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Questions de classe(s)

Valls : la chasse à l’enfant est ouverte !

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Sur le blog de RESF (Mediapart)

Pendant que les ministres s’installent et que VAlls fait allégeance au Medef, la chasse à l’enfant prend de l’ampleur !

On lira ci-dessous le relevé – non exhaustif, hélas[1] — des exploits estivaux du ministre de la chasse à l’enfant Bernard Cazeneuve et de son directeur-adjoint de cabinet chargé des basses œuvres, Pierre-Antoine Molina, ancien premier secrétaire de la fédération socialiste de la Drôme et ancien candidat PS aux municipales à Valence. Interpellés directement, informés par mail et par téléphone, ils connaissent parfaitement les dégâts engendrés par leurs décisions.

Père de famille décédé dans un fourgon de police lors de son transfert à l’aéroport, mère tabassée, parents entravés, menottés, portés à l’avion comme des paquets et étranglés, dizaines de milliers d’€ gaspillés dans l’affrètement d’un avion particulier pour expulser une famille, enfants de trois mois et demi à 19 ans arrêtés avec leurs parents humiliés, maltraités, enfermés en famille, transportés dans des convois de police sur des centaines de km, des élèves, de la maternelle à la terminale dont les chaises seront vides à la rentrée. Le droit d’alise bafoué, refusé à des Yésides dont les ministres déplorent officiellement la persécution, refusé également à un Géorgien condamné à 7 ans de prison dans son pays pour son action en faveur des droits de l’Homme, rafles d’Erythréens et de Soudanais...

Ce terrible palmarès n’empêche pas le premier ministre, qui « assume », de bomber le torse. Cependant, Valls a beau avoir expulsé du gouvernement ceux qui ne la bouclaient pas suffisamment, il compte quand même quelques ministres qui, par le passé, se sont élevés publiquement contre les maltraitances que Sarkozy faisait subir aux sans papiers, en particulier aux enfants, les mêmes, exactement, que celles de Cazeneuve et Valls décrites ci-dessous. Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Harlem Désir, Pascale Boistard, Myriam El Komery et d’autres peut-être, allez vous cautionner par votre silence ce qui se déroule sous vos yeux et avec votre complicité passive ? Elu-e-s et militant-e-s du parti socialiste, allez vous manifester votre confiance à un gouvernement qui ordonne de tels faits ?

Il s’agit du sort des familles sans papiers, des enfants et des jeunes scolarisés. Mais l’affaire va bien au-delà, pourrait-on dire s’il ne s’agissait pas de la vie (et parfois de la mort) d’enfants, de femmes et d’hommes. C’est en réalité le capital idéologique de la gauche, les idées de générosité, de solidarité, de lutte contre l’oppression que Valls et Hollande et ceux qui les suivent en la bouclant détruisent. Même si les mots ne sont pas exactement les mêmes (quoique que la similitude reste frappante entre le discours de Grenoble de Sarkozy et les propos de Valls sur les Roms), la politique, à quelques aménagements marginaux près, reste la même. Les lois, les textes, les procédures, les méthodes sont ceux instaurés par Sarkozy comme l’illustrent les faits rapportés ci-dessous. Ce qui est vrai de l’immigration l’est, hélas, tout autant des autres questions. Le Medef et Emmanuel Macron ne nous démentiront pas. Valls et Hollande voudraient convaincre les électeurs de s’abstenir, ils ne s’y prendraient pas autrement : « Moi président » pérorait le candidat Hollande. Elu, le président Hollande mène la même politique que son prédécesseur, à quelques nuances près. Le vote de mai 2012, qui a chassé Sarkozy, était le contraire d’un blanc-seing donné à la poursuite de la même politique et à son amplification.

Il y a urgence, vraiment, à corriger le tir et à faire savoir haut et fort, avec éclat, que d’autres solutions sont possibles que celles mises en place par Sarkozy et appliquées avec zèle par Valls et Hollande. Et, pour commencer, que, dès la rentrée scolaire, les enseignants et leurs syndicats, les parents d’élèves et leurs associations, les élèves eux mêmes quand ils en ont l’âge et leurs syndicats, se mobilisent pour placer les jeunes et leurs parents sous leur protection. Pour s’opposer à des expulsions révoltantes. Et pour dire que, dans ce domaine aussi, cette politique là ne se mène pas en notre nom.

Richard Moyon

7 août. Arrestation musclée et expulsion expéditive de la famille Babayan à Nancy. Sofi, 7 ans, élève de CP et son petit frère de 8 mois, assistent à l’arrestation de leur mère, brutalisée par plusieurs policiers. Les enfants sont enfermés en rétention avec leurs parents, puis expulsés dès le lendemain en Arménie sans attendre l’examen du recours déposé au Tribunal administratif.

