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Questions de classe(s)

Paroles déconfinées - N’Autre école l’Hebdo, n° 3

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Depuis le 13 avril, la revue N’Autre école est devenue hebdomadaire le temps du confinement. Voici son 3e numéro "Paroles déconfinées".

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Édito : À notre santé !

Le confinement aura été, dans les colonnes de la revue N’Autre école, l’occasion d’une formidable « prise de parole ». L’incertitude liée à la crise sanitaire, le bouleversement des quotidiens familiaux et professionnels ont fait bouger des frontières.
Si certain·es journalistes peuvent railler les « épidémiologues amateurs des réseaux sociaux », c’est qu’elles/ils ne cernent pas à quel point, soudainement, chacun·e est appelé·e à faire des choix inédits : sortir, faire du sport, commander des produits sur Internet, mettre les enfants à l’école ? Bien plus que des décisions individuelles, il s’agit là de choix politiques, qui impliquent une réflexion et une prise de position, parfois involontaires, sur les décisions du gou­ver­nement, passées ou présentes. Toute la population a été touchée par la fermeture des écoles et le confinement, toute la communauté éducative a été bouleversée, a dû se réorganiser et, par là, réinterroger son rapport à l’école, aux savoirs et au politique.
Nous sommes fièr·es de pouvoir faire entendre ces réflexions dans N’Autre école. Celles des parents, des Atsem, des AESH et des élèves, souvent invisibilisé·es, ou dont on confisque la parole. Et pourtant, une « N’autre école » ne se fera pas sans elles et eux.
Les enseignant·es, quant à elles/eux, ont dû réinventer in extremis leurs pratiques. À Questions de classe(s), nous l’avons dit rapidement : aujourd’hui plus encore que d’habitude, il nous faut une « pédagogie des confiné·es », éthique, engagée, humaniste et bienveillante. De manière plus générale, dans leur ensemble, les travailleurs·ses ont dû réinventer des manières d’agir et de militer, mais surtout ils et elles ont dû évaluer les risques et résister à la pression du travail et de la productivité. Nous saluons, par exemple, la victoire éclatante des syndicalistes d’Amazon contre cette entreprise avide de profits, qui mettait en danger la santé des personnels.
Il a fallu organiser des résistances face au patronat irresponsable, mais aussi face à la solitude en continuant à créer du lien social, face à la misère et à la faim en créant des solidarités locales ou face aux violences d’État et aux violences racistes. Difficile d’écrire sur ces sujets depuis le confort qui est parfois le nôtre : c’est pourquoi nous avons laissé la parole à nos élèves qui vivent et pensent cette violence.
Colère et rage nous saisissent devant ces violences, comme devant les errances anxiogènes de Jean-Michel Blanquer, qui se contredit et est contredit tant de fois depuis le début du confinement.
Mais cette colère, nous avons su l’exprimer et la transformer : elle est dans les mots de cette revue ou à nos balcons, dans notre créativité, déployée pour que les élèves trouvent un sens à ce que nous leur proposons, dans la volonté forcenée de rompre l’iso­lement et de créer encore et toujours du collectif, dans nos prises de position, pour dénoncer avec force les décisions dangereuses du ministre Blanquer et de ses troupes zélées.
Aujourd’hui, la réouverture des écoles entraîne encore une fois de la rage et de l’angoisse. « Morte de rire » s’exclame Mélodie Jacques, Atsem, quand on l’interroge sur la question. « Morte », car oui, il y a des mort·es et il y en aura encore. La reprise comprend des risques sur la santé d’abord. Risque que l’épidémie reprenne, risque d’une deuxième vague, risque de contamination pour tou·tes celles et ceux qui auront repris les « chemins de l’école » et leurs proches.
Peut-être faudra-t-il savoir dire « non », fermement, oser s’organiser et être plus vindicatifs·ives ? Nous qui avons finalement assez docilement suivi le pas de la « continuité pédagogique ».
Avec le déconfinement, se profilent ensuite mille et une questions à trancher et périls à éviter : le repli ; les espoirs flous (« rien ne sera jamais comme avant ») ; le soulagement du déconfinement, faisant oublier les scandales dans la gestion de la crise ; le « retour à la normale » avec son lot de « contrôles surprises », de chantages à l’orientation pour les élèves, d’injonctions hiérarchiques et de routines pesantes.
Se profile également le risque d’une seconde vague : celle d’une épidémie managériale, clinquante et technologique.
Face à des valeurs et des comportements qui écrasent et effacent l’humain, qui lui imposent et lui opposent la machine et l’isolement, nous opposons la joie et l’énergie du collectif. Car du travail collectif, des échanges avec les adultes comme avec les jeunes, de nos inventions pour la classe comme pour les luttes, nous avons tiré de la joie. De celle qui permet de tenir dans les moments difficiles, un petit luxe que nous avons eu de ne pas vivre seul·es les angoisses et les doutes de l’enseignement à distance.
Que ferons-nous de tout cela, des possibilités ouvertes ces dernières semaines ?
Nous ignorons si notre vécu peut être généralisé, si nos priorités ont été celles de la majorité de nos collègues. Mais ce relais de paroles et de réflexions qu’est N’Autre école, dans son troisième hebdo numérique, veut aussi aller plus loin que le récit, le commentaire et l’attentisme, bien trop proche de la soumission. La revue est aussi affirmations, exigences et force de propositions, en même temps qu’entremêlement de voix.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’appliquer des consignes, bonnes, mauvaises, neutres, ni même de les adapter à la marge. Les milliers de professionnel·les et d’usagèr·es du service public que nous sommes sont capables de beaucoup plus.
Si nous pouvons agir, nous devons décider, ensemble. ● Appel à contribution

