dimanche, 30 avril 2017|

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Questions de classe(s)

Réforme du collège : aveuglement, mensonges et escroquerie intellectuelle des opposants.

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Sur son blog, Bernard Collot réagit aux débats sur la réforme...

Ce n’est pourtant qu’une réformette… qui comme toutes les autres tentatives toutes avortées et combattues depuis plus d’un siècle doit, parait-il, « abaisser le niveau ! »

Dans ce cas précis, la ministre n’a pas caché qu’elle s’était inspirée de ce que faisait depuis quelques années le collège de Clisthène à Bordeaux, collège en zone défavorisée dont les résultats sont parmi les meilleurs de la Gironde ! Ce que se garde bien de regarder le flot de détracteurs patentés, ce que se garde bien d’informer la presse faiseuse d’opinion[1].

Je pense que la ministre n’a pas tort en suggérant que tous ces privilégiés cramponnés au confort de leur situation sociale ne verraient justement pas d’un bon œil de voir s’élever le niveau d’une population traitée avec condescendance de défavorisée, ce d’autant que dans l’élévation du niveau il y a celle de la pensée critique, de la pensée autonome.

De tout temps la transformation de l’école a été combattue avec hargne par l’extrême droite et la droite (du temps de Freinet c’était l’Action française répandant ce qu’elle pouvait trouver de plus infâme), mais de tout temps aussi la gauche s’y est bien peu engagée, n’a soutenu que du bout des lèvres toute petite velléité de réforme progressiste, voire les a elle-même torpillées (du temps de l’affaire Freinet la position du parti communiste comme celle de la SFIO n’a pas été très honorable !). On retrouve exactement les mêmes arguments, parfois les mêmes phrases.

Et pourtant, il y en a eu des tentatives ! Maths modernes, tiers-temps pédagogique, disciplines d’éveil, réforme des cycles… Toutes abandonnées ou avortées avant d’avoir même été mises en route, avant que l’on puisse en tirer le moindre enseignement, en voir le moindre effet, immédiatement détricotées ou vidées de leur essence. Tous les bien pensant se livrent éhonteusement à une véritable escroquerie intellectuelle en faisant croire que ce seraient des « pédagogistes » ou « pédagogos » qui auraient… abaissé le niveau. La toute petite minorité d’enseignants, tous isolés, qui essaient de pratiquer la pédagogie Freinet peuvent témoigner qu’il leur est même impossible de vraiment la mettre en œuvre dans un système qui les rejette.

Mon fils est au collège. C’est exactement comme dans le cours complémentaire où j’étais, il y a soixante-cinq ans ! Rien n’a changé en dehors du format des cahiers, du nom du directeur devenu principal, du nom des pions devenus assistants d’éducation. C’est comme si en médecine on pratiquait toujours systématiquement et pour tout la saignée. C’est d’ailleurs bien une saignée qui est opérée.

Escroquerie intellectuelle dans le sempiternel mieux avant (réitéré au cours des siècles), dans l’école ascenseur social, dans l’école libératrice, dans le c’est grâce à l’école que je suis… (demandez donc à un chômeur, à un SDF, à une caissière d’une grande surface… si c’est grâce à l’école !)

Autrefois, le problème d’un simulacre d’égalité dans une soi disant excellence ne se posait pas, les chemins de chacun étaient tracés par les positions sociales : le fils de paysan devenait paysan ou ouvrier agricole, le fils de commerçant ou d’artisan devenait commerçant ou artisan, le fils d’ouvrier devenait ouvrier, les meilleurs pouvaient devenir petits fonctionnaires, quelques-uns étaient extirpés pour rejoindre les privilégiés des études et faire croire aux bienfaits de la sélection par la méritocratie. Et cela arrangeait bien tant qu’il y avait du travail pour répartir le troupeau. Et cela arrangeait bien quand les élites pouvaient envoyer le troupeau docile et résigné à l’abattoir de 14-18, le faire collaborer au régime nazi, accepter l’esclavage salarié… Beaux résultats de la soit disant excellence regrettée !

Admettons que l’on puisse comprendre la réaction de la minorité qui a tiré son épingle du jeu (pour la plupart de par les privilèges d’une position sociale transmise) et qui se prend pour une élite avec son pouvoir, élite incapable d’inventer la moindre solution aux problèmes d’une société qu’elle dirige, admettons que l’on puisse comprendre la passivité de la majorité, formatée par l’école, qui ne peut que croire ce qui lui est massivement et quotidiennement seriné.

Mais la réaction majoritaire du monde enseignant est plus difficilement compréhensible.

