samedi, 18 novembre 2017|

21 visiteurs en ce moment

 

A propos des langues anciennes au collège

Les conflits souvent vifs et passionnés, voire passionnels, qui entourent la réforme actuelle de l’enseignement au collège des langues anciennes, supprimées en tant qu’options pour être intégrées à l’EPI (enseignement pratique interdisciplinaire) « Langues et cultures de l’Antiquité », invitent à un examen critique de la situation. Etat des lieux La part (...)

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

11 Messages

  • A propos des langues anciennes au collège 9 septembre 2016 15:57, par Christian

    Autre argument entendu de la part d’une collègue de latin : celui ci développerai la logique par le truchement d’une grammaire rigoureuse. Rigoureuse je ne sais rien, mais cher collègue voici un argument de poids pour l’apprentissage du "code" comme on dit actuellement... informatique que tu honnis par ailleurs ; -)

    repondre message

    • A propos des langues anciennes au collège 9 septembre 2016 21:00, par Alain Chevarin

      Je honnis l’informatique ? Il doit y avoir une confusion... Quant à la rigueur logique, la grammaire latine peut certes en apporter quand elle est enseignée avec cet objectif, mais pas plus que la grammaire française bien comprise, et d’autres disciplines tout aussi rigoureuses ne sont pas enseignées pour autant.

      repondre message

  • A propos des langues anciennes au collège 9 septembre 2016 19:21, par Loys Bonod

    Sauf que l’enseignement du "code" (lequel ? le LOGO enseigné en 1985 ?) ne nous apprend rien sur notre langue, notre histoire, nos institutions, nos arts, notre littérature...

    Par ailleurs, l’essai-erreur, à travers une interface graphique du type Scratch par exemple, voilà la philosophie pédagogique qui préside à l’enseignement du code (cf Seymour Papert). On est loin d’un enseignement de la "rigueur".

    Voir en ligne : In coda venenum

    repondre message

    • A propos des langues anciennes au collège 11 septembre 2016 15:10, par Christian

      première remarque, je ne suis pas favorable à l’introduction du "code" dans les enseignement obligatoires.

      Sur les remarques de M. Bonot :

      - Scratch est un support d’initiation à la programmation, pas un langage en lui-même. Il est conçu comme un tremplin vers les "vrais" langages de programmation et en a un grand nombre de concepts (variables, boucles, conditions, fonctions, etc.) À l’enseignant qui l’utilise de mettre en évidence et à expliciter ces particularités.

      - Essais-erreurs et tâtonnements ne sont ni antinomiques ni synonymes. En programmation, sur des problèmes simples (notamment de syntaxe) il m’arrive de tâtonner pour arriver au bon code. Reste à vérifier par un ensemble de tests (sur les cas limites, les exceptions etc.) si le code obtenu par tâtonnement donne le résultat escompté. Cela ne dispense pas d’une réflexion complète et complexe, bien au contraire.
      Sur un algo plus complexe, il n’est plus possible de tâtonner, et il faut mener une modélisation complète du problème. Dans les deux cas la rigueur est là.
      Code vs latin : sur ce point, je vois un avantage énorme au code. Le retour sur l’erreur est immédiat. Compilateur ou interprète s’arrête en moins d’une milliseconde sur les erreurs et ne laisse rien passer (et ceci pour 30 élèves en même temps, bien sûr). Il faut combien de temps à un prof de latin pour relever une erreur de syntaxe ?

      - le code ne nous apprend rien sur notre histoire, notre littérature, etc. ? L’enseignement des maths pas beaucoup plus. Je suis surpris de la vision essentiellement utilitariste qu’ont les profs de latin pour justifier la pertinence de leur enseignement. J’ai vu la même évolution, au cours des 20 dernières années, chez les profs d’EPS. Pour éviter de passer pour de simples "profs de muscles" ils se sont sentis obligés de justifier de leur enseignement par toutes sortes de d’évaluations, de progressions, etc. Même complexe chez les profs de latins qui nous *inventent* (cf argumentaire de l’article ci-dessus) des effets sur l’apprentissage du français, de la logique, etc. et pourquoi pas sur le réchauffement de la planète.
      Arrêtez de vouloir péter plus haut que le fondement, si le latin intéresse des élèves, faites-leur faire du latin. De la même manière, j’ai animé des ateliers de météo et de programmation avec des élèves volontaires juste parce que ça m’intéresse et eux aussi. Je ne me suis jamais senti obligé de justifier plus que cela mes ateliers.