- N° 4, « Numérique et continuité pédagogique : une idéalisation risquée ? », contributions à rendre pour le jeudi 30 avril. Lire l’appel à contribution ci-dessous

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APPEL A CONTRIBUTION DU N 3 " Les enjeux politiques, sociaux et sanitaires d’une ouverture le 11 mai"

Le gouvernement annonce, à l’aveugle la réouverture des classes le 11 mai, sans anticiper ni les conséquences sanitaires ni la mise en œuvre pédagogique, et sans consulter non plus les premier.e.s concerné.e.s, les enseignant.e.s, les familles, et encore moins les élèves. Aucune précision n’est donnée sur les modalités du déconfinement scolaire, mis à part que le retour sera "progressif" ; rassurant euphémisme de "flou" tant impréparation semble de mise comme c’était le cas avec la « continuité pédagogique ».
Avec le peu d’informations que nous avons, nous ne pouvons, comme le fait l’autrice de la version confinée du "Petit Nicolas", qu’imaginer cette reprise et cela est effrayant.
Effrayantes, les conséquences probables de cette reprise sur notre santé à tou·tes, élèves, personnels, familles, avec le spectre d’une seconde vague épidémique créée par le regroupement des élèves et des personnels dans les classes, les établissements, les transports scolaires…

Même si nous ne croyons que peu à cette reprise, tant l’évolution de la pandémie est imprévisible, nous pensons important de donner la parole à celles et ceux sans qui cette reprise ne pourrait avoir lieu, en particulier les agent·es, tout en imaginant la manière dont ce retour peut se faire dans les établissements et en classe, avec les élèves.

Agent·es, AESH, enseignant·es, parents, éducateurs et éducatrices, élèves, comment vivez-vous l’annonce de la réouverture des établissements le 11 mai ? Vous semble-t-elle envisageable ? Comment imaginer cette reprise ? Qu’en attendez-vous ? Que craignez-vous ? Réfléchir et lutter ensemble, telle est la volonté du collectif Questions de classe(s) à travers sa revue. Nous attendons donc vos contributions pour le n° 3 de l’hebdo de N’Autre école, avant jeudi 23 avril.

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APPEL A CONTRIBUTION DU NUMÉRO 4 "Numérique et continuité pédagogique : une idéalisation risquée ? "

Il y a un peu plus d’un an, nous avions sorti un numéro de la revue intitulé "Écrans, numérique et éducation". Nous y écrivions : "Dans un quotidien où le numérique est omniprésent, parfois même brutalement imposé, comment l’appréhender, comment l’apprivoiser, mais sans se laisser envahir ni mystifier ?". Dans l’urgence, le confinement a poussé beaucoup d’enseignant.es, à "s’y mettre", parfois avec une rare violence. Entre les injonctions hiérarchiques contradictoires, tantôt à l’innovation digitale à tout prix, tantôt au respect scrupuleux du RGPD, la culpabilité de celles et ceux "qui n’y connaissent rien" et les attaques de "trolls" dans les salles de classes numériques du CNED, la période nous permet d’observer le numérique éducatif et sa mise en place généralisée avec une acuité nouvelle permettant d’en saisir les différents risques.
Personnels, élèves et familles, quels sont nos rapports aux outils numériques ? Comment se mettent-ils, ou non, au service des apprentissages pendant cette période ? Quels usages en faisons-nous par ailleurs ? École et numérique : une alliance efficace et éthique ? Quelle place pour les loisirs numériques ? La continuité pédagogique nous a tou·tes confronté à ces questions.
C’est pourquoi le collectif Questions de classe(s) a décidé de les mettre en avant dans l’hebdo n° 4 de son édition confinée.
Nous espérons que les paroles et les points de vue seront variés et nous attendons donc vos textes avant le jeudi 30 avril.

Appel à contribution : N’Autre école, l’Hebdo n03
Les enjeux politiques, sociaux et sanitaires d’une ouverture le 11 mai

Le gouvernement annonce, à l’aveugle la réouverture des classes le 11 mai, sans anticiper ni les conséquences sanitaires ni la mise en œuvre pédagogique, et sans consulter non plus les premier·es concerné·es, les enseignant·es, les familles, et encore moins les élèves. Aucune précision n’est donnée sur les modalités du déconfi­nement scolaire, mis à part que le retour sera « progressif » ; rassurant euphémisme de « flou » tant impréparation semble de mise comme c’était le cas avec la « continuité pédagogique ».
Avec le peu d’informations que nous avons, nous ne pouvons, comme le fait l’autrice de la version confinée du « Petit Nicolas », qu’imaginer cette reprise et cela est effrayant.
Effrayantes, les conséquences probables de cette reprise sur notre santé à tou·tes, élèves, personnels, familles, avec le spectre d’une seconde vague épidémique créée par le regroupement des élèves et des personnels dans les classes, les établissements, les transports scolaires…
Même si nous ne croyons que peu à cette reprise, tant l’évolution de la pandémie est imprévisible, nous pensons important de donner la parole à celles et ceux sans qui cette reprise ne pourrait avoir lieu, en particulier les agent·es, tout en imaginant la manière dont ce retour peut se faire dans les établissements et en classe, avec les élèves.
Agent·es, AESH, enseignant·es, parents, éducateurs et éducatrices, élèves, comment vivez-vous l’annonce de la réouverture des établissements le 11 mai ? Vous semble-t-elle envisageable ? Comment imaginer cette reprise ? Qu’en attendez-vous ? Que craignez-vous ? Réfléchir et lutter ensemble, telle est la volonté du collectif Questions de classe(s) à travers sa revue. Nous attendons donc vos contributions pour le n° 3 de l’hebdo de N’Autre école, avant jeudi 23 avril.

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