jeudi, 22 juin 2017|

36 visiteurs en ce moment

 
Questions de classe(s)

Valeurs essentielles de la République : Fraternitude

Version imprimable de cet article Version imprimable Enregistrer au format PDF

Valeurs essentielles de la République (III) : Fraternitude - KroniKs des Robinsons du 01 X 15 et Graines d’Orties 584

Alors que les pouvoirs publics et les institutions n’ont de cesse de se demander comment « restaurer » les « Valeurs essentielles de la République », pour les valeurs engagés sur les terrains de toutes les fractures (sociales, éducatives, générationnelle, institutionnelle, politique, économique), ce qui nous interroge est plutôt ceci :

Comment se fait il que tous les lieux sociaux soient en butte à autant de difficultés financières, politiques, administratives et institutionnelles ? Comment se fait il qu’à défaut de « Fraternité introuvable », la convivialité même, soit rendue rare et précaire ? Comment se fait il qu’au sein même du corps social, les politiques publiques ne cessent d’opposer des groupes et des minorités les unes contre les autres ? Comment se fait il que la division, l’exclusion, la discrimination , les restrictions inspirent plus les évolutions politiques et sociales que l’universalité ?

Et puisque nous évoquons les valeurs de lé République, dans ces KroniKs et ses suivantes nous allons nous proposer de revisiter celles qui sont inscrites dans notre devise : Liberté Égalité, Fraternité. Il nous a semblé que la réalité en était si éloignée qu’il convenait de les rebaptiser pour mieux rendre compte des écarts et dérives :

LIBERTUDE, EGALITUDE FRATERNITUDE.

pour chacune d’entre elles, nous nous proposons de la revisiter du côté de son application ou de sa dérive.

Voici la dernière : Fraternitude

[bleu]Nous arrivons donc à la troisième et dernière devise de la République, celle qui nous laisse le plus songeur : la Fraternité.[/bleu]

Inutile de mentionner combien l’énoncé d’une telle valeur semble éloigné de toute réalité perçue dans la vie sociale, institutionnelle et publique.

[rouge]La société française non seulement ne semble pas tellement développer de solidarité et de convivialité au sens d’un vivre ensemble bienveillant, mais au contraire multiplie les signaux d’hostilité vis à vis de toute manifestation de bien être public.[/rouge]

Les possibilités de faire la fête dans les espaces collectifs, de s’y installer en famille font l’objet d’incessantes interdictions et limitations.

[bleu]Tout ce qui touche aux manifestations communautaires ou familiales est perçu négativement soit sous le versant du trouble à l’ordre public soit sous celui de la menace à la République.[/bleu]

Le « bien vivre ensemble » semble dans la réalité des règlements de voisinage ou municipaux, se limiter à des règlementations envahissantes de copropriétés, d’arrêtés, de règlements, qui assignent tout signe de socialité collective, à de l’incivilité ; et qui multiplient les interdictions de manifestation de vie dans les espaces collectifs : bruits, jeux, travaux, fêtes, repas, stationnement, regroupement, installations.

La Fraternité est bien dans notre pays l’équivalent du Dahut ou de la Licorne Bleue. On peut en parler, l’évoquer quelques fois ; elle est introuvable .

[rouge]A la place, nous avons la « Fraternitude » ;[/rouge] une Fraternité de paillettes, faite d’émotions publiquement propagées à l’occasion de quelque drame ou désastre  ; une fraternité de supporters ; une fraternité à grande distance, qui s’applique à des lointains théoriques, mais qui n’inclura jamais mes proches si différents. Une Fraternitude aussi stérile qu’inconsistante.

Les raisons de l’échec de la Fraternité ne reviennent pas uniquement au déclin des solidarités institutionnelles et sociales mais sont bien plus profondes que cela ; [bleu]il convient d’interroger le rapport que notre société entretient avec la notion même de communauté et d’identité collective.[/bleu]

Tant que nous ne favoriserons pas, localement et là où nous vivons, non pas seulement un vivre-ensemble, forcément insuffisant, mais un « faire ensemble », autrement plus créateur de liens forts et authentiques , nous poursuivrons la lente progression de la désocialisation et du morcellement social.

Combien de temps pourrons nous alors encore faire société ?

[rouge]En Pédagogie sociale[/rouge], sans employer la notion de « Fraternité », de véritables liens affectifs et sociaux se nouent entre toutes les personnes et les groupes , qui avec toutes leurs différences s’attellent ensemble à l’amélioration et la transformation de leur environnement et de leur existence.

Lire la suite

Graines d’orties 5 cent 84

Association Intermèdes-Robinson

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

 
À propos de Questions de classe(s)
Questions de classe(s) Lire, écrire... lutter Acteurs de l’éducation : parents, travailleurs, chercheurs, issus de différents horizons associatifs, pédagogiques, syndicaux, etc., nous pensons que la question scolaire est une question politique. Notre pari est de proposer un espace (...)
En savoir plus »
Fils de nouvelles RSS

Lettre d’info n° 13 / février 2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

Livres jeunesse hiver 2012-2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | ... | 1076