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Journal d’une fille chien, Laura Jaffé (roman)

, par François Spinner

2038. Josépha tient son journal en écho au Journal d’Anne Frank qu’elle admire, - « J’y pense tout le temps » -, et qui l’agace à la fois : « Elle a un côté première de la classe, mademoiselle je-sais-tout, petite princesse à son papa ». On comprend rapidement que leur destin seront parallèles. « Pour tout le monde, je suis le Monstre » et « ce n’est pas pour rien qu’on m’appelle la fille-chien » car « je suis née recouverte des pieds à la tête de longs poils clairs et soyeux comme ceux d’un jeune épagneul breton »…

Ce pourrait être simplement le prétexte à une réflexion sur la différence mais le récit va très vite emmener les lecteurs aux enfers. Le Parti unique du progrès met en place un système pour soustraire de la société les enfants handicapés de plus de six ans : « les porteurs d’anomalies […] les malades chroniques, les invalides, les contrefaits ou anormaux ». Josepha et quatre autres "monstres", nains, siamoises et cul-de jatte sont internés et participent à une émission de télé-réalité propagandiste qui prépare la population au meurtre systématique des handicapés. Pendant ce temps, les autres enfants sont affamés ou torturés. Si la fin est forcément dramatique, une note d’espérance conclue le récit avec une fin similaire au parcours d’Anne Frank : En 2078 est retrouvé chez un brocanteur le Journal d’une fille-chien et le collège Josépha Bellini est inauguré en présence des anciens résistants...

Le roman est accompagné d’une mise au point de l’auteur, - « Derrière le récit imaginaire, la vérité historique » -, qui rappelle que le handicap a souvent suscité peur et rejet et que l’Allemagne nazi a mis en place très tôt un programme de mise à mort des enfants handicapés. D’une lecture facile malgré la thématique, cette dystopie est accessible à tous les lecteurs et lectrices de collège et plus. Ce récit d’anticipation devrait devenir un incontournable des CDI.

Laura Jaffé, Journal d’une fille chien, La ville brûle (coll. Le jour se lève), 2018, 102 p., 10 €.

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