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Questions de classe(s)

Un modèle d’éducation anti-raciste et inclusive : l’État d’Ontario au Canada

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L’État d’Ontario, comme plusieurs autres états canadiens, s’illustre par un système scolaire particulièrement efficace et équitable, selon les études internationales .
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http://www.liberation.fr/planete/2016/12/06/pisa-au-canada-une-education-tres-efficace-et-equitable_1533402

Quelle est la politique publique de l’État de l’Ontario en matière d’équité ?

- Un Etat qui essaie de combattre le racisme systémique et l’islamophobie

En juin 2017, l’État de l’Ontario adopte une loi pour lutter contre le racisme qui inclus la lutte contre l’islamophobie - https://news.ontario.ca/ard/fr/2017/06/lontario-adopte-la-loi-contre-le-racisme.html

L’État d’Ontario est depuis le milieu des années 1990 sensibilisé à la question de la lutte contre le racisme systémique qu’il a intégré à ses orientations politiques :

"L’Ontario est un lieu d’inclusion. Toutefois, nous savons que les conséquences du colonialisme et du racisme systémique se font encore sentir aujourd’hui (...) Nous voulons changer la donne.(...) Nous voulons faire savoir aux jeunes autochtones et racialisés pris en charge que nous sommes là pour eux (...) Enfin, nous voulons continuer à renforcer notre système d’éducation pour veiller à ce que nos écoles soient inclusives, pour que les enfants puissent apprendre, jouer et s’épanouir. "

"Le racisme systémique se manifeste lorsqu’une institution ou un ensemble d’institutions agissant conjointement crée ou maintient une iniquité raciale. Cette attitude n’est pas toujours intentionnelle et ne signifie pas nécessairement que le personnel de l’organisme concerné est raciste. C’est souvent le fruit de préjugés institutionnels dissimulés dans des politiques, pratiques et processus qui favorisent ou désavantagent les personnes en fonction de la race. La perpétuation de certains modes de fonctionnement peut également être en cause, si personne ne s’interroge sur la façon dont ils peuvent affecter certains groupes en particulier."

"La racialisation : Ce terme fait référence au « processus par lequel les sociétés assoient la notion que les races sont bien réelles, différentes et inégales, de façons qui importent pour la vie sociale, économique et politique (...) Les groupes raciaux n’ont aucun fondement scientifique ou biologique, mais sont déterminés par les différences que la société a choisi de mettre en avant, avec d’importantes conséquences sur la vie des personnes. La racialisation peut se fonder non seulement sur la couleur de peau, mais aussi sur d’autres caractéristiques perçues comme la culture, les coutumes, l’ascendance, le pays ou le lieu d’origine ou encore la religion, comme c’est le cas dans l’islamophobie et l’antisémitisme".

Lien vers le document : https://files.ontario.ca/ar-2001_ard_report_fr_tagged_final-s.pdf

Pour plus de ressources sur la lutte contre le racisme systémique dans l’État de l’Ontario - https://www.ontario.ca/fr/page/une-meilleure-facon-davancer-plan-strategique-triennal-de-lontario-contre-le-racisme

- Deux modèles : l’égalité des chances ou l’éducation inclusive ?

« Deux conceptions de l’équité scolaire sont généralement distinguées : le principe d’égalité des chances et celui d’inclusion. Dans un objectif d’égalité des chances, l’école doit permettre que chacun réussisse en fonction de son mérite et l’appartenance à un groupe ne doit pas handicaper, ou favoriser, la réussite scolaire. Dans un idéal d’inclusion, il s’agit surtout de supprimer les phénomènes d’exclusion créés par l’école, en particulier l’échec scolaire, pour parvenir à une intégration de tous les élèves dans leur diversité ».
http://media.education.gouv.fr/file/revue_80/29/8/Depp-EetF-2011-80-evaluation-equite-scolaire-national-international_203298.pdf

- Un Etat qui met en avant une éducation inclusive au sens large

"L’objectif de l’équité et de l’éducation inclusive est de comprendre, d’identifier, d’examiner et d’éliminer les préjugés, les obstacles et la dynamique du pouvoir qui restreignent l’apprentissage et l’épanouissement des élèves et leur pleine contribution à la société. Les obstacles peuvent être fondés sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité sexuelle, l’expression de l’identité sexuelle, la race, l’origine ethnique, la religion, le statut socioéconomique, les capacités physiques ou intellectuelles, ou d’autres facteurs. On reconnaît maintenant que plusieurs facteurs peuvent se recouper et générer des obstacles supplémentaires pour certains élèves. Ces obstacles et ces préjugés, qu’ils soient manifestes ou subtils, intentionnels ou non doivent être cernés et abordés."
« Equité et éducation inclusive dans les écoles Ontarienne » -
http://www.edu.gov.on.ca/fre/policyfunding/inclusiveguide.pdf

