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Questions de classe(s)

La sécurité que j’aime

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La sécurité que j’aime n’interdit pas ; elle n’enferme pas.

Elle ne retranche pas les gens et les groupes du regard du public. Elle ne soupçonne, ni n’éloigne.

Elle n’assigne pas les uns à l’inactivité et les autres au contrôle. Elle ne fait pas son beurre sur le malheur et la peur. Elle n’affaiblit pas les gens en les rendant peureux et plaintifs.

Elle ne les infantilise pas en guettant toujours le sourcillement des puissants.

Elle n’alimente pas les frustrations, les rancoeurs, et les illusions perdues.

Elle ne ne nous amène pas à penser toujours que c’est la faute des autres et des mêmes : étrangers, pauvres, précaires, réfugiés, sans papiers, jeunes, musulmans, habitants des cités, des quartiers ou des bidonvilles.

La véritable sécurité ne surveille pas mais elle voit. Elle n’écoute pas, mais elle entend.

La sécurité que j’aime met à l’abri juste quand il le faut, celui qui en a vraiment besoin. Elle réchauffe précisément celui qui a froid et nourrit exactement celui qui n’avait rien à manger. Elle est inconditionnelle, elle se donne toujours à quelqu’un de précis et dans le cadre d’une relation qui dure. Elle n’est pas une simple règle, un écrit apposé sur les murs et les contrats d’assurance, elle est quelque chose que j’institue et que j’adresse à celui qui est en face de moi.

La véritable sécurité favorise l’initiative et amène la confiance en soi. Elle repose sur l’appropriation de ses ressources , la connaissance de son environnement , l’existence de relations sociales, vivantes et entretenues à la fois avec ses « tout-proches », ses voisins , comme les lointains.

La véritable sécurité repose sur la fréquentation, la connaissance et la pratique de soi même. Elle suppose découverte, estime et amour de soi, autant que des autres. Elle suppose qu’on habite son corps, comme ses pensées et ses rêves.

La véritable sécurité ne passe pas par la consigne, l’aboiement, l’ultimatum ou la menace. Elle passe par la parole, celle qu’on glisse à ceux qu’on connait tout au long du jour. Elle passe par la parole qu’on adresse , qu’on entretient comme un feu fragile.

La véritable sécurité ne procède pas de la peur du danger mais du plaisir partagé du risque de vivre : de ceux qu’on prend pour soi même, pour et avec les autres.

La véritable sécurité ne procède pas de la peur de l’avenir, de celle dont on nous intoxique jour après jour , information après information, de celle qu’on nous promet : crises , récessions, guerres, chacun-pour-soi… Elle ne procède pas de la parole menaçante des politiciens qui nous promettent des lendemains sombres et des traitements de violence, pour masquer leur propre incompétence , leurs propres peurs et leur servilité.

La véritable sécurité nous lance vers l’avenir, elle nous fait planter là où il fait froid, cuisinier là où il fait faim, ouvrir là où c’est fermé, commencer là où on nous dit que c’est fini.

La véritable sécurité me conduit vers les autres, m’encourage à ne rien lâcher et à ne rien renoncer des choix de ma vie et à me lancer. La véritable sécurité est confiance ; pas celle du naïf ou de l’ignorant comme on essaie de le faire croire, mai de celui qui sait la construire et la donner.

Ainsi que les Graines d’Orties

Laurent Ott, Espace de Vie Sociale,

Intermèdes-Robinson Site : http://assoc.intermedes.free.fr

Blog : http://recherche-action.fr/intermedes/

Vidéos : http://www.dailymotion.com/user/Cultures_Robinson/1

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