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Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s

Dans un précédent article, j’analysais les ressorts idéologiques et politiques qui conduisent aujourd’hui à une création exponentielle d’écoles privées hors contrat. J’écrivais « L’attrait actuel pour les neurosciences, dû à leur popularisation hors du domaine scientifique, donne un aspect pseudo-scientifique à cette volonté de laisser se développer les (...)

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8 Messages

  • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 25 octobre 2017 09:07, par Alain Beitone

    Bravo pour cet article salutaire Alain !!!!

    Je diffuse largement le lien

    Amitiés fraternelles

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  • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 25 octobre 2017 09:17, par marti

    Vous pensez certainement que les neurosciences sont un savoir qui peut éclairer un peu, au moins un tout petit peu, les fonctionnements mentaux et donc la pédagogie.
    Pour être tout à fait convaincant dans votre critique, o combien justifiée, des limites et des détournements de ces savoirs, je crois qu’il serait utile que vous disiez ce que vous pouvez en retenir et en conclure.
    Il y a par exemple une partie de l’aire de reconnaissance visuelle des formes (le gyrus fusiforme) qui se développe lors de l’apprentissage de la lecture, qui s’active lors de la reconnaissance abstraite (a=A, etc.) d’une lettre, d’un digramme au moins.
    Dehaene dit qu’il faut que cette spécialisation d’une aire se développe.
    Qu’en déduisez-vous et quelles interprétations refusez-vous ?

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    • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 26 octobre 2017 10:06, par Alain Chevarin

      Bonjour,
      Merci pour votre question, mais comme je ne suis pas un neuroscientifique, je me contenterai de quelques éléments sommaires de réponse.

      Sur le fond tout d’abord, d’une manière générale, je pense des neurosciences ce qu’en dit par exemple quelqu’un de moins médiatique que Dehaene (mais pas forcément moins compétent…), Marc Crommelinck, professeur émérite de neurosciences à l’université de Louvain, que j’ai croisé la semaine dernière dans un colloque : «  l’explication ne peut jamais entrer dans un seul modèle […] Plus précisément, en neurosciences cognitives, d’une manière générale, l’explication ne peut pas se réduire aux termes, aux modèles de la biophysique et de la biochimie  ».

      Pour ce qui est de la pédagogie, ce que je rejette est le réductionnisme qui consiste à laisser croire que le constat que la reconnaissance des lettres active l’aire cérébrale de la lecture (la VWFA, située dans le gyrus fusiforme) permet à lui seul d’imposer une pratique (démarrer l’apprentissage de la lecture par la méthode syllabique) au professeur dans sa classe.

      « Dehaene dit qu’il faut que cette spécialisation d’une aire se développe  ». Oui, probablement. Mais les travaux des neuroscientifiques, et de Dehaene lui-même, ont mis en évidence que plusieurs aires intervenaient simultanément dans la lecture. Comment et quand va-t-on permettre ces spécialisations ? En permettant d’abord uniquement la spécialisation de l’aire de reconnaissance visuelle des lettres (en ne montrant donc que des lettres) et en remettant à plus tard tous les autres aspects de la lecture (méthode syllabique pure) ? Ou bien en permettant le développement de plusieurs spécialisations (la reconnaissance des lettres, celle des mots, celle du sens de lecture, celle du sens de ce qu’on lit, …) simultanément ou alternativement (méthodes intégratives) ? Je ne suis pas sûr que la réponse appartienne à la science …

      Ou, pour dire les choses autrement, j’appliquerais volontiers à la pédagogie le propos de Lionel Naccache (qui a précisément travaillé avec Dehaene et Cohen sur l’aire cérébrale de la lecture), auquel on demandait si les neurosciences allaient pouvoir fournir une clé des phénomènes religieux : « Peut-être, mais à condition de ne pas réduire la foi aux systèmes cérébraux  ».

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  • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 26 octobre 2017 07:05, par Berger Cécile

    Merci pour cet article qui me permet de poursuivre ma réflexion après les conférences de l’Université d’automne du SNUipp ces 20,21 et 22 octobre 2017 à Port Leucate. Je pense diffuser largement à mes collègues...

    Voir en ligne : Université d’automne du SNUipp

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  • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 31 octobre 2017 08:31, par Eliane SIMON

    Je ne suis qu’un simple parent et ne dispose que de très faibles connaissances dans les domaines dont vous parlez.
    Je suis toutefois choquée du mépris affiché vis à vis de la notion de bienveillance.
    Fan de l’école publique, j’ai pu à de nombreuses reprises constater les dégâts qu’induit l’absence de cette qualité sur les enfants de l’école au lycée. Je préfèrerais moins de connaissances théoriques et plus de bienveillance ce qui ne s’apprend pas à l’université.
    Je remercie par ailleurs le système éducatif français de m’avoir permis de faire des études jusqu’à bac+6 et de travailler dans un domaine qui me plaît.

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    • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 31 octobre 2017 20:47, par Alain Chevarin

      Bonjour,
      je ne sais pas où vous avez pu voir dans cet article du mépris pour la notion de bienveillance. Je vous assure que je ne prône pas une école malveillante, ni même indifférente… Mais je suis opposé à l’utilisation de cette notion pour promouvoir des conceptions de l’éducation innéistes ou religieuses ou sectaires, et à sa récupération par des idéologues pour dénigrer l’école publique.

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  • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 10 novembre 2017 16:34, par neppo

    Je crois que le débat est loin d’être franco/français et est porté par un vrai projet politique de renaturalisation des trajectoires scolaires (bien que le discours se veut toujours humble et fédérateur). Conférence internationale OCDE/CERI
    « Apprendre au XXIe siècle : recherche, innovation et politiques »Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage Nouveaux éclairages sur l’apprentissage apportés par les sciences cognitives et la recherche sur le cerveau

    je cite la conclusion :

    "La neuroscience de l’éducation peut participer à la création d’une véritable science de l’apprentissage."

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  • Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s 15 janvier 14:06, par jymas

    ouf cela fait du bien de vous lire. En effet les racines de l’innéisme sont multiples en éducation , et avant les neuro-science , de nombreux pédagogues , et non des moindres au sein de l’Education Nouvelle, sont tombés dans l’idéologie innéiste . Rappelons aussi que de nombreuses pédagogies alternatives ( et de nombreux parents cultivés) tombent dans ce piège . tous les enfants ont envie de savoir ... et c’est l’école qui les dégoute du savoir ...certes l’école a bien des défauts, mais affirmer de façon péremptoire que tous les enfants ont une capacité naturelle et un désir d’apprendre est très discutable...au plaisir de lire la suite

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