      Cordialement

      repondre message

      • A propos des langues anciennes au collège 12 septembre 2016 20:51, par BV

        "Je suis surpris de la vision essentiellement utilitariste qu’ont les profs de latin pour justifier la pertinence de leur enseignement. "

        Je suis pour ma part totalement d’accord avec vous sur ce point. Mais il faut aussi garder à l’esprit que le latin est une option, sujette à suppression. C’est-à-dire qu’on a forcé le latin à trouver des justifications externes à sa présence dans les grilles d’enseignement (au contraire des matières dites obligatoires). Les programmes entrés en vigueur depuis septembre sont la parfait illustration de cette dérive...

        repondre message

  • A propos des langues anciennes au collège 10 septembre 2016 09:18, par greg

    On pourrait apporter quelques précisions, déjà en ce qui concerne la vision élitiste et sélective que font certains réacs de l’enseignement du latin au collège. Dans son dernier livre L’école est finie, Jacques Julliard ne s’en cache pas :
    « Autant le latin pour tous, tel qu’il était encore défendu au lendemain de la guerre, était une position intenable, autant la disparition des langues anciennes de notre Éducation nationale serait une véritable déculturation. »

    L’École est finie, Flammarion, « Café Voltaire », 2015, cité dans L’école des réac-publicains, p. 106 (Libertalia) Il est à remarquer que dans sa première version, le projet de réforme entendait supprimer les options de latin et de grec et les intégrer dans des enseignements interdisciplinaires qui permettaient à tous les élèves de s’initier aux langues anciennes. Le ministère a finalement rétabli les options, ce qui démontre que ce ne sont pas les « pédagogues » qui décident en dernier ressort… contraire au mythe de leur toute puissance rue de Grenelle.

    Ensuite... En 1950, le programme de 6e comportait 5 heures de latin par semaine contre 2 heures de maths. Voilà qui peut remettre en perspective les débats actuels sur la "déculturation" aujourd’hui à l’oeuvre...
    Grégory Chambat

    repondre message

    • "s’initier aux langues anciennes" dans les EPI : vous citez fidèlement les éléments de langage du MEN en omettant de préciser que cette "initiation" interdisciplinaire peut être effectuée par n’importe quel professeur de n’importe quelle discipline, pendant un temps ridiculement court (aux mieux : une heure pendant un an)...

      Une véritable initiation, avec un horaire dédié en 6e par exemple, effectuée par un professeur compétent, ainsi qu’une sanctuarisation en éducation prioritaire des options de langues anciennes en 4e et en 3e, voilà ce qui ressemblerait à une véritable début de démocratisation des humanités classiques.

      Vous reconnaissez que ce sont bien ceux que vous appelez curieusement les "pédagogues" qui ont planifié, rue de Grenelle, la lâche suppression de ces options, afin d’économiser plusieurs milliers de postes de lettres classiques en les convertissant en postes de lettres modernes. Mesure d’austérité s’il en est, que certains "pédagogues" applaudissent mais que dénoncent de véritables consciences de gauche, conscientes de leur intérêt et de leur importance pour ceux qui ne disposent pas chez eux d’une exposition suffisante au français ou à la culture générale.

      Voir en ligne : Avenir latin grec

      repondre message

  • A propos des langues anciennes au collège 11 septembre 2016 05:29, par Florence Castincaud

    Bonjour,
    vous dites que l’enseignement des langues anciennes est supprimé au collège pour être "reversé" dans les EPI ; c’est inexact, chaque collège peut faire le choix de garder des heures pour un enseignement des LCA à part entière. Je suis "Lettres classiques" (et je défends cette réforme, c’est un autre sujet) ; dans mon collège en éducation prioritaire, nous avons fait le choix de garder cet enseignement LCA sur un nombre volontairement réduit d’heures, parce que les priorités sont ailleurs. Je suis bien d’accord avec vos arguments ci-dessus qui déconstruisent les raisons habituellement avancées pour "faire du latin". Pour moi, c’est un choix offert à certains élèves comme d’autres font du sport en plus, ou la chorale, ou du théâtre : plaisir, culture, réflexion sur la langue, tout ça ! Cette année, les 5e qui se sont inscrits à l’option l’ont fait, selon leurs dires, pour des raisons très variées : curiosité des choses anciennes, idée que "ça va aider pour le français", impulsion de leur prof de français de 6e, joyeuse envie de tout ce qui va aider encore plus à réussir à l’école... Parmi eux, un groupe important d’élèves d’origine turque, je ne sais pas pourquoi ; en tout cas, comme le turc est aussi une langue flexionnelle, on va en profiter pour faire des passerelles ! Cordialement, Florence Castincaud

    repondre message

    • A propos des langues anciennes au collège 11 septembre 2016 14:17, par Alain Chevarin

