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Questions de classe(s)

Quand nos élèves dorment dans la rue

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A Clermont-Ferrand comme ailleurs, la situation des sans-papiers reste insupportable. Mais ce qui est le plus dramatique, c’est l’accroissement du nombre de familles et de mineurs isolés que l’hébergement d’urgence n’accueille plus, faute de places. Ou plus exactement faute de créer les places nécessaires (il y a dans la ville de nombreux bâtiments vides, sans compter les quelque 8000 appartements inoccupés).

A chacune de ses réunions hebdomadaires, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) s’efforce de les aider. L’hébergement militant et les squats permettent des secours momentanés, mais trouvent leurs limites : le 27 mars par exemple il y avait 17 familles (avec 24 enfants) non hébergées ainsi que plusieurs dizaines de mineurs étrangers isolés (les MIE). Une famille avec deux jeunes enfants a passé des nuits dans l’abri d’un distributeur de billets de banque.

Le réseau est particulièrement attaché à la scolarisation de tous ces enfants d’âge scolaire, isolés ou non. De ce point de vue, les établissements scolaires sont dans l’ensemble coopératifs. Notamment les lycées qui possèdent un internat accueillent celles et ceux qui sont scolarisé-e-s chez eux. Mais les weekends et pendant les vacances, les internats sont fermés, et les écoles et les collèges n’en ont pas. Les hargneux qui s’obstinent à dire pis que pendre de « tous ces étrangers » ne doivent pas savoir ce que ça représente d’aller, comme si de rien n’était, le matin à 8 heures rejoindre sa classe quand on a dormi dans la rue.

Le soir du 3 avril, malgré les efforts des militant-e-s, 2 familles étaient encore à la rue. Le 115 (le numéro d’appel de l’hébergement d’urgence), appelé, affirmait n’avoir absolument aucune place disponible. A 18 heures, à l’appel de RESF et du DAL, 150 personnes, avec camion sono et matériel, ont occupé la place centrale de la ville, décidées à passer la nuit là avec ces familles. A 21 heures, un commissaire de police est venu annoncer que la préfecture débloquait pour elles deux hébergements pour une semaine.

Une goutte d’eau, dira-t-on, au vu de l’énergie déployée. Mais une goutte qui fait du bien. Et qui montre une fois de plus que la lutte paie. Et si au lieu de 150 nous avions été 1500 …

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