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Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ?

Comme dans l’ensemble de la société, et plus particulièrement dans le petit monde militant, le mouvement des Gilets jaunes questionne, intrigue, attire ou révulse au sein du collectif Questions de classe(s). Les discussions sont vives et nous avons décidé d’en rendre compte publiquement en proposant un billet de Une à trois voix et en ouvrant (...)

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  • Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ? 4 décembre 2018 06:33, par Catherine Chabrun

    La semaine dernière je terminais mon billet : Un mouvement « bon enfant » ? ainsi :
    Jusqu’au 24 novembre, les actions des gilets jaunes ont été qualifiées de « bon enfant » et ont reçu un accueil exceptionnel de la part des chaînes d’information continue ce qui a rapidement donné au mouvement une dimension et une sympathie nationales. L’audience recherchée était assurée par la forme de la médiatisation : mise en spectacle des actions et des témoignages en s’appuyant sur le côté « bon enfant » des gilets jaunes.

    Une semaine après, le 1er décembre, c’est l’acte III. Le qualificatif de « bon enfant » a définitivement disparu. On ne parle plus de « Français paisibles », mais de « gilets jaunes pacifiques » . On ne parle plus de « Français en colère », mais de « gilets jaunes perturbateurs casqués et encagoulés » voire d’« émeutiers » qui cassent, brûlent…

    Les chaînes d’information continue se régalent et diffusent les images de « scènes de guérillas urbaines », de « chaos », d’« actes de vandalisme et de destruction », de « violents heurts » et des « agressions contre les forces de l’ordre » en boucle tout au long de la journée, de la soirée…

    Pas un seul mot de la manifestation contre le chômage et la précarité de la CGT à République rejointe par de nombreux gilets jaunes, ni de celle rendant hommage à Rosa Parks à Nation.

    Dés ce lundi, les chaînes d’info continue préparent leur audience pour l’acte IV du samedi 8 décembre. « La situation insurrectionnelle » est mise en avant avec le suspens politique de la parole de Macron et des consultations avec des représentants des gilets jaunes à venir…

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  • Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ? 4 décembre 2018 08:02, par Zygaena filipendulae

    La vie est trop chère pour être vécue !

    Nous sommes des travailleurs, précaires, des auto-entrepreneurs contraints, des chô­meurs à sec, des étudiants en galère, des lycéens promis à la misère, des retraités dans la merde. Nous sommes concernés par le mouvement des gilets jaunes : on n’a plus de thunes.

    Aujourd’hui, après quinze jours de blocage continu, le gouvernement fait tout pour qu’on rentre chez nous. En appelant les « gilets jaunes » à se structurer. A cet appel, les opportunistes se bousculent au portillon. Ce sont souvent des militants de partis, parfois d’extrême droite, qui se cachent derrière le mot « peuple ». Dans la liste des revendications qui a été envoyée au ministère, il n’y a rien qui pourra arranger notre situa­tion. Et surtout pas une « assemblée citoyenne », ou la « baisse des charges patronales ». Quant à ceux qui veulent nous faire croire que nous avons plus d’intérêts communs avec nos patrons qu’avec les prolé­taires migrants du monde entier, ils sont au service du pouvoir et de la bourgeoisie.

    Revendications : porte de sortie ou impasse ?
    Certains gilets jaunes se disent qu’il faut bien qu’on ait des revendications. C’est faux. Proposer des reven­dications c’est donner une porte de sortie au gouvernement. Il signera n’importe quel accord pour le trahir ensuite, une fois le mouvement retombé, comme en Guadeloupe en 2009. Le mouvement à La Réunion nous montre la voie. Cerf le gouvernement qui vient essayer d’éteindre le feu. Et malgré les quelques mesurettes que la ministre leur propose, ils n’arrêtent pas. S’il y a autant de représentants opportunistes, de communiqués soi-disant officiels, c’est que nous manquons d’espace dans la vraie vie, pour discuter et agir. En cela nous ne nous donnons pas les possibilités de gagner. Ace rythme, on risque de s’épuiser.

    Ce qui nous rassemble : nos conditions de vie, une vie trop chère pour être vécue. Ce problème ne vient pas uniquement de l’État. Il touche à nos places dans cette société, au-delà des « taxes ». L’État et les patrons ont un intérêt commun : le « bon fonctionnement de l’économie ». Cela signifie l’aggravation de nos conditions de travail, de transport, de logement, d’études, de soins, de vie quoi, que ton soit français ou non, de la ville ou de la campagne.

    De toutes parts, nous sommes attaqués. Le premier réflexe des gilets jaunes a été d’initier des blocages économiques. C’est une pratique de lutte à poursuivre. Mais n’attendons pas que les gens rejoignent les gilets jaunes.