Que de hauts cris parce que tel prof risquait d’avoir un tout petit peu moins de temps pour distillé ses leçons, parce qu’il allait falloir s’entendre avec des collègues pendant trois toutes petites heures pour des projets transversaux (où, bien sûr, les élèves ne feraient que s’amuser et perdre leur temps !), parce qu’au lieu de quelques classes bilingues ce sera la deuxième langue un an avant pour tous (d’ailleurs, si les classes bilingues, si bien pour quelques-uns, avaient été généralisées pour tous, on aurait entendu les mêmes protestations, probablement par les mêmes aussi), des « humanités » qui disparaîtraient (peu importe si on ne se préoccupe pas de ce qui permet aux enfants d’aborder les dites humanités), etc. Tout en sachant que, comme pour toutes les réformes un petit peu progressistes précédentes, la majorité s’assoira gaillardement dessus… et continuera de crier que… le niveau baisse… à cause de réformes… qu’elle n’aura pas appliquées ou vidées de leur substance ! On peut s’attendre à ce que les enfants mangent encore plus de soutien scolaire identique à ce qui les a mis en difficulté, que dis-je, qui ont mis, eux, en difficulté le système et ses pratiques ancestrales. En somme tout ce qui peut changer un peu (un tout petit peu) les habitudes est rejeté avant même d’avoir été essayé. Une mini-réforme qui fait appel à un peu d’initiative collective, donc à une prise de risques, quelle horreur.

N’importe quel médecin se tient au courant des avancées de la médecine, des nouvelles pratiques de ses confrères, ne démolit pas (ne démolit plus ou démolit moins) les médecines différentes, sait l’importance de tous les paramètres environnementaux et sociaux qui influent sur la santé, etc. Il ne reste pas dans l’ignorance et sur ce qu’il a seulement appris à la fac de médecine. Et bien pas le monde enseignant.

On pourrait penser que tout ce que les neurosciences et la systémique ont mis au jour ces dernières décennies, que toutes les pratiques différentes qui ont fait leurs preuves depuis un siècle, devraient amener les profs à chercher dans toutes les propositions ministérielles ce qui permettrait de le prendre un peu en compte. Pas du tout. Tout est rejeté systématiquement.

Comment expliquer cet immobilisme forcené ? Je ne mettrai pas en doute la volonté de la majorité des enseignants de faire au mieux avec tous les enfants et adolescents, de vouloir leur élévation, leur émancipation. Mais quand manifestement le système éducatif n’y arrive pas, y arrive de moins en moins, comment peut-on refuser de le voir changer, un tout petit peu ? Ce n’est jamais la bonne réforme proposée d’en haut. Je veux bien, mais entend-on une autre réforme proposée d’en bas, débattue par les enseignants eux-mêmes dans ce qui devrait regrouper une profession ? Non.

Il est vrai que les enseignants sont des fonctionnaires, ne constituent donc pas une profession chargée d’une mission et pouvant donc discuter de la finalité de cette mission avant de l’accepter et de définir comment elle pourra l’atteindre. L’Education nationale est une énorme machine dont la finalité n’a jamais été vraiment débattue par ceux qui la subissent et par ceux qui y opèrent. Cette finalité reste floue, incertaine, variable, pas identique pour tous. Peut-être est-ce là le vrai problème qui fait peur, auquel personne n’ose s’attaquer parce qu’on subodore, à juste titre, qu’on ne peut séparer une vision éducative d’une vision sociétale, ce qui expliquerait l’immobilisme.

Faut-il attendre le dernier stade de la maladie (scolaire, sociale, sociétale), quand tous les remèdes allopathiques (que l’on n’arrive plus à trouver) se sont révélés inefficients voire néfastes, pour envisager que c’est ce que l’on vit et fait vivre qui est la maladie ? Je crains qu’il soit de plus en plus trop tard.

[1] Voir par exemple les titres fracassants si ce n’est nauséabonds de Marianne.

26 Messages

  • Le titre de B Collot est provocateur, comme la moitié de son analyse. Je ne suis d’accord qu’avec ses interrogations de fin d’article : je suis un opposant à la réforme et ne me retrouve pas dans l’analyse des réflexes idéologiques et réactionnaires qu’il critique (pour certains à juste titre). Q2C devrait offrir aux enseignants qui s’interrogent concrètement comment on peut faire de la transdisciplinarité et du partage d’heures de cours avec des collègues qui toucheront une prime aléatoire pour être coordonnateur pédago ? comment faire des groupes de langue et de PAP, si on ne remet pas en cause le nombre moyen d’élèves par classe ? S’interroger sur la réforme sans interroger le cadre économique et politique de celle-ci (protocole de Lisbonne) c’est s’intéresser au sexe des anges. Si on se cantonne au simple discours et intentions déclarées du ministère ou à l’analyse du vocabulaire employé par les réac-publicains contre la réforme, on rate les changement structurels que celle-ci annonce et on s’aveugle sur :
    1. la mise en concurrence des établissements,
    2. des classes sociales
    3. et des enseignants qu’elle implique...