      Bonjour,
      c’est exact, je suis passé un peu vite sur la présentation de la réforme (qui n’était pas l’objet principal de mon texte). C’est dans le projet initial que figurait le transfert vers les seuls EPI, le ministère ayant fait ensuite marche arrière en ouvrant cette possibilité d’un "enseignement de complément" que les établissements peuvent organiser sur leur marge d’autonomie (2h45 par semaine de "dotation horaire supplémentaire" pour mettre en place travail en groupes à effectifs réduits, interventions conjointes de plusieurs enseignants, enseignements de complément en langue régionale et langues anciennes).
      Merci pour cette précision.

      repondre message

  • A propos des langues anciennes au collège 12 septembre 2016 20:15, par BV

    Bonsoir.
    Merci pour votre article, fort intéressant et stimulant.
    Je suis d’accord avec vous pour dire que la situation problématique des langues anciennes ne date pas de cette réforme 2016, mais remontent à bien plus loin.
    Je pense qu’il faudrait remonter à la séparation des concours de recrutement de professeurs de lettres (lettres classiques et lettres modernes), sur laquelle, à raison selon moi, vous proposez de revenir. Dans l’absolu, non seulement tout professeur de lettres devrait avoir une formation solide en langues anciennes, mais il devrait pouvoir proposer à ses élèves un enseignement du latin et du grec.
    Or, l’identité professionnelle des professeurs de lettres modernes s’est en partie fondée sur le rejet du latin (tout comme l’identité professionnelle d’une certaine fraction des professeurs de lettres classiques s’est fondée sur le mépris des collègues de lettres modernes). Pour s’en convaincre, lire "Des lettres au Français" de Clémence Cardon-Quint.
    Cette séparation, explicable dans le contexte socio-économique de l’époque, mais stupide (à mon sens) d’un point de vue épistémologique, a totalement isolé les langues anciennes et permis d’abord leur transformation en option en 1968 puis leur cristallisation, comme rempart de la civilisation contre la barbarie, mais aussi comme enseignement bourgeois, élitiste et inutile, comme tête de turc à progressiste, ce qui a gravement empêché sa diffusion.
    On a laissé le latin et le grec croupir, littéralement pourrir dans leur situation sans penser un instant que leur étude pouvait être intéressante et bénéfique pour les élèves. On a parfois (je l’ai vu au cours de ma carrière) littéralement empêché leur enseignement, au collège mais d’abord et avant tout au lycée.
    Cette charge symbolique qui pèse sur le latin (et pas sur le grec, l’avez-vous remarqué ?) est telle qu’elle a aussi pollué la communication autour de cette réforme. Si, comme on le prétend, on souhaite "généraliser" le latin et le grec et les "offrir à tous", alors pourquoi diable tenir dans les médias et dans les réunions un tel discours à leur sujet ? Pourquoi les avoir chassés du socle commun ?
    Dire que le latin est réservé à une petite élite alors que, lorsqu’un professeur de langues anciennes dynamique souhaite ouvrir davantage de groupes pour éviter le biais social que vous évoquez, il se voit refuser les ouvertures de groupe, c’est faire preuve de la plus grande hypocrisie.
    Le latin et le grec vont disparaître. Mais pas seulement du collège. La situation dans les lycées est très mauvaise, aussi parce que le discours tenu à son sujet y est encore plus dévalorisant.
    Et par voie de conséquence, la situation dans les universités sera encore plus mauvaise.
    Les propositions que vous faites (langues anciennes au lycée et à la fac) sont intéressantes et pourraient être un moyen de travailler, modestement, à un renouveau de leur enseignement et à la possibilité de répondre de manière correcte aux ambitions affichées des programmes de français. Mais aucun discours positif, aucune décision d’ordre organisationnel ne viendra soutenir ces idées. La totémisation marche à plein, à coup de "je me rappelle de mes cours il y a cinquante ans et je m’ennuyais" ou de "profs de voyage en Grèce".
    Peut-être faudrait-il aussi interroger le rôle de ces discours dans la marginalisation des langues anciennes ?

    Et quant aux vraies filières administratives d’évitement (les classes CHAM, CHAT, option sport), dont la réforme ne dit absolument aucun mot (voire les conforte), elles ont de beaux jours devant elles...

    repondre message

A propos de Questions de classe(s)
Fils de nouvelles RSS

Lettre d’info n° 13 / février 2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

Livres jeunesse hiver 2012-2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | ... | 1132

 
Soutenir par un don