailler sur les consignes par exemple.

Développer l’évaluation mutuelle pour motiver tous les élèves.
Il ne s’agit pas seulement de corriger et de noter les travaux des élèves mais de savoir comment les élèves se situent elles-mêmes ou eux-mêmes, en leur proposant des grilles pour qu’elles ou ils évaluent leurs résultats, leur travail ou leur attention (bon/moyen/insuffisant – ou bon/moyen/je peux améliorer).
On peut aussi évaluer leurs attentes par rapport à la classe (ambiance, classe passive, dissipée).
L’évaluation peut même porter sur l’enseignant-e et l’enseignement(est-elle ou est-il trop sévère ?/
normal-e ?/pas assez sévère ? juste ? parle trop ? explique mal ?)

Questionner.
Au cour du débat, les intervenant-es se sont interrogé-es sur les éventuelles dérives de cet enseignement.
Le danger ne serait-il pas de voir l’institution détourner les pratiques d’enseignement mutuel et collectif, notamment pour imposer la bi-valence, ou pour économiser des postes en période d’austérité ?
Dans les années -80, il y a eu de nombreux projets d’évaluation par les élèves. Ils ont été repris au Québec, à l’Université pour faire évaluer les formatrices et formateurs par les étudiant-es. Cela ne peut-il pas pousser « au clientélisme » comme dans les stages du privé ?

Expérimenter.
Les participant-es ont échangé d’autres exemples d’enseignement mutuel et collectif, expérimentés dans leurs classes.
Un dispositif efficace pour évaluer le cours consiste à faire des groupes de quatre élèves qui doivent répondre à trois questions : « Dans le cours, ce que j’aime ?/ ce que je n’aime pas ?/ce qui peut être amélioré ? ». Dans un second temps, chaque groupe rapporte les réponses au tableau. Le prof. se retire afin de conserver l’ anonymat des réponses et revient après pour analyser.
Le travail en groupe.
Dans le premier degré : -« le marché des connaissances »
- « le super...c’est jeudi ! ». Un jour par semaine (jeudi ou autre), on réunit toutes les classes de l’école et des élèves présentent aux autres ce qu’elles ou ils savent faire (jouer d’un instrument, réciter une poésie, faire un exercice de math, etc..)
Au collège, choisir les questions et faire des exposés avec rédaction d’un résumé à coller sur le cahier.
En langues ou en français, se filmer pour préparer l’oral du Bac ou préparer une vidéo à la maison pour s’évaluer, puis la montrer à la classe qui en fait la critique.
En philosophie, « le colloque des philosophes » permet de débattre oralement en argumentant et se préparer au travail de la dissertation. Les élèves s’approprient la pensée des auteurs qu’ils représentent dans un « colloque ». Ce dispositif les conduit à se décentrer et à se soumettre à la critique des autres.

Il a fallu se séparer car l’heure tournait mais chacune et chacun avait envie d’aller plus loin. Alain nous avait montré qu’il était possible de changer nos pratiques dans la classe et dans l’école.

Bibliographie :
Alain CHEVARIN, Former sans déformer ni conformer, l’Harmattan, 2013.
Nicole GRATALOUP, « deux formes de débat oral en classe : le colloque des philosophes et le procès », GFEN secteur philosophie, Philosopher, tous capables, Chroniques sociales, 2005.
Anne QUERRIEN, L’école mutuelle, Une pédagogie trop efficace ?, Les empêcheurs de penser en rond, 2005.

Dominique avec l’aide d’Alain CHEVARIN. 

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