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    • Je ne réagissais pas tellement à la réforme elle-même (je ne suis plus dans le coup depuis longtemps, mais en quarante années d’exercice (depuis 1960 !) j’en ai vu passer des "réformes" et autant de retours à la case départ !), mais aux réactions à la réforme, réactions à peu près identiques à toutes les précédentes et proférées par les mêmes dans des termes semblables et avec la même violence.
      Or dans le bruitage médiatique, il n’y a qu’eux que l’on entend. Je suis d’accord avec vous, les interrogations que pose un texte (que je n’ai pas épluché) sont importantes, et qu’une réforme les provoque (même chose que pour celle des rythmes !) est bon signe sur un état d’une partie du monde enseignant.

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      • Discutons, mais à partir des textes (et des réalités bien sûr). Cette "concurrence entre établissements" ou "entre enseignants", où est-elle ? Dans le fait que les uns ne feront pas exactement la même chose que les autres ? Est-ce une interprétation ou un pur fantasme ? Ou un réflexe bien français qui veut que ce soit pour tout le monde pareil, confondant ainsi, pour des raisons historiques connues, égalité et uniformité ?
        Comme pour les fameuses (fumeuses ?) "hiérarchies intermédiaires" déjà évoquées ici, et qui n’ont rien de hiérarchiques (pauvres collègues ainsi traités !), on est dans le procès d’intention pur et simple. Malheureusement, il n’y a pas qu’à droite et à l’extrême-droite qu’on réagit ainsi.

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        • Je ne suis pas d’accord avec le commentaires de jean Pierre : les effets de la réforme ne sont pas des fantasmes mais sont déjà une réalité dans les EP où les enseignants travaillent déjà et souvent sur des projets. Il faut remettre le texte dans son contexte politique et économique d’austérité budgétaire et de libéralisme généralisé. Sur le fond et la forme, on ne fait pas une réforme au nom de l’égalité des chances et de la démocratie en ne consultant pas les acteurs de l’éducation et en accentuant de façon très libérale l’autonomie des établissements et le pouvoir du principal. Incohérence ? Non, derrière le discours pédagogique il y a bien une volonté de mieux rentabiliser les enseignants. Il sont la seule variable d’ajustement dans un système à budget constant. Sur le terrain les titulaires qui refusent la réforme ne le font pas par réaction idéologique mais par expérience : comment faire des PAP des groupes de langues etc, avec des enseignants éclatés sur différents établissements ?... cette réforme suit la réforme des statuts, il ne faut s’aveugler elle est structurelle et sa finalité pédagogique est de la propagande. Je suis pour une réforme mais je ne fait pas confiance au gouvernement libéral du moment pour aider à la création d’une école émancipatrice et efficace pour les classes populaires. Il faudrait un rapport de force et il n’est possible que dans des revendications collectives. dans ton commentaire tu semble faire l’amalgame entre et une opinion publique qui serait réactionnaire... C’est un peu dénigrer l’action collective, non ?
          Tout le monde semble se démobiliser quand il s’agirait d’être offensif.

          je n’étais pas satisfait de mon premier commentaires : des fautes d’orthographes et de syntaxe. Voici mon texte tel que j’aurais voulu le publier :

          Le titre de B Collot est provocateur, comme la moitié de son analyse. Je ne suis d’accord qu’avec ses interrogations de fin d’article.
          Je suis un opposant à la "réforme" et ne me retrouve pas dans l’analyse des réflexes idéologiques et réactionnaires qu’il critique (pour certains à juste titre). Ce n’est pas parce que Bayrou défend le Latin ou que les réactionnaires s’opposent au discour de la réforme qu’il faut participer à cette médiatisation fumeuse du débat. Q2C devrait offrir aux enseignants qui s’interrogent concrètement sur l’application de la "réforme" en cours et dans l’emploi du temps : comment on peut faire de la transdisciplinarité et du partage d’heure de cours avec des collègues qui toucheront une prime aléatoire pour être coordonnateur pédago ? comment faire des groupes de langue ou de PAP si on ne remet pas en cause le nombre moyen d’élèves par classe ?

          S’interroger sur la réforme sans interroger le cadre économique et politique de celle-ci (protocole de Lisbonne) c’est s’intéresser au sexe des anges. Je persiste à dire que si on se cantonne à l’analyse du discours et intentions du gouvernement ou à l’analyse du vocabulaire employés par les réac-publicains, on ne fait que participer à la propagande. On rate les changements structurels que cette "réforme pédagogiste" organise et on s’aveugle sur ces objectifs sociétaux.
          Que pense Bernard Collot de la mise en concurrence des établissements, des classes sociales et des enseignants qu’elle implique ?

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          • Je ne nie absolument pas tout ce que vous évoquez. Le problème de l’école se situe dans la complexité, sociale, idéologique comme pédagogique, et le tenant de la systémique que je suis ne l’ignore pas du tout. Comme je l’ai dit précédemment, n’étant plus sur le terrain je pense que je n’ai pas de qualité pour émettre une critique circonstanciée sur cette réforme (bien que cela me paraisse quand même une réformette !).

            Concernant la concurrence, je pense par contre que c’est un faux-problème.