14 août. 4 jours de rétention pour Enzar Topalli, 5 ans, son frère de 18 mois et leurs parents, famille kosovare de Laval, expulsée par avion militaire spécialement affrétée pour elle au départ du Bourget. Plusieurs dizaines de milliers d’euros (50 000 au minimum : escortes, déplacements, enfermement, et vol spécial aller et retour) pour se débarrasser en express de deux enfants, jugés incontestablement dangereux.

18 août. Bolortuya Enkhtur, élève de 1ère au lycée Robert Schumann au Havre (76) contrôlée et arrêtée le 18 août en gare du Havre où elle allait prendre le train pour rejoindre à Tours sa sœur étudiante. Elle est restée enfermée 9 jours au centre de rétention administratif d’Oissel, risquant d’être expulsée à tout instant vers la Mongolie. Arrivée en France en septembre 2010, à 16 ans ½. Scolarisée depuis la 3ème, elle doit entrer en Terminale STL (Sciences et Techniques de Laboratoire). Elle ne doit sa libération qu’à une décision de la cour d’appel du Juge des libertés et de la détention le 27 août.

19 août. Abdelhak Goriada, Algérien, 51 ans, père d’un enfant de 6 ans, est tué lors de son transfert par l’UNESI, les professionnels de l’expulsion, vers l’avion qui devait l’expulser.

19 août. Assignation à résidence (avec obligation de pointer quotidiennement à la gendarmerie de Lure (Haute Saône) des familles géorgiennes Makoev et Gagua.

Maia et Alex Makoev, leur fils Nodar, 9 ans, scolarisé, et le petit dernier Omar, 3 ans, sont en France depuis 4 ans et demi. Ils ont fui la Géorgie, où ils ont subi de fortes des persécutions parce qu’ils sont Yésides, minorité dont la presse dénonce le massacre en cours en cours au Moyen Orient. Le 26 août, il est demandé aux Makoev de signer un document disant qu’ils sont d’accord pour être mis dans l’avion le soir même. Ils ont refusé et risquent fort d’être arrêtés dans les heures qui viennent.

Ketevan et Levan Gagua, Maka leur fille de 11 ans, doit rentrer en 6e, Zurab, 8 ans et Davit, 3 ans ½, leurs fils, sont en France depuis août 2011. Levan Gagua a fui la Géorgie où il a été condamné à 7 ans de prison. Il était engagé dans une organisation des Droits de l’Homme « Institut d’Egalité », dont le dirigeant Irakli Kakabadze (voir Internet) déclare : « le retour en Géorgie de Levan Gagua et de sa famille représente un danger vital réel pour eux ».

20 août. Arrestation à Creil de la famille arménienne Manoukian : les parents, Artur et Hashkhen et leurs trois enfants, Greta ,19 ans , en 2ème année de CAP administration, Haikaz, 18 ans, entrant en Terminale de CAP Cuisine, et la petite Emilie, 3 mois et demi. Libérés par le tribunal administratif deux jours plus tard, sur ordre du préfet de l’Oise, ils ont été expulsés de leur logement à leur retour, sans pouvoir récupérer leurs effets.

25 août. Matsy Amongo, 20 ans, congolaise (RDC), arrivée à 16 ans, prise en charge par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), arrêtée dans son foyer de jeunes travailleurs ("Ils ne m’ont même pas laissé de temps de faire ma valise...") enfermée au Centre de rétention de Rennes. Réveillée à 4 heures ce matin, convoyée à Roissy, elle refuse d’embarquer. Enfermée au CRA du Mesnil-Amelot en attendant que les expulseurs professionnels de l’UNESI fassent leur travail à leur façon. Envoyer une jeune fille de 20 an Congo sans personne pour l’attendre… Pas de problème pour des hommes et des femmes de gauche ?

25 août, encore. Enfermement en vue de son expulsion d’un jeune Sahraoui, Afkou AJREF militant de l’indépendance du Sahara occidental et recherché par la police marocaine. En cas d’expulsion, il risque la torture et l’emprisonnement… Non seulement, cela n’a pas suffi à l’OFPRA pour lui accorder la protection de la France (un recours est pendant devant la CNDA), mais le représentant de l’Etat a cru bon de lui notifier une OQTF pour mieux l’expulser

[1]Pour plus d’informations, voir la Chronique de l’intolérable tenue par RESFhttp://resf.info/article50189.html

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