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Questions de classe(s)

N’autre école : « Autre » et « à nous ». Oui mais !

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De quelque bord provienne cette aspiration à changer l’école, elle lie l’école à une autre vision de l’humain et de la société. Épanouissement, développement de toutes les potentialités, créativité, respect des personnes, coopération, égalité des chances, etc. La révolution sociale n’est pas forcément la perspective de tous, mais tous ressentent qu’une autre école influera nécessairement sur au moins les comportements sociétaux et tous conviennent que l’école actuelle conforte si ce n’est induit la société inégalitaire et destructrice dans laquelle nous sommes.

OUI MAIS !

Oui mais, changer l’école c’est changer tout le système dit éducatif, si tant est que l’on ait encore besoin d’un « système éducatif ». [1]Dès l’instant où l’on conserve des expressions comme « échec scolaire », « enfants en difficulté », « réseaux d’aide », « programmes », « contenus », « diplômes », « évaluations », « niveaux »… on reste dans le même paradigme. Le système est bien plus fort que l’école et ses enseignants.

Oui mais, changer le système éducatif, c’est changer sa finalité : s’il s’agit que « aucun enfant ne sorte du système sans qualification » comme il est répété aujourd’hui, alors rien ne changera, quoi qu’on fasse.

Oui mais, changer le système, c’est changer la position de tout le monde dans ce système, bouleverser beaucoup de pouvoirs, de situations confortables, de prés carrés… et évidemment de croyances.

Oui mais, même pour les plus révolutionnaires, il restera encore longtemps l’idée qu’à l’école il faut bien que tous les enfants « apprennent », qu’elle est d’abord faite pour cela. Tant qu’on ne reconsidérera pas les conditions dans lesquelles s’enclenchent et se développent différemment tous les processus de constructions cognitives, tant que subsistera, même vaguement, l’idée de transmission de ce qui doit être transmis ou appris de par la grâce ou le savoir d’enseignants, le système éducatif et la chaîne industrielle qui le constitue ne changeront pas, parce qu’ils sont faits pour cela.

Avec les meilleures intentions du monde, même avec les plus révolutionnaires du monde [2], l’école ne changera pas si on ne remonte pas à la cause des causes : comment se construisent (s’auto-construisent) les personnes et par voie de conséquence et rétroaction les groupes sociaux.

Je sais bien qu’il n’y a pas qu’une cause aux causes, mais en s’attachant à celle-ci, c’est tout l’édifice qu’on peut reconstruire autrement avec toutes les conséquences sociétales induites. C’est bien pour cela que tous les tenants et bénéficiaires de l’ordre politique, social, et économique se gardent bien de l’évoquer.

4 Messages

  • N’autre école : « Autre » et « à nous ». Oui mais ! 22 février 2015 12:08, par Bernard Collot

    Les deux renvois qui ont sauté :
    (1) On peut admettre que l’on ait encore besoin d’un système éducatif… au moins provisoirement. C’est plus facile à concevoir si l’on compare par exemple aux systèmes agricoles : l’agriculture biologique avec une autre finalité que l’agriculture industrielle (profits pour cette dernière) requiert de pouvoir s’inscrire dans un système global radicalement différent induisant lui-même d’autres organisations territoriales (petites structures, polyculture…), d’autres comportements et rapports sociaux… Le système agricole actuel, soit rend difficiles les pratiques bio, soit les vide de leur essence en les intégrant dans le système de l’économie de marché. Changer les fermes comme changer les écoles demande à changer les systèmes.

    (2) Le système éducatif communiste était à peu près identique au système éducatif capitaliste.

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  • N’autre école : « Autre » et « à nous ». Oui mais ! 22 février 2015 15:06, par Astride Bandel

    Bonjour,

    Bon alors, c’est pas tout ça , mais va falloir retourner tirer la bricole avec les 35 élèves . Vos réflexions , actions, que je viens de consulter , lire en ce dimanche de rentrée , me mettent en action et en recul dans le boulot qui est le mien depuis presque 30 ans et qui m’étouffe plus souvent que nécessaire. Merci pour l’oxygène (je crois que j’aurais besoin de lieux, de complices et encore et toujours d’idées) .
    Astride

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  • n’autre école : "autre" et "à nous". 27 février 2015 15:48, par LASZLO Véronick

    Bonjour,
    Oui et mille fois OUI à l’article de BC. Comment se fait-il qu’il y ait des "créateurs d’idées" et que les décideurs n’y aient pas pensé ? Trop impliqués, trop absorbés à conserver leurs privilèges ? dans un système éducatif qui apprend aux élèves les fondements de la république (liberté", égalité -mais pas pour tous-, fraternité) !
    Avant de recourir à la révolution du système , il y a peut-être des aménagements à faire pour le "confort" de tous, à savoir : UN SYSTEME de CYCLE et NON de CLASSE d’ÂGE et DE NIVEAUX.
    Aucun élève n’est nul partout, il y a toujours des leviers positifs à activer pour améliorer les points faibles. Tout le monde a une place à trouver dans notre société et ce n’est surement pas dans l’identification à l’autre ni au soit disant "élève dans la norme" mais dans la persévérance à aider chacun à s’épanouir et à lui donner ce dont il a besoin.
    Mes besoins ne sont pas les vôtres (et heureusement !) il en va de même pour les élèves.
    POUR UNE ECOLE DE L’EQUITE et non de l’égalité.

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  • N’autre école : « Autre » et « à nous ». Oui mais ! 27 février 2015 16:01, par LASZLO Véronick

    Une école par cycle : est-ce possible ? OUI , nous avons les enseignants, les savoirs et les structures. il suffit de revoir le fonctionnement.
    Comment ? Des matières et des niveaux à acquérir en maternelle et CP, puis en primaire, puis au collège et au lycée. A CHACUN SON RYTHME (respect de l’élève) des niveaux homogènes (donc on peut aider les élèves en appliquant une pédagogie différenciée selon le groupe), des élèves qui progressent (estime de soi) .... et des enseignants capables d’accomplir leurs missions. Un travail de mutualisation (générateur d’idées), une reconnaissance de l’institution (estime de soi et envie de faire toujours mieux), des parcours croisés (fin du clivage par matière), une formation continue (pour se sentir soutenu) ....
    Il y a encore des choses à faire mais RIEN N’EST IMPOSSIBLE, ce qu’il MANQUE à l’INSTITUTION C’EST L’ENVIE !

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