            J’ai débuté dans un village que l’inspecteur disait appartenir au triangle de fer de la Vendée beaujolaise (3 villages). Là, il y avait vraie concurrence entre l’école confessionnelle et l’école publique, gros patrons vignerons imposant l’école confessionnelle à leurs ouvriers agricoles, la mairie elle chantant les louanges de l’école privée à tous les nouveaux arrivants. Quand en plus l’école publique pratiquait la pédagogie Freinet, c’était chaud ! La bagarre faisait partie du métier. Très curieusement, j’ai « gagné » lorsque je ne me suis plus préoccupé de cette concurrence et l’école privée s’est sabordée.

            Dans la classe unique publique que j’ai appelée « école du 3ème type », les familles avaient le choix entre l’école publique bizarre du village et l’école publique classique du canton (autorisation de prendre les cars de ramassage du collège). Il n’y avait pas de concurrence, les choix des familles ne portant plus sur une comparaison de résultats mais sur des modes de vie des enfants différents suivant l’école et je ne dénigrais en aucune manière ces choix, pas plus que ne le faisaient mes collègues quand à l’inverse c’étaient des familles de leur secteur qui faisaient le choix de mon école. Nous cohabitions ! L’école bizarre publique a perduré 35 ans et n’a fait perdre aucun élément à l’école publique du secteur (aucune fuite, ni pour les uns, ni pour les autres vers l’école privée cantonale).

            Je n’aurai pas la prétention de dire que j’ai pu influencer les pratiques de mes collègues. Mais, du fait qu’un « modèle » franchement différent existait dans la proximité sans créer de polémiques ou de batailles, les discussions avec leurs familles sur d’éventuelles modifications de leurs pratiques devenaient plus faciles, certains s’y sont engagés et le collège lui-même a pu réaliser avec une partie de l’équipe de profs volontaires une expérience étonnante de 6ème-5ème (multi-niveaux !) basée en grande partie sur des projets… transversaux (années 80-90).

            Je suis bien d’accord avec vous sur le contexte idéologique qui entoure l’école. Mais nous faisons aussi son jeu quand nous reprenons en nous en inquiétant les thèmes sur lesquels les uns et les autres se basent (concurrence pour les libéraux, uniformité pour les réac-républicains). Ce qui a permis que se réalise l’apparemment impossible dans mon école, cela a été le choix lui possible pour les familles (seules les classes uniques sont dans cette situation du fait que là, l’administration ferme les yeux sur la carte scolaire puisque l’éventuelle diminution des effectifs lui permet de les éradiquer sans problème, les communes d’accueil aussi puisque cela peut remplir leurs classes).

            S’il y a une lutte à entreprendre et paradoxalement pour éliminer le poison de la concurrence, ce serait celle de la possibilité du choix des familles et des enseignants pour tels ou tels établissement caractérisés par leurs approches, leurs fonctionnements, si vous voulez leurs pédagogies bien que je trouve le terme très réducteur. Nous ne sommes plus alors dans la culture des « résultats » si chère à la gauche comme à la droite (et chèrement payée par tous), mais dans le choix de conceptions différentes. Dans les commentaires des 20 000 signataires de l’appel demandant cette possibilité de choix, la motivation n’est pas celle des résultats scolaires, or seuls les résultats font l’objet d’une concurrence sans merci dans notre société de marchés.

            D’autre part, il semblerait normal que dans une démocratie chaque citoyen ait le droit de choisir et d’assumer son mode de vie dans la mesure où il ne lèse pas les choix des autres. Dans notre société qui n’est pas démocratique, il est vrai qu’il le peut de moins en moins, pas seulement en ce qui concerne le devenir de ses enfants (exemple pour sa consommation, les dites grandes surfaces ayant imposé une consommation en même temps qu’une production uniformes). Sauf pour… les privilégiés.

            Et c’est bien le paradoxe : l’école publique qui se veut réductrice des inégalités favorise les privilégiés qui, eux, peuvent assumer des choix et la quitter !

            Tout le monde voudrait « responsabiliser » les parents (et les enfants, les jeunes) alors qu’on les déresponsabilise en les considérant comme incapables de s’informer, d’être informés, et de déterminer ce qui leur semble le mieux adapté dans ce que peut leur offrir le service public. L’école publique, mais autrement publique.

            Si bien que je pense qu’une réforme qui synthétiserait deux approches opposées est complètement irréaliste et nécessairement incohérente, les éternelles levées de boucliers peuvent être aussi considérées comme normales de quelque bord elles proviennent (je sais, c’est en contradiction avec mon billet !!!!). Toute velléité de panachage débouche sur une incohérence, ce d’autant qu’elle ne touche pas à la structure du système éducatif ni à une finalité incertaine et trouble (ce que vous démontrez fort bien).

            L’école, telle qu’elle est, est bien le lieu de la concurrence entre opinions, conceptions… (évidemment aussi entre idéologies, encore faudrait-il que celles-ci soient clairement affirmées) et personne ne gagne, tout le monde perd, surtout les enfants.