    Propageons le mouvement partout où nous sommes au quotidien. :
    Dans les entreprises, dans les lycées, dans les Tacs, dans les pôles emploi, dans les hôpitaux, dans les mai­sons de retraite, dans les CAF, à la sécu etc. Cette propagation passera par la grève, par les occupations, par les blocages, par les manifs.
    Il ne manque que notre imagination pour déployer la contestation plus loin que sur les axes routiers. Mais pour pouvoir agir de la sorte, développons des outils d’organisation à même de construire un tel mouve­ment. A Saint-Nazaire, les gilets jaunes occupent un bâtiment vide, pour pouvoir discuter en assemblée des stratégies à adopter.

    Constituons des assemblées.
    Dans la région toulousaine, aucune assemblée de lutte pérenne n’est annoncée pour pouvoir discuter de notre stratégie. Ni sur les points de blocage, ni ailleurs. On ne peut pas continuer à aller sur les points de blocage à l’aveugle, pour s’y retrouver tout seul.

    Il s’agit aussi d’être rejoignables : ce mouvement, massivement soutenu, a la nécessité de créer des espaces pour que toutes celles et ceux qui le souhaitent puisse le rejoindre et le renforcer.

    Partout où nous nous retrouverons samedi ler décembre et les jours qui suivent, tenons des assemblées de lutte.

    La vie est trop chère pour être vécue !

    La lutte est trop grande pour être récupérée !

    Bloquons plus pour gagner tout

    Des galériens en gilets jaunes

    Exploités NRV 31
    http://www.classeenlutte.org/
    https://twitter.com/CollectifClasse

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    • Des questions à nos réponses.... 5 décembre 2018 10:03, par Debrune Jérôme

      Le mouvement des gilets jaunes pose en effet beaucoup de questions aux militants quelque peu pris de cours et désorientés. Mais la réalité n’échappe-t-elle pas le plus souvent aux analyses et théories qui semblaient les mieux fondées ?

      Pas de liberté sans égalité
      Ce qui surprend d’emblée, c’est l’état de pourrissement des institutions. Cela n’a pas été assez souligné, mais c’est l’une des raisons de la violence. Car quand les moyens légaux d’intervention conformes à un ordre politique font défaut, l’ordre républicain ici, il ne reste bien souvent à la partie du peuple qui réclame justice et dignité que la violence pour se faire entendre. En même temps, si l’on veut sortir par le haut de la crise, il faudra bien que nous inventions un nouveau rapport à la politique, que nous libérions la démocratie du carcan où elle respire de plus en plus mal. Le mouvement des gilets jaunes représente une chance inouïe pour celles et ceux qui portent depuis longtemps la nécessité d’un approfondissement et d’un élargissement de la démocratie. Il y a toutefois une difficulté à franchir. Les institutions, et en premier lieu les partis et syndicats quels qu’ils soient, font l’objet d’un tel rejet que toute forme de représentation semble maintenant perçue comme une trahison. D’où une certaine incapacité pour le mouvement à se structurer et s’auto-organiser pour le moment. C’est ce qui explique aussi notre désarroi.
      Il faut bien ici reconnaître notre échec, lequel tient dans notre impuissance à enraciner dans la réalité un syndicalisme réellement alternatif correspondant aux attentes des classes populaires. Mais rien n’est définitif bien sûr.

      Du capitalisme comme mode de destruction
      L’autre question est liée au système économique. Ce n’est plus seulement le néolibéralisme qui est en cause mais bien le "mode de vie capitaliste"
      Contrairement aux déclarations des pontes syndicaux, ce n’est pas l’impôt en lui-même qui pose problème mais l’inégalité fiscale qui atteint des sommets délirants. Aujourd’hui, plus on est riche et moins on paie d’impôts. Il faut dire aussi que, avec le néolibéralisme, l’Etat est devenu une véritable pompe à finance strictement au service des nantis et de la reproduction du capital. La fiscalité apparaît d’autant plus injuste que dans les villes moyennes et les "périphéries" les services publics disparaissent ou se délabrent du fait de l’absence d’investissements. Combien d’hôpitaux, de lignes de chemins de fer, d’écoles ou de bureaux de poste n’ont-ils pas fermé en quelques années ? Les inégalités sociales s’inscrivent aussi dans les territoires et y sont de plus en plus visibles. Mais comment pourrait-il en être autrement quand l’organisation de la vie quotidienne est abandonnée aux forces du marché qui dévastent des régions entières ?
      Plus grave encore. Tout se passe en effet comme si les nantis et les dirigeants voulaient faire payer la facture écologique aux classes populaires et à elles seules, une façon en somme d’externaliser les coûts d’un capitalisme devenu mode de destruction de la planète. Il faudra pourtant bien que les "fins de mois" ne précipitent pas la fin du monde. Ici, c’est bien la question d’une socialisation de l’économie qui est soulevée, d’une économie au service de la satisfaction des besoins sociaux plutôt que de la prédation.
      Le communisme du 21ème siècle sera écosocialiste et démocratique ou il ne sera pas.
      Jérôme.

