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Questions de classe(s)

Quand les réac-publicains font leur rentrée… Nouvelles du front et de la galaxie réac-publicaine (10)

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Plutôt chargée la rentrée des réacs… perspective des présidentielles oblige ? En tout cas difficile d’être exhaustif pour la relance de cette petite veille du blog sur les réac-publicains et l’école, tant les coups sont venus de partout : surenchères autoritaires et identitaires, manipulations en tout genre, éloge de l’ultra-libéralisme scolaire, etc.

Exceptionnellement une revue de presse en 2 parties : la première surtout consacrée aux réseaux traditionalistes partisans de l’ultra-libéralisme scolaire. D’ici quelques jours, je reviendrai sur la rentrée des "idéologues de l’identité" et des "nationo-républicains". Mais avant ça, un petit détour par les réseaux sociaux...

Collège 2016 : la guerre civile des mots

Cette rentrée était celle de la réforme du collège. Cette réforme est également celle de la « guerre des tweets » sur les réseaux sociaux… Louise Tourret en a rendu compte dans un article très complet, rappelant quelques uns des plus odieux dérapages…
Sur Twitter, pourquoi autant de haine entre profs ?

J’en profite pour contribuer à cette petite sélection qui, quel que soit l’avis que l’on peut avoir sur la réforme, traduit une droitisation de plus en plus inquiétante des débats sur l’école. C’est vrai sur Internet, mais c’est aussi le cas dans une certaine presse et en librairie... C’est moins le média que la nature même de la rhétorique réactionnaire qui est ici en cause.

Depuis longtemps le point de non retour a été atteint et, à droite de la droite, on s’en frotte les mains… surtout que rien dans ces propos ne sert la cause des opposants sincères à la reforme...

Autorité, identité, marché...

La rentrée 2016 c’est d’abord un climat délétère où les polémiques sur le burkini ont passé le relais aux diatribes sur l’effondrement de l’école et son nécessaire redressement identitaire et autoritaire. Un climat que j’ai tenté de décrire dans une tribune sur le site du Nouvel Obs :« Autorité, identité, morale... Comment les "réacs-publicains" prennent d’assaut l’école »

La droite de la droite mène son combat sur le terrain des idées et vise l’hégémonie culturelle. Mais cela ne doit pas nous faire oublier, derrière les mots, les conséquences concrètes, sur le terrain, de ces discours.
Ainsi le site Huffington Post rapporte que lundi dernier « Deux femmes voilées [ont été] empêchées de rentrer dans une école de Bonifacio par deux parents d’élèves »
À Saint-Etienne c’est un tweet avec une liste d’élèves de CP "musulmans" qui circule avec le # Grand remplacement...

Intégristes, traditionalistes convertis à l’ultra-libéralisme du marché scolaire : rentrée au pas...

La première - et plus ancienne - famille de la nébuleuse réactionnaire, les catholiques traditionalistes, a célébré la 2ème rentrée de la "Puy-du-Fou Académie", l’école de de Villiers... Pour l’occasion, un petit billet sur ce blog retrace l’histoire et présente le fonctionnement et les finalités de cet établissement.


Espérance banlieues version Chouans…

Ce projet s’inscrit dans les « valeurs » du parc du Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon :
« Pour que l’enfant adhère au projet, il fallait lui proposer d’intégrer cette formation dès la maternelle, précise Nicolas de Villiers (fils de Philippe). C’est une garantie d’avoir un niveau homogène. Bien sûr, chaque élève est libre d’arrêter et de s’orienter à tout moment vers un enseignement scolaire classique. »

La Fondation pour l’école a aussi préparé son cartable et Anne Coffinier, sa présidente, occupe le devant de la scène, tout comme les écoles Espérance banlieues d’Eric Mestrallet.
Le Parisien magazine leur consacre un dossier au titre évocateur :"Éducation nationale, on peut faire sans !" En photo, Espérance Banlieues. On y retrouve, outre le lobby traditionnaliste ultra-libéral de la Fondation, la très médiatisée Céline Alvarez et Alexandre Jardin (dont le mouvement encense les écoles Espérance Banlieues).

Extraits :

« Nous avons déjà quatre écoles et quatre ouvrent en septembre », raconte Eric Mestrallet. Le président de la fondation Espérance banlieues veut créer 200 à 300 établissements d’ici quinze ans au cœur des cités sensibles pour lutter contre l’illettrisme et le décrochage scolaire. Le premier a été inauguré en 2012 à Montfermeil (Seine-Saint-Denis). Là, les enfants du Cours Alexandre-Dumas, en uniforme (un sweat-shirt à capuche), hissent le drapeau français, chantent La Marseillaise et consacrent la matinée aux matières fondamentales, enseignées avec rigueur et classicisme – lecture, grammaire, dictées… L’après-midi : activités culturelles et sportives, devoirs sur table ou étude surveillée,

La Fondation pour l’école, qui chapeaute Espérance banlieues et près de 800 autres structures, a annoncé 51 ouvertures en 2014, 67 l’an passé. Près de 25 % d’entre elles sont catholiques, 9 % juives, 3,5 % musulmanes et 3,4 % protestantes, le reste regroupe des écoles alternatives (Montessori, Steiner…), des « boîtes à bac » ou des établissements élitistes. Leur succès inquiète le ministère, qui veut les soumettre à un régime d’autorisation préalable (elles ont pour seule obligation de se déclarer). « Ce projet est liberticide, dénonce Anne Coffinier, présidente de la Fondation. En France, l’idée que l’éducation est l’apanage de l’Etat prévaut. Mais on a besoin de cette liberté scolaire pour innover. »