            Avant toute réforme et ce qui ne demanderait même pas une réforme, même pas un sou, c’est l’organisation de ce choix. Il serait d’autant plus raisonnable que pouvant s’effectuer au sein de l’école publique, l’Education nationale pourrait alors garantir et contrôler un certain nombre de principes, entre autres celui de la laïcité, et pourquoi pas celui d’un socle commun à atteindre au terme d’un temps scolaire. Ce ne seraient plus alors des résultats qui pourraient aider l’Education nationale à s’engager dans une voie et la population à l’accepter, mais des constats. Ce seraient alors ces constats qui règleraient non pas une concurrence mais l’opposition de conceptions.

            Ce que m’ont appris une quarantaine d’années dans l’EN, c’est d’une part le pragmatisme, d’autre part le fait que les problèmes sur lesquels on se fracasse le nez (et celui des mômes) ne sont jamais les bons problèmes.

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        • Il y a aussi ce que font les enseignants de toute réforme ("les ministres passent, moi je reste" !). Ils n’ont par exemple rien fait de la réforme des cycles !!!

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  • Attention la mise en place de ces "hiérarchies intermédiaires" n’est pas que du vent. Des coordonnateurs de toute sorte (par niveau, par discipline, etc.) nommés PAR LE CHEF D’ÉTABLISSEMENT avec des primes, c’est mettre la main dans un engrenage "mafieux" (je choisis le terme à dessein). Je le vis dans mon établissement actuellement... Certes, c’est avec ou sans la réforme, mais la réforme renforce cette orientation... Une solution serait tout simplement de dire : les coordonnateurs sont élus et révoqués par leurs pairs. Quand on dénonce ces hiérarchies intermédiaires c’est bien parce qu’elles renforcent le pouvoir des chefs, pas parce que le travail est inutile ou que nous sommes contre le fait de les rémunérer. C’est bien, dans une perspective "égalitaire", la manière dont se fait la désignation qui doit être "réformée" - pour de vrai !

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  • Je m’interroge sur la place de cet article dans QUESTIONS DE CLASSE(S)...En effet, le gouvernement a déjà les médias officiels.
    Cette réforme imposée avec le plus grand mépris pour les enseignants fait suite à la loi Macron, l’ANI, le pacte d’irresponsabilité... Il est temps de sortir du piège électoral qui transforme en réac quiconque nomme la politique pro-medef et ultra sécuritaire de ce gouvernement.La finalité de cette loi est bien d’en finir avec le cadre national des programmes et diplômes, et de liquider le statut enseignant pour renforcer le pouvoir de la hiérarchie.

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    • Le billet ne concernait pas la réforme elle-même mais les réactions hystériques provoquées, de l’extême gauche à l’extrême droite.
      Libre à chacun de l’analyser de façon approfondie. En fait d’analyse je constate plutôt des extrapolations. Les arguments entendus relèvent quasiment tous de l’extrapolation, parfois délirante.

      Je constate aussi que les réformes retour en arrière des dix années de gouvernements de droite n’ont pas provoqué de telles levées de boucliers, tout au moins on les a peu entendues, elles n’ont pas provoqué de grèves. Ce fait devrait interroger.

      D’autre part aussi je n’ai pas eu connaissance de réformes proposées par la base ou les bases protestant actuellement, tout au moins elles n’ont pas été mises en lumière s’il y en a eu.

      Il y a des interrogations dont on ne pourra pas faire l’impasse longtemps.

      Q2C est fait pour cela et je remercie la rédaction d’avoir publié ce billet sciemment provocateur alors que je ne le lui avais pas proposé. Les débats ne se font pas sur l’uniformité des opinions, mais chacune peut et doit se discuter, si elles sont exprimées et de quelque façon elles soient... Tiens, mais cela ne serait-il pas aussi... éducatif ? ;-)

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      • Je rectifie : si il y a bien d’autres réformes proposées : celle du collectif Racine de Le Pen ! Cela aussi devrait interroger.

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        • Que Bernard en soit remercié...Ce texte a le mérite d’avoir lancé le premier sur le site, le débat sur la réforme de l’éducation du gouvernement socialo-libéral. Heureusement que celui-ci ne se cantonne plus aux interrogations de l’article car j’ai peur que dans le contexte politique actuel, se limiter à critiquer les critiques (idéologues) de la réforme, on ne court le risque de faire de l’amalgame et de vouloir éteindre le débat et les actions possibles : non ! Tous les opposants à cette réforme ne sont pas des réactionnaires antipédagos. Quand Bernard poursuit en disant qu’il y a de contre réforme que celle du FN, il fait comme ce gouvernement autoritaire qui agite la peur de l’extrême droite pour accepter le moins pire. Notre réforme n’est pas rédigée mais elle existe dans notre expérience, nos combats et nos pratiques. D’une certaines façon rien n’a changé, le gouvernement impose et c’est sans doute dans un rapport de force à créer que qq chose se négociera peut-être. Contre le fatalisme, j’invite à poursuivre le débat autour du texte de Greg appelant à faire une synthèse de nos débats et à les articuler en une sorte de plate-forme revendicative. Même s’il dialectise un peu trop nos oppositions de points de vue, il mérite notre attention et nos commentaires. Cette plate forme commune devrait être l’objectif n°1 des syndicats qui défendent une école égalitaire et émancipatrice.