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  • Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ? 4 décembre 2018 08:43, par Bernard Collot

    Le prétexte de tout ce qui doit être subi par la partie de la population la moins nantie, c’est l’écologie.

    L’écologie a bon dos, bon dos pour accuser les comportements de ceux qui ne peuvent en changer.

    Allez parler d’écologie à ceux qui dorment dans la rue, à ceux qui survivent à peine coincés dans une quinzaine de m2 au 10ème étage d’une tour et dans le béton qu’il y a autour, à ceux qui n’ont d’autre solution que de passer leur temps au boulot, dans la bagnole pour aller au boulot, et dodo s’il en reste du temps…

    L’écologie, il y a ceux qui ont peur, plus pour leur propre compte que pour la planète, de n’avoir plus d’oiseaux à écouter dans leurs belles propriétés, d’être comme les autres à s’empoisonner en mangeant ou respirant, etc… (pas tous les écologistes, évidemment !). Bien sûr que nous allons tous vers la catastrophe. Mais le poids de l’écologie, les nantis et le pouvoir veulent le faire supporter par ceux qui en sont le plus les victimes et qui en sont irresponsables.

    Parce que la cause de l’effondrement prévisible, c’est bien depuis des siècles l’organisation politique, économique et sociale imposée par une minorité.

    La révolte et j’espère la révolution des gilets jaunes qui peu à peu contestent bien autre chose qu’une taxe, c’est elle qui sauvera la planète en même temps que nous-mêmes.

    Comment ne pas participer tous à cette révolution qui s’amorce ? Une révolution n’est faite que par ceux qui s’y joignent !

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  • Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ? 4 décembre 2018 14:52, par Bernard Collot

    Le peuple en a marre : ça tous les pouvoirs savent gérer.

    Le peuple se met à penser sans maîtres (alors que bon sang on ne lui avait pas laissé une minute pour le faire !) : ça c’est dangereux pour tous les pouvoirs.

    Est-ce que par hasard il y aurait eu des enseignants qui auraient laissés penser des mômes avant qu’ils ne deviennent peuple ? Qui ne les auraient pas suffisamment formatés dans l’école de la République ?

    L’école n’aurait-elle pas suffisamment rempli la fonction qui lui est assignée par tous les Etats (obéir à l’autorité, croire ce que l’autorité édicte) ?

    Heureusement que le peuple n’a jamais trop été habitué dès l’enfance à se prendre collectivement en main, il y a une chance de pouvoir le ramener à la raison… d’Etat !!!!!!!

    A moins, à moins qu’il reçoivent des coups de main autres que de ceux qui veulent en profiter pour devenir ses nouveaux maîtres.

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  • Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ? 5 décembre 2018 07:45, par Jean-Pierre Fournier

    Des militants de RESF Somme, de la circonscription de François Ruffin, lui écrivent par mail :

    Bonsoir Mr le Député,

    Les gilets jaunes nous ont beaucoup interpellés et nous connaissons votre engagement à leurs côtés. Nous venons de recevoir une liste de 42 revendications des gilets jaunes envoyée à l’Assemblée Nationale, liste dont sans doute vous êtes au courant...

    Si nombre de revendications des gilets jaunes sont nôtres en tant que syndicalistes et retraités qui côtoient la rue, le point N°20 est, par contre, très décevant, totalement inadmissible même, pour nous qui militons pour les Droits de l’Homme et le droit d’asile car les déboutés du droit d’asile représentent 70 à 75% des personnes étrangères qui ont demandé l’asile en France. C’est pour elles que se mobilisent également nombre d’organisations et de syndicats, avec beaucoup d’abnégation et de courage pour les régulariser, dont le Réseau Education Sans Frontières (221 orgas au plan national et plus de 50 au plan de la Somme).

    Bref, il y a encore du pain sur la planche pour combattre les xénophobies d’où qu’elles viennent...

    Nous espérons qu’à l’Assemblée Nationale, des députés sauront faire la part des choses et faire en sorte que soit évité que les déboutés du droit d’asile soient le bouc émissaire des problèmes que connaissent les personnes qui ont revêtu le gilet jaune

    Bien à vous

    Bertille et Marcel Dekervel

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  • Les Gilets jaunes : sur le chemin de l’école ? 8 décembre 2018 12:44, par Bernard Collot

    J’en rajoute une couche !
    NB : quand je parle "d’école du 3ème type", j’entends toutes les écoles qui se situent dans une autre logique, dans un autre paradigme.

    http://education3.canalblog.com/archives/2018/12/08/36927155.html

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