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Réchauffement climatique : comment s’habiller au lycée ?

Voici ci-dessous le texte d’une lettre ouvert adressée par des lycéennes au proviseur de leur lycée. Le collectif Questions de classe a décidé de le publier pour la pertinence des propos, mais aussi parce que nous nous sentons en tant qu’enseignant-e-s entièrement solidaires de ces lycéennes. La mission des adultes dans un établissement est-elle de (...)

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4 Messages

  • Réchauffement climatique : comment s’habiller au lycée ? 22 septembre 06:43, par prof femme en collège

    Bonjour
    le corps de chacun lui appartient.

    Les enseignants, dont certains sont pourtant sans complexes, ou craignent le chaud, viennent rarement au collège ou au lycée en débardeur à bretelles spaghetti ou en bermuda....
    Il est bon, à un moment ou à un autre de la vie, d’apprendre à différencier la tenue pour travailler de la tenue de plage. Pas parce que la tenue de certaines demoiselles déconcentrerait des mâles en rut, pas parce que la tenue des mâles perturberait la pudeur de demoiselles, mais parce qu’on ne va pas au travail comme on est au camping, c’est peut être malheureux, mais sans être extrémiste, cela fait partie des conventions de notre société, ici et maintenant.

    Attention aussi, sexualiser le corps d’une enfant est malsain. Mais au lycée la plupart des jeunes gens ont atteint l’âge de la majorité sexuelle. Vouloir avoir le droit de coucher (ne nous leurrons pas...) et en même temps vouloir considérer un corps d’adulte comme non sexualisable alors qu’on le dévoile, c’est un peu antinomique. Nous sommes des êtres sexués. Qui normalement savons réfréner nos pulsions, ne pas les avoir dans le monde du travail.

    Mais pour autant, a-t-on moins chaud en débardeur spaghetti échancré jusqu’aux mamelons qu’en débardeur à bretelles larges échancré jusqu’à la naissance des seins ?
    Difficile de prendre partie, pour la direction ou pour les élèves, sans avoir vu la tenue qu’elles portaient.

    Toujours est-il qu’à titre personnel, en tant qu’enseignante, je continuerai à demander aux garçons qui portent leurs pantalons tellement bas qu’on voit la moitié de leurs sous-vêtement de le remonter (parce que la vue de leurs sous-vêtement doit rester du domaine du privé, et que je ne suis pas dans leur vie privée), et aux filles qui viennent en jean déchiré ou en jupe aussi courte que des ceintures comment elle réagiraient si je faisais pareil. Bizarrement, le lendemain, les jupes sont toujours là, mais plus longues....
    Comme quoi, sans que ce soit une question de sexualiser l’attitude ou la vesture, c’est peut être seulement une question d’adaptation de la personne à son milieu, à son lieu de travail... Quelque soit le sexe de la personne qui fait la remarque, quelque soit le sexe de la personne à qui on fait la remarque (ce n’est pas normal si ce n’est qu’aux filles/femmes qu’il est demandé une tenue couvrante....)

    Sinon, moi la prochaine fois que je dois faire cours dans une salle où il fait 35, je viens en maillot de bain.

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    • De quel droit ?
      De quel droit qui que ce soit a le droit de dire à quelqu’un-e comment s’habiller ?
      Juste du droit de la-du dominant-e sur la-le dominé-e.
      Et le lien avec le monde du travail où le rapport de domination est institutionnalisé le montre bien.
      En tant qu’enseignant, je n’ai aucun droit sur mes élèves de par le principe constitutionnel d’égalité.
      Le rapport de domination des enseignante-s et adultes sur les élèves, quels que soient leurs âges doit être combattu comme tous les autres, même s’il est clair qu’il est tellement ancré en nous que c’est un long et parfois dur travail...

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  • Bonjour,
    je ne suis pas enseignant, mais je suis ravie que l’enseignante ci-dessus considère de son devoir d’éduquer nos enfants.
    Le "droit du dominant sur le dominé" serait invocable (et révulsant !) si le lycée exercait des pressions accrues ou obligeait les élèves à porter telle ou telle tenue. Ici, cela me semble relever du conseil, très avisé, qu’il vaut toujours mieux considérer les autres et pas seulement sa propre petite personne. Ne serait-ce que cette démarche de réflexion personnelle, d’empathie (que pourraient-ils penser ?) est utile. Peu importe la réponse qu’on lui donne !

    Il peut y avoir des jours où on choisit ses vêtements par provocation, mais de grâce ne rentrons pas dans un manichéisme imbécile (les enseignants, mâles malsains, suppôts du grand Capital néo-libéral ?...) alors qu’il n’est que question d’éducation et d’apprentissage de la vie en société.

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  • Réchauffement climatique : comment s’habiller au lycée ? 28 septembre 07:29, par Françoise Clerc

    Il est curieux de constater à quel point la question du vêtement à l’école provoque un emballement de l’opinion. Bravo Monsieur Blanquer : vous avez réussi à faire oublier l’essentiel : la rentrée et ses couacs.

    Puisque la question est posée, j’aimerais faire toutefois deux remarques :
    1. La manière de se vêtir est le résultat d’un ensemble de déterminations complexes dont une personne donnée n’a pas toujours ni la claire conscience ni la maîtrise. Parmi ces déterminations, le niveau de revenu consacré à s’habiller, la mode et l’état général des pratiques (pourquoi les publicités déshabillées sont-elles plus légitimes que les lycéennes ?), les représentations de genre etc. Trancher et imposer, c’est manquer à un devoir de l’éducateur : aider un enfant ou un adolescent à prendre conscience de ce qui l’anime et à faire des choix. Les lycéennes qui ont écrit le texte ci-dessus ont manifestement commencé à faire ce chemin. Ont-elles été aidées par leurs éducateurs ?

    2. La liberté de choisir son vêtement est une conquête en partie liée au niveau de vie moyen dans nos sociétés et à l’esprit de la laïcité (le vrai, celui de 1905). Vouloir la limiter c’est vouloir s’opposer au vent et confirmer dans l’esprit des adolescents que l’école est un lieu ringard où on subit ce qu’on ne peut empêcher. Mais sorti de là on peut faire ce qu’on veut. Un principe éducatif est d’aider à assumer ses choix. En d’autres termes, c’est apprendre que se vêtir est une façon de donner une image de soi. Cette image n’étant pas sans conséquences, il faut apprendre à la maîtriser autant que possible et à réfléchir aux effets sur les autres, c’est-à-dire à assumer. Ce que Monsieur Blanquer et les hommes-pingouins qui nous gouvernent savent bien : un costume et une cravate, ça force le respect. Mais je crois que la panique sur le vêtement des filles est le signe que le rôle du vêtement dans les rapports de classe est en train de s’émousser. Déjà, si vous allez au concert dans une petite ville de province, les notables ne viennent plus en tenue du soir. Il faut s’y résigner, les codes vestimentaires changent et les représentations de la bienséance aussi. Pourquoi pas ? C’est un sujet éminemment éducatif à mettre sur la table avec les adolescents.

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