          Ps : je déteste l’interface de ces commentaires : on ne peut pas corriger les textes. je suis un peu impulsif et j’ai laissé des erreurs dans mes commentaires précédents qui m’agacent. Vous avez compris que qd j’évoquai le PAP que je ne parlais pas du soutien aux élèves dys mais que je voulais parler des EPI et AP. Merci pour votre indulgence.
          EricZ

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          • Non Eric, ce n’était pas pour provoquer la peur ! provoquer des réactions oui !

            Mais aussi parce que dans le trouble et la confusion actuelle, il manque vraiment un ou des projets cohérents qui soient exprimés et lisibles. La force du FN c’est que ce qu’il propose, si c’est simpliste et plus que dangereux, c’est que c’est cohérent avec la société qu’il veut nous balancer, même si ceux qu’il veut embarquer ne la saisissent pas cette société.

            Evidemment, chaque fois que j’utilise "les enseignants" c’est une mauvaise façon de m’exprimer parce que finalement "les enseignants" ça n’existe pas, mais comme on ne peut pas non plus dire "chaque enseignant"... faudra que je trouve une autre formule pour que justement "chacun" ne se sente visé par la moindre provocation verbale ou écrite.

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    • Bonjour Michelle,
      Je crois que mes propos rejoignent les tiens.
      Discutons de cette "réforme" en dehors de toute référence aux réactionnaires dont les représentants politiques mènent cette même politique scolaire depuis des dizaines d’années.
      Thierry.

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  • Elle est où la discussion autour des textes évoquée par JPF ?
    Moi je veux bien sortir ma fourche pour embrocher quelques socialos/medef/néoliberaux mais m’étonnerait que la FSU suive alors en attendant si on regardait les textes à la loupe...
    Parce que la solidarité entre enseignants est parfois mafieuse et que sous prétexte de grand soir on évite les conversations entre amis sur le petit peu qu’on peut.

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  • Pour moi, le billet de Collot souligne un fait qui pose vraiment question : toutes les réformes un peu progressistes ont provoqué un soulèvement et une résistance, au moins passive,, toutes tendances confondues.

    Le point aussi intéressant, c’est que ces réformes ne touchent pas les piliers de la structure du système éducatif, l’image de Collot "mettre un peu d’essence dans un moteur diésel" me semble très juste. Le simple découpage scolaire par niveaux et matière par exemple s’oppose à toute réforme, la réforme des cycles n’est restée qu’un mot, même les ministres, les mouvements pédagogiques eux-mêmes continuent de parler de CP, CE1,... 6ème !

    Le problème de la finalité de l’école que Collot ressasse à longueur de blog est très interpelant. Peu de voix s’élèvent quand par exemple on entend que pas un élève ne doit sortir du système éducatif sans diplôme (pourvu qu’il est un papier !), pire, sans formation.

    Les demandes de formation des enseignants sont très justifiées. Mais rien n’est dit sur le sens que doit prendre cette formation, du coup sur son contenu.

    Les enseignements transdisciplinaires ont peu de sens si n’est pas revisité et admis que les apprentissages se construisent de façon complexe. A ce propos, la notion de langages de Collot est très intéressante.

    Alors, la discussion du texte demandée par Jean-Pierre et Alphonse est certes très utile pour savoir ce qu’il est possible de tirer du texte, comment il peut être détourné, utilisé par quelques-uns dans l’immédiat. Je pense qu’il y aura un petit nombre qui en profiteront. Mais s’il n’engage pas une réflexion sur tout ce qui structurellement et conceptuellement empêche toute réforme, rien n’avancera.

    La remarque de Collot sur le fait que les réformes de la droite passaient beaucoup mieux y compris dans l’opinion, s’explique en partie parce qu’elles correspondaient parfaitement à ce pourquoi le système éducatif avait été conçu et ne troublaient absolument pas son fonctionnement.

    En somme, c’est l’amont de toute réforme qu’il faudrait considérer, sinon elle ne provoque rien en aval, l’histoire de l’école le prouve.

    Je pense que ce billet (comme son blog) devrait inciter à élargir la réflexion et ne pas se concentrer seulement sur les défauts d’un texte, les présupposés d’intentions politiques. Finalement, le charivari autour d’une réformette pourrait être un bien s’il conduit plus loin, au moins sur Q2C.

