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Questions de classe(s)

La Banque populaire au service des écoles Espérance banlieues ?

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Communiqué de presse 13 avril 2018

De quoi le « Coup de cœur » de la Fondation Banque Populaire est-il le signe ?

La Fondation d’entreprise Banque Populaire Rives de Paris a lancé hier son projet « Coup de cœur » qui apporte un soutien financier à des associations « œuvrant en faveur de l’insertion, la promotion de l’entrepreneuriat et l’accès à la culture pour tous. ». Les sociétaires ont 4 jours pour voter pour l’une des sept associations sélectionnées par les collaborateurs des agences.

Le 7ème choix proposé porte sur la Fondation Espérance Banlieues présentée comme « une école innovante hors contrat gérée par une association à but non lucratif et par des bénévoles. Favoriser l’accès aux enfants défavorisés des quartiers prioritaires à une instruction adaptée et de qualité. Et ainsi répondre à une situation d’urgence éducative et de décrochage scolaire. »

Premier sujet de réflexion : le mail adressé aux sociétaires indique qu’il s’agit de sept initiatives marquantes et engagées.

Engagée, la Fondation Espérance Banlieues l’est : « Pour ces enfants des quartiers, la conscience judéo-chrétienne, souvent si mal comprise, apparaît comme une bouffée d’air frais » déclarait Albéric de Serrant, alors directeur de la première école Espérance Banlieue dans Famille Chrétienne. Rejoint par Anne Coffinier, « égérie de la Manif pour tous » selon Le Monde : « « Quoi de plus urgent par exemple que de créer des écoles dans les quartiers où Notre Seigneur est particulièrement méconnu ? »

L’innovation n’est donc pas franchement au rendez-vous et a un arrière-goût très prononcé d’entreprise idéologique portée sur les fonds baptismaux par les catholiques traditionalistes, appuyés par l’extrême droite et la droite la plus extrême.

Quant à la qualité de l’instruction dispensée par des « bénévoles » qui ne disposent d’aucun diplôme ni d’aucune formation, les enseignants des collèges publics qui voient revenir les jeunes vers le public, sont tout simplement atterrés ! Nombre de parents de quartiers en difficulté qui ont confié leur enfant à ces écoles privées hors contrat s’en mordent aujourd’hui les doigts - jusqu’à déposer plainte et les poursuivre en justice comme c’est le cas à Marseille. Enfin, une bonne partie du CAC 40 contribue déjà largement au financement d’Espérance Banlieues : Bouygues, Axa, Saint-Gobain, la BNP, la Société générale, la Fondation Bettencourt, Kaufman & Broad, Vinci, Carrefour... Rien à voir donc avec les associations qui auraient besoin d’un soutien financier !

Deuxième sujet de réflexion : comment une banque à laquelle la CASDEN*, banque coopérative de la fonction publique est affiliée, et dont de nombreux clients sont enseignants du service public de l’Éducation nationale peut-elle proposer de soutenir une Fondation d’écoles privées hors contrat au mépris de la laïcité et du service public de l’Éducation nationale ? Que les banques soient engagées sur le terrain financier, c’est leur métier. Mais quand elles s’engagent sur le terrain idéologique, nous leur conseillons vivement de réfléchir.

Nous exigeons que ce choix scandaleux proposé au vote des sociétaires soit immédiatement retiré.


Réseau Alerte Espérance Banlieues 
Enseignants, parents d’élèves, élus, citoyens pour la défense et la promotion de l’école de la République.

* Suite à la diffusion de ce communiqué, la CASDEN s’est publiquement désolidarisée de cette initiative de financement d’une école hors contrat aux méthodes rétrogrades...

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