Convergences CAC 40 / écoles hors contrats

« Cette liberté a un coût. La scolarité d’un élève dans une école Espérance banlieues coûte 3 246 euros par an et par élève en primaire, contre 5 440 euros dans le public et 6 286 en Zone d’éducation prioritaire (ZEP). Les familles paient 750 euros. Le reste est financé par des entreprises : la fondation Bettencourt-Schueller, Thales, Bouygues, Axa… »

Dans son édition du le magazine Challenges du 7 juillet 2016 avait proposé 2 pleines pages sur le sujet, nous révélant que "Aujourd’hui, une bonne partie du CAC 40 verse son obole à ce nouveau mouvement (Les écoles Espérance Banlieues, NDLR) : Bouygues, Axa, Société générale, Fondation Bettencourt, Saint-Gobain, Vinci..."

Des sites nationalistes relaient des menaces de guerre scolaire...

Anne Coffinier menace d’une guerre scolaire contre les projets de contrôler davantage les écoles hors contrat. Son appel est relayé par les sites d’extrême droite, tels le Réveil français.

"Je compte donc sur vous, dit-elle, pour écrire personnellement dès aujourd’hui au Président de la République afin de lui demander de mettre un coup d’arrêt à ces réformes relatives aux écoles hors contrat, s’il ne veut pas prendre la responsabilité de rouvrir la guerre scolaire."

(source Le Mammouth déchaîné )

Partenariat ministère de l’Éducation nationale / Institut Montaigne / MEDEF

Mais l’offensive ne vient pas que tu privé, elle est aussi relayée par l’institution elle-même.
L’excellent site (Le Mammouth déchaîné) creuse cette affaire qui avait fait un peu de bruit au cœur de l’été.

C’est L’Humanité, dans son édition du mardi 9 Août 2016, qui avait révélé les faits : « La formation des enseignants confiée en douce au privé » : « Trente diplômés français de grandes écoles ont suivi la première université d’été de Teach for France en juillet. Contractuels pour deux ans, ils seront nommés dans les collèges REP de l’académie de Créteil. »

Le Mammouth déchaîné
rappelle que :

le siège social de Teach for France se trouve au 59, rue La Boétie, 75008 Paris, adresse qui est aussi celle de l’Institut Montaigne et que Laurent Bigorgne qui dirige l’Institut Montaigne est aussi vice président et trésorier de Teach For France ...

NVB et le gouvernement auront donc donné leur accord à ce partenariat à peine masqué avec le think tank libéral dont c’est un secret de Polichinelle qu’il est aussi idéologiquement très proche du MEDEF...

Ils vont en avoir, de la chance, les nouveaux vacataires-contractuels de l’Educ Nat, de pouvoir développer leur “leadership” tout en étant individuellement suivi et accompagné par un "leadership mentor, issu du monde de l’entreprise", comme indiqué sur cette page http://www.teachforfrance.org/programme/

Et déjà, les réseaux cathos de Coffinier se réclament de l’esprit "Teach for América"... « Dans l’esprit du réseau Teach for America, grâce à un financement des entreprises, permettre à des jeunes diplômés entrant sur le marché du travail d’effectuer 1 à 2 ans dans les écoles Espérance banlieues avant de rejoindre leur entreprise-sponsor. » (http://esperancebanlieues.org/fondation/7-propositions)

Et bien sûr SOS Éducation est enthousiaste et salue sur sa page facebook une excellente initiative. Pour rappel, l’association SOS Éducation s’est aussi essayée dans le passé à un "pré-recrutement" des enseignants, mais au niveau d’une ville seulement et avec beaucoup moins d’adresse... (Voir "Les bonnes manières de la ville d’Asnières pour SOS Éducation (et vice-versa) » publié sur Le Mammouth Déchaîné)

Teach for France et réseaux cathos : c’est pour sauver la patrie !

Spécialisé dans les questions d’éducation et entendant peser sur le prochain scrutin présidentiel, le think tank confessionnel conservateur "Vers le haut" (lancé le 10 novembre 2015 par un puissant réseau religieux gravitant autour des Apprentis d’Auteuil, du groupe de presse Bayard, et d’organisations de jeunesse) mène une active campagne de lobbying en faveur de Teach for France comme l’indiquent les propositions 13 et 14 de son rapport "Pas d’éducateur, pas d’éducation. Idées & actions pour attirer les talents au service de l’éducation".

http://verslehaut.strikingly.com/blog/le-rapport-pas-d-educateur-pas-d-education-idees-actions

Et pour le reste, c’est en gros le programme de la droite sarkozyiste qui est mis en avant (annualisation des horaires et renforcement de ceux-ci, "autonomie" des établissements scolaires avec des chefs au pouvoirs accrus, etc.).
Le vocabulaire est volontiers guerrier ("bataille de l’éducation", "soutien sans faille de l’arrière") et le site internet du think tank n’hésite pas à utiliser les peurs pour mieux faire passer son message d’un nécessaire et urgent sursaut national en matière éducative dans l’attente du "Grenelle" qui devra suivre les élections : les réformes proposées contre le "choc des incultures" s’imposent d’autant plus que "Face aux attaques terroristes, les réponses sécuritaires ne suffiront pas..." Hors les réformes proposées, point de salut ! (ça fait peur, non ?)

http://le-mammouth-dechaine.fr/

Deuxième partie de la revue de presse de rentrée d’ici quelques jours...

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