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  • Hors toute idéologie, il y a quelque chose qui est devenu incontournable :

    Les processus et les rythmes d’apprentissages ou de constructions cognitives, ce qui les provoque, sont propres à chaque enfant ou adolescent, sont imprévisibles, non programmables, n’ont pas de terme. Se développant dans l’interaction et l’interrelation, ils peuvent juste être favorisés par les environnements dans lesquels enfants et adolescents vivent, dont l’école.

    Resterait à en tirer les conséquences !!!!!!!

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  • Il y a des arguments qui se tiennent dans vos propos, mais vous n’évoquez pas des aspects dont on ne peut nier qu’ils sont problématiques !

    1) Je pense par exemple à la deuxième langue obligatoire, alors que les enseignants sur le terrain constatent de plus en plus de difficulté avec la maîtrise de la langue française,et avec l’acquisition de la première langue. Dire qu’on va réduire les inégalités en enseignant à tous une deuxième langue n’est pas vrai.

    2) La démarche de la ministre. La méthode du passage en force n’est jamais la bonne méthode. une vraie réforme de l’enseignement ne pourra se faire qu’avec les enseignants.

    3) La précipitation. Faire une réforme sans s’en donner les moyens est catastrophique, car les problèmes causés sur le terrain par l’impréparation se répercutent sur les équipes pédagogiques, les élèves, etc. C’est exactement ce qui s’est passé avec la réforme des rythmes scolaires : c’est une une bonne idée, mais il y a trop d’endroits - en particulier ruraux- où sa mise en application a empiré les choses. Ce gouvernement fonce tête baissée sans écouter, et arrivent à se mettre contre eux ses propres sympathisants !

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    • Je n’étais ni pour, ni contre cette réforme ;-) . Comme je l’ai précisé, n’étant plus depuis longtemps sur le terrain, je ne perçois que les réactions extérieures. Ce qui m’interpellait c’était les réactions immuables des acteurs comme des spectateurs et commentateurs patentés d’un système et d’une conception auxquels il ne faut pas toucher. Quand extrême gauche, extrême droite et tout ce qu’il y a entre se rejoignent, il y a de quoi s’interroger.

      J’entendais encore hier soir une personnalité politique de je ne sais même pas quel bord répéter qu’il était dramatique pour trouver un emploi que des jeunes sortent du système scolaire sans diplôme ! Et cela ne faisait même pas rire le journaliste !

      Mais je ne suis pas innocent, et sais bien que dans cette réforme comme dans la précédente (celle des rythmes) il y a des intentions politiques, une préparation sommaire, des points très troubles, etc. Bien sûr elle est très certainement très critiquable et doit être critiquée. Mais est-ce que cela en vaut vraiment la peine ?

      Dans notre société devenue à tel point hétéronome, qui ne peut à la rigueur que faire des compromis bancals jamais chercher le consensus puisque chacun est arcbouté sur son opinion, est-ce que concocter une réforme dans une concertation avec TOUS les enseignants (et les parents ? et les jeunes ?) est possible ? Quand en plus la finalité d’un système n’est même plus définie ou est devenue absurde (l’école pour l’emploi !!!) ? Le mot réforme n’a d’ailleurs plus aucun sens en dehors de celui de l’incantation.

      Ce sont bien les systèmes et leurs finalités qui produisent des conséquences (pas que le système éducatif)

      C’est pourquoi il me semble que sur Q2C au moins, à côté de tout ce qui doit être dénoncé pour ne pas être leurré, et vous avez raison, il faut s’attaquer aux finalités et imaginer (dans le sens que Castoriadis donne à ce mot puisque tout ce dans quoi nous vivons a été imaginé) le système permettant de les atteindre en sachant quelles sont les lois incontournables (biologiques, systémiques...) qui régissent les fonctionnements aussi bien des individus que des systèmes sociaux.

      Le problème pour être efficient dans les échanges, est peut-être de distinguer ces différents niveaux : la critique et la dénonciation, l’immédiat sur les terrains, ce vers quoi nous voudrions aller en évitant l’habituel "vers plus de..." qui ne résout aucun problème en laissant les choses en l’état.

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  • Je n’ai aucun doute concernant cette réforme, le versant pédagogique est la poudre aux yeux censée cacher (?) sous une énième controverse les objectifs mondiaux et européens du passage au presque tout privé pour l’éducation.
    Il est faut noter qu’au même moment nos voisins italiens se révoltent contre la réforme dite buona scuola et il serait intéressant de mener une petite enquête pour repérer les pays qui ont pris du retard dans la privatisation (oh pardon ! dans l’application des directives européennes) et qui essaient sous divers déguisements de se mettre à jour...

