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Questions de classe(s)

Ar bak e brezhoneg ! Le baccalauréat en breton !

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« Nous demandons donc que, de manière volontaire, la possibilité nous soit donnée de passer toutes les matières telles que les Sciences Economiques et Sociales, les Mathématiques et les Sciences en breton. » Ces quelques lignes ont été rédigés par des lycéens de Diwan dans une lettre ouverte à l’attention de Najat Vallaud-Belkacem et du recteur de l’académie de Rennes. Mise sous forme de pétition (https://www.change.org/p/bak-e-brezhoneg-bac-en-breton), elle a reçu rapidement un soutien important avec près de 3000 signatures à ce jour.
Cette solidarité inattendue, d’ex-lycéens mais aussi de parents ou de professeurs, a boosté les élèves. Depuis la mise en ligne, ils organisent des réunions hebdomadaires, collent des affiches aux « 7 vents », prévoient une manifestation si la réponse n’est pas satisfaisante, et bien sur un fest-noz de soutien comme leurs aînés savent le faire. Ils se sont mis également en lien avec leurs camarades basques du lycée Bernat Etxepare.
Cette question des langues est très sensible en France. Le classement des langues entre celle qui ont le statut de LV1 et celle seulement digne d’être LV2 témoigne d’une hiérarchie qui répond avant tout aux impératifs économiques. Il faut parler anglais, langue du commerce, des échanges internationaux, de l’université, bref de la modernité... Alors, on donne des équivalences pour montrer les aptitudes de nos bambins à parler la langue de Shakespeare. En Bretagne, c’est dès la fin des années 70 que quelques « arriérés » ont choisi de se battre d’abord et avant tout pour un apprentissage du breton… La création d’écoles monolingues en breton a popularisé un enseignement en immersion ou « dans la soupe » comme ils disent en breton (ce qui ne fait pas très moderne !) Cela n’entache en rien d’ailleurs la capacité des élèves dans la maîtrise de la langue de leurs voisins grand-bretons, bien au contraire (1).
Depuis 1997, les élèves qui ont suivi un enseignement monolingue breton pendant quinze ans passent le baccalauréat en français. Les professeurs s’adaptent à cette contrainte en changeant la langue d’enseignement avant l’épreuve de fin de second degré. Près de 20 après, les élèves pensent qu’il ont faite leurs preuves : « les résultats du lycée au bac ont toujours été au-dessus de la moyenne attendue par l’académie, ce qui démontre qu’étudier en breton n’est pas un obstacle à notre réussite. » A ce jour, seule l’épreuve d’histoire-géographie fait exception. Malgré des sujets en français, les lycéens sont autorisés à rédiger en breton. Pourquoi cette discipline seulement ? Allez savoir ? Les terminales du Pays Basque, en plus de l’histoire-géographie, ont l’autorisation de s’exprimer dans leur langue pour les mathématiques également. Pourquoi ? L’acquis principal d’une lutte que mènent depuis des années les lycéens de Bayonne à travers le collectif « Baxoa Euskaraz ». De quoi enseigner aux élèves que les droits ça ne se donne pas mais ça s’obtient !
Le nouveau combat des lycéens de Diwan s’inscrit, faut-il le préciser, dans une revendication évidemment plus large, qui est de pouvoir vivre dans la langue de leur choix : « passer l’épreuve en breton est une étape de plus pour la sauvegarde de notre langue » écrivent-ils.

Yann Lupec

1. le bilinguisme des élèves de Diwan leur permet d’obtenir des résultats meilleurs que la moyenne en langue, bien souvent.

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