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Questions de classe(s)

Valeurs essentielles de la République : Libertude

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Kroniks des Robinsons Valeurs essentielles de la République : Libertude (1) et Graines d’orties 5 cent 82

Alors que les pouvoirs publics et les institutions n’ont de cesse de se demander comment « restaurer » [bleu]les « Valeurs essentielles de la République »[/bleu], pour les valeurs engagés sur les terrains de toutes les fractures (sociales, éducatives, générationnelle, institutionnelle, politique, économique), ce qui nous interroge est plutôt ceci :

Comment peut-on en arriver à vouloir faire taire des enfants et des jeunes au nom du droit à l’expression ? Comment peut on rendre compte du niveau inouï d’exclusion, de sanctions et de rappels à l’ordre au sein même des institutions éducatives et sociales qui sont censées transmettre des valeurs de tolérance et d’inclusion ? D’où vient que nous assistions aujourd’hui à ce que, par exemple, les institutions censées réduire les fractures (scolaires, culturelles, sociales, éducatives familiales) aboutissent au triste résultat de contribuer quelques fois à leur accroissement ?

Et puisque nous évoquons les valeurs de lé République, dans ces KroniKs et ses suivantes nous allons nous proposer de revisiter celles qui sont inscrites dans notre devise : Liberté Égalité, Fraternité. Il nous a semblé que la réalité en était si éloignée qu’il convenait de les rebaptiser pour mieux rendre compte des écarts et dérives :

LIBERTUDE, EGALITUDE FRATERNITUDE.

pour chacune d’entre elles, nous nous proposons de la revisiter du côté de son application ou de sa dérive.

[rouge] Voici la première : LIBERTUDE :[/rouge]

La Liberté est probablement un des mots les plus absents, actuellement, du vocabulaire des institutions éducatives et sociales.

On y parle en général bien davantage de règles, de règlements, de cadres. On pourrait plutôt dire qu’au sein des écoles et de l’ensemble des institutions socio-éducatives, l’apprentissage de la Liberté est généralement vu et limité comme étant celui des « règles » et des « limites » et, ce, depuis quelques décennies.

Une telle réduction est évidente ; il suffit de se référer aux intitulés des programmes et des projets éducatifs, eux mêmes, ainsi qu’à la formulation des innombrables règlements, et projets institutionnels. Mais pour autant, elle n’est pas aisée à faire reconnaître, tellement elle paraît évidente.

[rouge]En effet, pour la plupart de nos contemporains et singulièrement les éducateurs eux mêmes, la notion de liberté est réellement en passe d’être identifiée et réduite à celle de sa limitation.[/rouge]

Chaque professionnel peut être amené à se dire, tout au long de journée, que ce serait bien « de faire ceci ou cela », mais « on n’a pas le droit ». Ce « On n’a pas le droit » est devenu le refrain obligatoire de tous les éducateurs. C’est un « No, we can’t » qui marque dorénavant tout le champ social. Cet empêchement est repris et relayé par l’ensemble des protagonistes qui le subissent ; il est encore plus fort dans les institutions qui travaillent dans des quartiers sensibles et auprès des milieux populaires.

Quelles expériences de liberté peuvent être possibles, quand le climat éducatif et social est dominé par le souci de la sécurité et du sécuritaire ? Que les initiatives dans les espaces publics sont limitées, contrôlées et souvent réprimées ? Quand les possibilités pour les enfants de se déplacer seuls ou en groupe, de manière autonome, n’ont jamais été si faibles ?

Ne négligeons pas l’effet de ces contraintes sécuritaires et liberticides dans la vie quotidienne des enfants et, tout autant, au sein des institutions éducatives qu’ils peuvent fréquenter. En effet, depuis trente ans, et à partir de l’époque des premiers « plans Vigipirates », les enfants, en particulier à l’école, vivent au quotidien l’empêchement et la limitation.

[bleu]Quel pourrait être un véritable apprentissage individuel et collectif de la liberté, et en particulier au sein des institutions sociales et éducatives ?
[/bleu]

Nous ne savons plus. [rouge]L’imaginaire social et créatif des éducateurs et acteurs sociaux s’est dans ce domaine, tari.[/rouge]

Nul ne pense plus à nommer la Liberté comme idéal ou but éducatif. Alors, quant à la donner…

Nous ne manquerions pourtant pas de références pédagogiques à ce sujet.

L’histoire de la pensée pédagogique et éducative, pourrait être là pour nourrir notre imagination. Seulement , voilà, elle semble « interdite ».

Redécouvrir l’adjectif libre

[fuchia]Passer du libre échange à l’échange libre, passer du libre travail au travail libre ;[/fuchia] il semble que la place de l’adjectif « libre » ne prenne pas le même sens s’il précède ou suit le nom qu’il accompagne. Tout est dans la nuance ; tandis que le États organisent des libres circulations de capitaux et firmes et entreprises, par exemple, la circulation libre des personnes n’a jamais été tant réprimée.

Ainsi , même en éducation, il nous suffirait de décliner l’adjectif « libre » pour en retrouver la voie :

expression libre, lecture libre, libre initiative, libre circulation, travail libre, etc.

De tels énoncés ont donné lieu à des ensembles théoriques et pratiques, qui remontent, pour certains, au XVIIIème siècle. Mais force est de constater la rareté, et l’extinction de ces énoncés dans la littérature actuelle, dans les projets institutionnels et éducatifs de tous ordres.

La liberté, vue du point de vue de l’adjectif « libre » n’a jamais été autant censurée.

Il est temps de la remettre à l’ordre du jour.

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Graines d’orties 5 cent 82

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