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Questions de classe(s)

Programmes École-Collège Après l’ordre et la morale, la blouse et la craie…

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Le 17 septembre dernier, alors que les personnels étaient mobilisés, la ministre communiquait sur les nouveaux programmes École-Collège et les "apprentissages fondamentaux" dont le retour à "la dictée quotidienne" en est le symbole. Qu’importe si celle-ci n’apparait aucunement dans les nouveaux programmes ou si l’autre "nouveauté" qu’est le calcul mental a été réintroduite depuis 2008...

Pour la CGT Éduc’action, le but de ces effets d’annonce est essentiellement de donner des gages aux courants les plus réactionnaires de l’opinion. Avec ces programmes, on assiste au retour de l’exercice de répétition comme seul gage de réussite et à un encadrement de la pédagogie par le ministère.
C’est dans cette même logique que les programmes d’Histoire (École-Collège), objets d’une vive polémique au printemps dernier, ont été réécrits et considérablement alourdis par le fait que les questions facultatives deviennent obligatoires. Le recadrage idéologique de cette version définitive des programmes, le retour à la construction d’un poussiéreux "roman national" satisferont ceux qui ont crié le plus fort.
Le Conseil Supérieur des Programmes (CSP), instance sensée être indépendante, n’a donc pas échappé aux fortes pressions politiques. Par ailleurs, pour positionner ces programmes dans le cadre de la réforme du collège, ceux-ci devront être mis en place simultanément sur tous les cycles (du CP à la 3ème), ce qui alourdira énormément la charge de travail des enseignant-es, sans qu’aucune formation sur le sujet ne soit prévue avant septembre 2016.

La CGT Éduc’action dénonce cette mise au pas du CSP et ces nouveaux programmes qui, indiscutablement, restent dans l’École du Socle dont nous ne voulons toujours pas. Elle dénonce surtout des programmes qui sont calqués sur une réforme du collège fabriquée à la va vite dont la seule volonté est de respecter le calendrier électoral. Une réforme, véritable usine à gaz, dont, quoiqu’en dise la ministre, les personnels ne veulent pas.

Communiqué CGT éducation, Montreuil, le 24 septembre 2015

1 Message

  • Une chose est certaine, c’est que la réforme actuelle des programmes, comme, de toute façon, toutes les réformes des gouvernements successifs depuis une quinzaine d’années maintenant, sont profondément et viscéralement réactionnaires.

    J’ai été prof d’histoire géo, formé, en mon temps, à des méthodes et à une conception relativement progressiste de l’enseignement de ces 2 matières, qui donnait une bonne part à la réactivité de l’élève, à sa réflexion, voire au développement de son esprit critique, même déjà au collège.

    Ceci dit, je n’ai jamais pensé que "du passé il fallait faire table rase" !..... L’humanité est imprégnée d’un phénomène affligeant, en tout cas dans la mentalité occidentale, qui s’est crue autorisée à partir à la conquête du monde entier, c’est celui de l’effet de mode : c’est nouveau, donc c’est génial, c’est forcément beaucoup mieux que les méthodes qui existaient avant, qui ne sont plus que "has been" et bonnes à mettre au musée,...ou même à bruler !...

    Dans l’enseignement comme ailleurs, on peut très bien garder tel ou tel élément antérieur qui a fait ses preuves. Ou le remettre en vigueur si, en regardant les choses en face, on s’aperçoit que sa suppression entraîne un vide regrettable.
    Je vais sûrement froisser un certain nombre de "novateurs" parmi nous, mais, dans l’enseignement, et même l’éducation en général, LA REPETITION A SA PLACE. Rien que sa place certes, pas comme dans le temps où elle prenait beaucoup trop la forme de rabâchage mécanique. Mais elle devrait garder une place dans les techniques d’apprentissage, même les plus progressistes et les plus humanistes !...

    Pour moi, il en va ainsi de la dictée. Ce qui est nul et non avenu dans les nouveaux programmes, c’est leur idéologie rétrograde plus que sous jacente. On sent dans ce rétablissement de la dictée l’envie du retour pseudo nostalgique à la IIIè République (et, à la clé, au départ en apprentissage à 14 ans maximum pour la majorité des élèves des couches populaires !....)
    Mais la réintroduction de vraies séances de grammaire et d’orthographe dans un tout autre esprit que ça ne serait, pour moi, absolument pas un mal en soi.
    Il y a plus de 30 ans , je pouvais déjà constater que les gens nés vers 1930 qui n’avaient pas dépassé le certificat d’étude étaient nettement meilleurs en français que mes élèves de 3ème qui passaient le brevet. Du moins ceux qui étaient allés régulièrement à l’école, évidemment., sans être pour autant des intellectuels, il s’en fallait de beaucoup.

    La bonne évolution, ce n’est pas celle qui crache par principe sur le passé, mais celle qui sait en intégrer dans la nouveauté ambiante ce qu’il offrait de bon, et qui reste valable. Le tout est de discerner.
    Ah !...Le discernement !!!...... Quand j’exerçais, j’ai toujours pensé que j’étais en partie payé pour ça.
    Le "Mais Mr Wollff, vous êtes fonctionnaire" lancé d’un ton catégorique par l’inspecteur à qui je faisais une objection sur sa conception de ce que je devais faire ou ne pas faire en classe, a commencé, ce jour là, à me faire penser que j’étais peut être entré à l’Education Nationale, 27 ans auparavant, sur la base d’un très profond malentendu !...

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