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  • En (presque) total désaccord avec la tribune de Bernard Collot, je me contenterai de souligner brièvement quelques points :
    - je suis engagé politiquement depuis l’âge de 13 ans, je suis professeur d’histoire depuis près de 40 ans, j’ai participé à tous les combats du mouvement ouvrier depuis les années 60 et je suis un opposant à cette "réforme",
    - par quelle opération un gouvernement aux ordres du Medef et de l’Union européenne, qui a poursuivi les politiques menées depuis 30 ans par la Droite et le PS avec les dramatiques conséquences que l’on sait pour la population travailleuse de ce pays et l’école pourrait-il mettre en place une réforme en faveur de l’école laïque, publique, ouverte à tous les enfants avec le but d’en faire des citoyens éclairés et émancipés ?
    - il serait bon de se souvenir que Freinet était un militant communiste, correspondant de l’Ecole émancipée, qui savait qu’il serait vain de vouloir changer l’école dans le cadre économique et sociétal de la France capitaliste (ce qui ne signifiait évidemment pas qu’il n’y avait rien à faire dans l’école) ; quelqu’un l’imagine soutenir le gouvernement Valls ? (!!!)
    - je me fiche totalement des gesticulations opportunistes de la bourgeoisie à propos de cette "réforme" car je m’intéresse davantage aux critiques formulées par des gens comme Debray (oui, quand même), Le Goff, l’Association des profs d’Histoire-géo (par exemple),
    - les soutiens à la "reforme" sont assez significatifs : la CFDT (spécialiste de la collaboration de classe), l’UNSA (émanation du PS et spécialiste de l’anti-grève), le Medef (sans commentaire), l’Eglise catholique...
    - rappelons aussi que cette "réforme" a été transposée par des énarques qui, s’ils avaient été dans cette école-là, ne seraient jamais arrivés là où ils en sont (à moins qu’ils aient été fils de bourgeois) et que, comme les bureaucrates de la rue de Solférino, mettent leur progéniture dans les écoles privées catholiques...
    - on peut bien disséquer les textes (et ils ne sont pas tous pourris) mais les faits sont têtus : pas d’économie ni de social dans les nouveaux programmes d’histoire, du religieux à la pelle et une bonne vieille idéologie Ve République.

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  • Cher Grégory,
    Je ne dis pas que "regardez qui soutient la réforme" est un argument (pas plus que l’inverse d’ailleurs, ce que font les partisans de "gauche" de cette dernière...). Je dis qu’il y a un lien entre ceux qui, directement (UNSA et CFDT) ou indirectement (Droite) soutiennent la "réforme" (elle est quand même dans la droite ligne de la loi Fillon sur le Socle et les compétences issue des recommandations de la Commission européenne...) et leur soutien à la politique de Hollande-Valls car cette "réforme" n’est pas un acte politique isolé du contexte français et européen. Pourquoi ses défenseurs à "gauche" l’isolent-ils justement ? En ce qui me concerne, elle fait partie d’une politique qui rassemble la loi Macron, le Pacte de responsabilité, les milliards au patronat. Cette "réforme" vise à améliorer l’école ? OK, alors qu’on reverse à celle-ci l’argent public filé au patronat et à l’Eglise catholique. Après on verra.
    Pas d’accord du tout avec ton amalgame : qualifier de "réac" et de "bénis du FN" la CGT, Sud, FO et la FSU est outrageant pour ces organisations quoi qu’on pense de leur ligne de conduite. Penses-tu un instant que c’est le SNALC qui mène la danse ? Il n’est pas d’accord avec la "réforme" ? C’est son seul problème. Donne-moi, par contre, un seul argument pour soutenir la politique de Hollande-Valls. Je n’imagine pas un instant la CNT défendre un tel ramassis. C’est proprement inconcevable. Attention à ne pas se fourvoyer. Le but de tout ça, c’est de régionaliser pour privatiser (comme ça a déjà commencé dans le primaire avec les TAP).
    Quant au fait que Freinet a été viré (comme tant d’autres) du PC, en quoi cela lui retire-t-il son idéologie fondamentalement communiste ?
    Dernier point : considères-tu cette "réforme" comme oeuvrant à une école émancipatrice ? à une école émancipée ? à une école du peuple ? On n’a pas du lire les mêmes textes.
    Je suis prof, je me détermine par rapport à l’intérêt de mes élèves (70% d’enfants d’ouvriers et d’employés). Ils ont droit à l’excellence, au savoir émancipateur, au meilleur de ce que je peux leur apporter et de ce qu’ils peuvent acquérir dans un esprit d’égalité. Cette "réforme" les méprise comme la politique d’Hollande-Valls méprise leurs parents !
    Salutations syndicalistes révolutionnaires.

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  • Dans le texte de Bernard Collot, il est fait référence à l’attitude du PCF et de la SFIO au moment de l’affaire Freinet, qui n’aurait pas été des plus "honorables". Peut-il nous donner des précisions sur les fondements historiques de ce jugement ?
    Que je sache, et comme l’indique d’ailleurs la biographie en ligne de Michel Barré (http://temoignage.barre.pagesperso-orange.fr/media/fichiers/Biog_3_Freinet_a_St-Paul_1928-33.pdf), le PCf a directement soutenu Freinet, en particulier dans L’Humanité et jusque dans une délégation auprès du ministre conduite par Gabriel Péri, avec notamment Georges Cogniot….

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