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Questions de classe(s)

Les premiers chiffres de PARCOURSUP : une génération sacrifiée ?

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Les faits sont là, plus de 400 000 étudiants sont laissés dans l’expectative quant à leur orientation post BAC. En dépit des effets d’annonces et du prétexte d’une meilleure efficacité, l’algorithme laisse bien au 1er tour plus de 29 000 étudiants sans affectation (quand APB n’en "lésait que 10 000" ). Cet argument tombe au profit du tri opacifié des facs selectives...
Le gouvernement confirme qu’il n’investira pas dans l’éducation des générations à venir. Non seulement il ne change rien au système universitaire qu’il a rendu, avec des coupes financières systématiques, incapable de répondre au défit démographiques, mais encore, il en accentue ses effets inégalitaires et son élitisme "vielle France". En Seine Saint-Denis, entre 60% et 80% des élèves sont sans réponse favorable (donc en attente ou refusés) selon les établissements. C’est une illustration claire de la sélection sociale opérée par les universités grâce à la Loi ORE. Pour les élèves de banlieue, pour les étudiants défavorisés issus de la classe ouvrière c’est l’assignation à résidence et les études et les formations de second choix...

Le communiqué de la CNT-SO éducation et recherche, appelle les élèves, les parents d’élèves, les personnels et les enseignants de l’enseignement supérieur a se mobiliser contre le dispositif PARCOUSUP et contre la loi ORE (d’après le tract du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier - S.C.U.M. -CNT-SO (syndicat.scum chez live.fr).

Téléchargez le tract :

PDF - 177.3 ko

Mardi 22 mai, les premiers chiffres du logiciel « Parcoursup » sont tombés. Frédérique Vidal annonce dans les médias que 400 000 candidats à l’entrée à l’université sont sans réponse favorable, dont 29000 avec uniquement des refus. Pourtant, le 7 janvier, la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, avait annoncé sur twitter que « l’université va dire oui à tout le monde, tous les étudiants seront inscrits dans la formation de leur choix mais elle va adapter les parcours ».

Ces chiffres effrayants masquent une mécanique encore plus implacable : les vœux de chaque lycéen n’étant plus classés, de nombreux sont acceptés dans des cursus et des établissements qui n’ont pas leurs préférence. Ainsi, aux 400 000 lycéens laissés dans l’incertitude, combien de milliers, voire de centaines de milliers, sont d’ores et déjà poussés vers une voie de garage ?

Près d’un mois après l’annonce du « Plan étudiants » qui allait donner naissance à la Loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants)-, le gouvernement annonçait, le 22 novembre 2017, la transformation du logiciel d’inscription à l’université « Admission Post Bac » (APB) en « Parcoursup ». Derrière le changement de nom et d’ergonomie, c’est tout un renversement de paradigme qui s’est alors opéré pour l’accès à l’enseignement supérieur. Désormais, ce ne sont plus les étudiants qui ont la maîtrise de leur orientation, mais ce sont les universités qui « recrutent » leurs futurs étudiants. Avec la mise en place des critères de sélection extrêmement drastiques et socialement marqués, de nombreuses universités ont compris l’utilisation élitiste qui pouvait être faite de « Parcoursup ».

Ainsi, alors que l’an dernier, au début du premier tour d’APB, 140 000 candidats n’avaient eu aucune proposition, ils sont désormais 400 000, auxquels il faut rajouter ceux ayant eu une réponse favorable d’une filière pas forcement souhaitée. Les professeurs de lycées vont-ils devoir se muer en psychologues scolaires afin d’accompagner le découragement voire le désespoir des milliers de jeunes, qui se sont vus annoncer sur une plateforme web qu’à trois semaines du Bac, leur avenir est sur liste d’attente ?

Des centaines de milliers de jeunes se retrouvent dans l’incertitude et potentiellement exclus de l’accès à des études supérieures.

Aux côtés des lycéens et des étudiants, la CNT-SO et ses structures de l’Éducation et de la Recherche continueront à se battre contre le sacrifice d’une génération entière sur l’autel de l’élitisme. Face au gouvernement et aux directions d’universités, le
combat ne fait que commencer !

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