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Questions de classe(s)

Et la liberté pédagogique ?

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Le 5 juillet, après plusieurs jours de discussion, Jean-Yves Bessol, Dasen du Nord a rassuré l’équipe enseignante de l’école Freinet de Mons en Baroeul. Même si les postes à profils sont déprofilés dans le département, il a rédigé une fiche d’identité spécifique pour les professeurs qui demandent l’école, ils doivent partager l’ambition de l’école et être plus ou moins formé à la pédagogie Freinet. Mais l’école Freinet perd quand ses garanties réglementaires.

Si les postes à profils se « déprofilisent », les enseignants qui souhaitent se réunir pour pratiquer la pédagogie Freinet dans une école publique auront de plus en plus de difficultés. La pédagogie Freinet étant peu compatible avec les projets éducatifs du ministre, les alliés institutionnels seront de plus en plus rares. Abandonner ou créer une école privée ? Quand on est défenseur de l’école publique, un choix difficile...
Quant aux enseignants seuls – ou presque – dans une école publique, que restera-t-il de leur liberté pédagogique ? Surtout ceux des classes de CP et de CE1 qui sont les premières visées pour imposer des méthodes testées en laboratoire par les neuro-scientifiques ou neuro-cognitifs. Pour y enseigner, soit il faudra être convaincu par elles, soit il faudra ruser... (http://www.catchabrun.com/2018/05/manuels-de-lecture-syllabique.html)
Les derniers « ajustements » de programme prennent déjà en compte la « conscience phonologique » et la « pédagogie » de la répétition, de la mémorisation, de l’automatisation, des réflexes, des mécanismes... et ceci dès la maternelle ! Des évaluations suivront pour constater les progrès des élèves... et des professeurs qui recevront une prime au mérite pour avoir bien appliqué les préconisations.
D’ailleurs ces programmes « clarifiés » se révèlent aussi de véritables guides avec progressions et situations pédagogiques par cycles qui seront complétées bientôt par des « repères annuels ».
Le ministre joue sur du velours !
Du côté des enseignants : facile d’être suivi avec des profs peu ou pas formés !
Du côté des parents : fantasme nostalgique de ce qu’ils ont connu à l’école
Du côté de l’opinion publique : réalisme pratique du ministre qui retourne aux fondamentaux, à la discipline...
Avec un objectif idéologique : une école publique où l’enseignant devient un exécutant qui forme des exécutants. 
On est loin de l’enseignant-chercheur et de l’enfant-chercheur qui ensemble lient et relient leurs découvertes et leurs connaissances. La classe n’est plus un espace humain coopératif, mais un espace où se juxtaposent des élèves dirigés par un enseignant qui suit une partition sans se permettre une seule note créative !
Alors les pédagogies qui forment des citoyens acteurs et auteurs, doivent sortir de l’école publique  !
Le libéralisme actuel qui se dit « bienveillant » permettra aux parents nantis (culturellement et financièrement) de choisir leurs écoles et d’offrir ce qu’ils pensent être le meilleur pour leurs descendants. Certains d’entre eux d’ailleurs pensent que la pédagogie Freinet permet à leurs enfants d’acquérir les compétences humaines nécessaires à leur réussite professionnelle, sociale : autonomie, création, coopération (mais entre soi), étude de l’environnement... Ils choisiront alors les écoles privées qui la prônent même si elle est mélangée avec Montessori, un cocktail qui pour eux allie le développement individuel et collectif...

Cette différence de l’exercice de la liberté pédagogique entre public et privé séparera encore davantage deux enfances, puis deux jeunesses... pour deux sociétés juxtaposées que ce soit dans les logements, les transports, les hôpitaux, les magasins, les vacances et bien sûr les écoles. C’est en cours, on le constate déjà... peu de croisements.

A quand l’interdiction des classes à double niveaux, de cycle avec de plus en plus de fermetures de classes pour rassembler les enfants dans des écoles sur des niveaux uniques ?
L’école caserne pour les uns, l’école émancipatrice pour les autres ?
Le peu d’Éducation nouvelle présent dans l’école publique va-t-il disparaître alors qu’il y avait encore tant à y ajouter ?
L’Éducation nouvelle ne pourra-t-elle jamais profiter à tous les enfants ?
Que va devenir l’éducation populaire ?
Beaucoup d’inquiétudes...

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