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A propos de la méthode non directive

A propos de la méthode non directive I - Remarques cursives suite au texte de Laurebnt Ott (auquel j’adhère globalement) La “non directivité“ constitue une tarte à la crème. La plupart de ceux qui en parlent (et notamment ceux qui la fustigent) seraient incapables de la définir, d’expliciter ses origines, de situer le contexte d’apparition de cette (...)

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1 Message

  • A propos de la méthode non directive 7 décembre 2014 19:25, par Jean Agnès

    Il y aurait sur de telles questions quelques prétextes à recherche approfondie. Et répétons-le, à actualisation.

    En attendant quelque initiative aujourd’hui utopique en ce sens, voici quelques points auxquels m’a fait penser ce message.

    Non directivité : ce qui nous rajeunit.

    Nous étions quelques-uns (tant que cela ?) dans les années 70 à nous réclamer d’un courant "non directif" soucieux non pas d’organisation renforcée mais de libération de l’activité. Nous avons pu aussi appeler cela "pédagogie du silence" (mais l’expression est utilisée dans des sens divers…). Le maître s’efface au profit du travail réel de l’élève. Ce n’est pas lui qui travaille, ni lui qui parle. Nos "brillants causeurs" en seraient bien inspirés !

    Comme pour d’autres pratiques simplement efficaces, donc bien mal vues de notre employeur, qui s’est toujours ingénié à les casser, nous pensions surtout à nous affranchir du traditionalisme pédagogique. Nous étions encore loin des principes d’une "pédagogie muable" (Agnès 2005) que nécessiterait aujourd’hui le changement de paradigme.

    Pour autant, comme tout ce qui dans les "pédagogies nouvelles" relève de la méthode sans qu’elle soit nécessairement orientée à un horizon d’engagement politique, nous restions à ce niveau – même très actifs par ailleurs dans l’action critique et la volonté "sociale"- dans le domaine de l’efficacité. On peut y trouver en effet la possibilité d’une promotion plus égalitaire. Mais d’autres philosophes de l’éducation ont bien souligné bien avant nous que si l’on en reste à telle notion liée au rendement, "l’éducation nouvelle", elle-même d’ailleurs disparate, pouvait très bien servir des intérêts contraires – et les pires - à ceux de la visée émancipatrice.

    Il faut à ce propos souligner la tendance actuelle à convoquer l’héritage de l’éducation nouvelle dans la perspective d’un aggiornamento de l’école conforme à l’idéologie postlibérale. (Année de la recherche en sciences de l’éducation
    Sallaberry et al., 2013)

    Ce n’est pas nouveau, comme on l’a vu avec l’arraisonnement systématique de Freinet notamment, mais c’est un pas de plus dans l’avancée d’un monde syncrétique, sans alternative.

    P.S. Rogers : un important travail rogérien a été mené ces dernières années par Jean-Daniel Rohart ("réenchanter l’école". Voir : Renouveler l’éducation, 2013 - ), avec le mérite de placer la question méthodique sur une ligne de sens.

    Il me paraît, toujours aujourd’hui, difficile de dissocier philosophie de l’éducation et "action pédagogique".

    JA

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