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Questions de classe(s)

Édito de l’Emancipation syndicale et pédagogique, n°3 nov. 2017

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Anniversaires

Macron veut fêter les 50 ans de Mai 68. Il espère (re)trouver un peu de crédibilité en instrumentalisant ce symbole. Mais il n’a pas plus de légitimité pour cela que pour le reste. Le seul anniversaire qu’il peut revendiquer est celui de ses six mois de casse sociale.
Six mois d’ordonnances, de milliards pour une poignée d’hyper-riches, au détriment des innombrables qui n’arrivent déjà pas à boucler les fins de mois ; au détriment aussi du “superflu” de la sécu et de l’hôpital, où les personnels comme les patientEs n’en peuvent déjà plus. Six mois de renforcement des inégalités à l’école et à l’université... Six mois à manipuler les indemnités chômage et les cotisations sociales pour en finir avec le programme social du Conseil National de la Résistance, comme l’exige le patronat depuis 70 ans.
Six mois de répression, d’état d’urgence et de lois scélérates livrant la jeunesse, les opposantEs, et migrantEs, “nouvelles classes dangereuses”, à l’arbitraire des flics, des juges et des matons… D’ailleurs Macron n’a, il l’affirme lui-même, “aucune leçon sur les droits de l’Homme à donner” au dictateur égyptien Sissi.
Six mois d’une véritable guerre de classe digne de Reagan et Thatcher, dont même la droite n’aurait jamais osé rêver… Et six mois aussi d’incapacité de celles et ceux qui revendiquent l’héritage des grandes luttes ouvrières à en défendre efficacement les acquis.
Les politiques de “gauche” ont tous les éléments sur la violence de cette guerre de classe mais se bornent, au lieu d’alerter et de mobiliser sur la gravité de la situation, à valoriser leurs dérisoires passes d’arme parlementaires, qui reviennent surtout à légitimer la politique inique de Macron. Et ils et elles désertent les terrains de résistance à la casse sociale (syndicaux, associatifs, locaux…). Ils et elles en oublient même le centième anniversaire de la révolution d’octobre 1917, qu’ils abandonnent aux détracteurs du “coup d’état bolchevik”…
Les directions syndicales ne se donnent pas non plus les moyens de stopper Macron, comme en a piteusement attesté l’interpro. nationale du 9/10, qui n’a été capable de répondre aux exigences de grèves dures unitaires que par un appel de la seule CGT (puis Solidaires) pour le 19/10. Pourtant les responsables des syndicats ont connaissance de l’entière stratégie du pouvoir pour venir à bout des conquêtes sociales. À commencer par l’attaque en règle contre le syndicalisme de lutte annoncée dès la campagne électorale et concrétisée par l’affaiblissement programmé des syndicats dans les petites entreprises, les prudhommes et les organismes de gestion des fonds sociaux, par la perte importante d’heures de délégation… Et surtout par la machiavélique association des syndicats aux attaques gouvernementales, dans un dialogue social où il n’y a rien à dialoguer, mais qui fait croire à un aval des syndicats en leur faisant perdre la confiance des travailleurs et travailleuses. Et pourtant les directions syndicales continuent de cautionner ces concertations/oukases et prétendent y limiter la casse, privilégiant d’hypothétiques gains aux élections professionnelles et les moyens d’État qui en découlent, à la construction d’une riposte unitaire à la hauteur. Elles en ont oublié de fêter dignement, le 13 octobre, les 111 ans de la charte d’Amiens dont la plupart se revendiquent, mais dont peu s’inspirent des principes d’indépendance et d’actions de rupture.
Le 16 novembre, public/privé et unitaire, peut encore permette d’inverser la tendance s’il s’accompagne d’un appel à la grève reconductible et au blocage du pays… Et si nous veillons à ce que le rappel des anniversaires de la charte d’Amiens, d’octobre 17, du programme du CNR, de 68 et bien d’autres encore : novembre-décembre 95, le CPE… contribuent à l’autonomie des luttes contrôlée démocratiquement.

Olivier Vinay, le 27 octobre 2017

1 Message

  • J’apprends là quelque chose. Macron veut fêter les 50 ans de mai 68 ??!!! A ce niveau là, c’est quoi le mot ou les termes qui conviennent : aveuglement ? foutage de gueule ? mépris ? Je crois qu’on est au delà des mots. Je n’ose employer des termes du domaine de la psychiatrie : clivage ? de la psychanalyse : jouissance ? Quand aux associations syndicales, il y a un vieux terme qui me revient, une belle couleur d’ailleurs : jaune

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