jeudi, 19 juillet 2018|

5 visiteurs en ce moment

 

L’écriture inclusive exclut-elle ?

Inclure le féminin dans la langue française serait un élément essentiel pour la reconnaissance de l’égalité homme/femme dans la société. Essentiel, mais insuffisant. L’écriture inclusive n’aura de sens que si la société tient compte des inégalités que subit la femme au quotidien. L’écriture inclusive, les femmes se sentent-elles concernées ? Deux (...)

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

3 Messages

  • L’écriture inclusive exclut-elle ? 26 février 18:47, par Zoé

    Ces réflexions sont judicieuses mais ne sont pas contre l’écriture inclusive ! Si certains médias ont cantonné l’écriture inclusive au décrié point médian, elle ne s’y résume pas du tout... Tout ce qui est préconisé dans la fin de ce texte lui appartient, et est défendu de longue date par celles et ceux qui critiquent le sexisme de la langue.

    Quand à dire que certaines discriminations ou situations sociales vécues au quotidien sont plus criantes que l’exclusion linguistique, là encore personne ne le nie, tout comme le fait que de pouvoir réfléchir ainsi sur la langue est souvent le fait d’une position de privilège.
    Combattre les inégalités femmes/hommes à l’école et ailleurs est un vaste chantier, et celles et ceux qui défendent l’écriture inclusive n’ont jamais prétendu l’y réduire ! Ce sont leurs opposants, qui tentent de biaiser ainsi le débat, et il est bien de ne pas trop leur prêter le flanc ni propager leur discours.
    Il ne faut pas d’abord réduire les inégalités sociales puis ensuite s’occuper de la langue : ces combats peuvent et doivent être menés de front !

    repondre message

  • L’écriture inclusive inclut-elle ? 28 février 16:14, par Yves Colombet

    En accord total avec Catherine Chabrun.
    Juste quatre éléments supplémentaires qui vont dans le même sens :

    - Pourquoi ne pas utiliser un peu plus les outils que la langue offre déjà, comme le pronom "on" avec lequel les adjectifs peuvent s’accorder en genre et en nombre ("on est parti" / "on est partie" / "on est partis" / "on est parties"), le substantif pluriel "personnes" qui est, lui, toujours féminin, le substantif pluriel "gens" qui est, en simplifiant, masculin quand il est suivi d’un adjectif ("des gens ravis") et féminin quand l’adjectif le précède ("les vieilles gens") ? Si je n’avais pas peur de me faire taxer d’hypocrite ou de cynique, je rappellerais que le substantif "l’homme", si décrié, ne signifie pas étymologiquement "le mâle", mais "l’être humain", qu’il soit de sexe masculin ou féminin...

    - L’écriture inclusive, à travers les points médians, offre comme image du féminin celle d’un appendice ajouté au masculin qui reste intact, lui, non tronçonné. C’est contradictoire avec les objectifs légitimement revendiqués.

    - L’écriture inclusive ne peut concerner que des textes documentaires, explicatifs, argumentatifs. On peut "s’amuser" à relire Flaubert ou Camus ou n’importe quel autre écrivain, ou quelle autre écrivaine. Il n’y a pas dix possibilités par roman de recourir aux points médians. La vérité saute aux yeux : l’écriture inclusive, dans son acception rigoriste (avec les points médians) n’est pas un outil littéraire. Que les opposants systématiques se rassurent : il n’est point besoin de récrire Madame Bovary !

    - Un texte écrit en écriture inclusive (en recourant aux points médians) peut, avec un relatif effort, se lire en lecture silencieuse et donc personnelle, voire égoïste, mais une langue est faite pour communiquer, et en particulier à l’oral (c’est le seul mode de communication des gens qui sont exclus de la lecture), et l’écriture inclusive révèle à ce moment ses limites, pour ne pas dire sa vacuité.

    repondre message

  • L’écriture inclusive exclut-elle ? 9 mars 09:24, par Thierry FLAMMANT

    Texte plein de clarté de Catherine Chabrun.
    Effectivement, à quoi peut bien servir une écriture inclusive dans une société exclusive ? La "grammaire féminine" - bien qu’elle ait des fondements historiques - ne résoudra pas le problème de l’égalité des droits sauf peut-être dans les beaux quartiers (et encore...). Une question : n’y a-t-il pas un "neutre" dans la langue française niché au fond des structures grammaticales ? Même si ça ne résoudrait pas tous les problèmes (voir en Grande-Bretagne), son usage pourrait être bénéfique et éviter une dichotomie particulièrement lourde.

    repondre message

A propos de Questions de classe(s)
Fils de nouvelles RSS

Lettre d’info n° 13 / février 2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

Livres jeunesse hiver 2012-2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | ... | 1338

 
Soutenir par un don