Les critères énoncés sont ceux figurant dans le droit de l’Ontario et dont la Commission ontarienne du droit de la personne est chargée de promouvoir le respect - http://www.ohrc.on.ca/fr

Une approche intersectionnelle des discriminations : « Intersection de plusieurs motifs de discrimination Deux motifs de discrimination ou plus, en vertu du Code des droits de la personne de l’Ontario, ainsi que d’autres facteurs, peuvent se recouper chez un individu ou un groupe et présenter des obstacles ou donner lieu à des préjugés additionnels. Par exemple, les motifs de discrimination fondés sur la race, la religion et un handicap peuvent s’entrecroiser. »

- Un Etat qui forme les enseignants à reconnaître l’existence du privilège blanc :

« Lorsque nous parlons de « privilège blanc », nous faisons référence à une distinction et une préférence fondées sur l’ethnicité et la couleur de la peau. Les personnes qui ont la peau blanche et qui sont d’origine européenne ont des privilèges qui sont souvent légitimés par un système où on retrouve un déséquilibre de pouvoir. Bien que d’autres aspects de l’identité d’une personne blanche pourraient mitiger son statut social relatif (voir Chevauchement des couches du pouvoir et des privilèges : Multiples oppressions), il reste qu’elle a des avantages et accès à des possibilités à cause de la couleur de sa peau et de son origine ethnoculturelle.

Les personnes qui bénéficient du privilège blanc ne sont généralement pas conscientes de ce fait. Même si elles ne sont pas les auteures de ce système, la réalité demeure qu’elles en profitent. Par exemple, elles ont tendance à avoir plus accès à des avantages sociaux, politiques et culturels, tels qu’un meilleur statut social et revenu, des positions d’autorité et un plus grand contrôle sur la gestion du pouvoir décisionnel. Ces avantages non gagnés sont considérés « normaux » et renforcent la croyance en la supériorité des personnes blanches d’origine européenne.

https://www.bienetrealecole.ca/modules-de-formation/equite-et-education-inclusive/comprendre-le-sexisme-le-racisme-et-lhomophobie/racisme

Pour en savoir plus sur la formation à l’éducation inclusive dans l’État de l’Ontario :
https://www.bienetrealecole.ca

Site du Ministère de l’Education de l’État de l’Ontario - http://www.edu.gov.on.ca/fre/

Conclusion :

Ce que l’on peut constater, c’est que l’État de l’Ontario au lieu de poursuivre les syndicats qui dénonce le racisme institutionnel a décidé de le combattre y compris à l’école. Cela a plutôt l’air de lui réussir car c’est un des systèmes scolaires jugés les plus équitables au monde. Peut-être un modèle dont pourrait s’inspirer l’école française ?

2 Messages

  • Une petite correction : le Canada a des provinces et non des États. Ne pas confondre avec notre voisin du sud... Merci.

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  • Une remarque : on peut lire sur le site http://www.acepo.org/a-propos/des-ecoles-inclusives/ à propos des écoles publiques de l’Ontario les propos suivants : "Les écoles laïques de l’Ontario sont inclusives, elles sont ouvertes à tous, les critères d’admission sont ceux de l’école de langue française et du territoire du conseil scolaire. Elles accueillent des élèves de diverses origines, religions et cultures. Les écoles inclusives ne peuvent pas refuser l’admission d’un élève à cause de la religion ou des croyances ou autres motifs de discrimination." Comment pourrait-on refuser l’admission d’un élève pour cause de religion ou de croyances sauf à les lui demander au moment de l’inscription ? En quoi une école a-t-elle à connaître la religion ou les croyances d’un élève ? Les nombreuses ambiguïtés des écoles canadiennes (y compris publiques) quant à la religion, et donc à la laïcité, posent question. Avant d’ériger un système en modèle, mieux vaut l’analyser en profondeur. L’exemple du Québec est là pour en témoigner.

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