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Questions de classe(s)

Tout le système éducatif est basé sur ce bout de...

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Tout le système éducatif est basé sur ce bout de papier à obtenir. Cela en devient, dans les faits, son unique finalité.

Qu’a besoin un jeune adulte qui termine ou qui sort du temps scolaire ? D’un « bilan de compétences » lui permettant de décider :

- soit vers quelles voies de la vie active ou vers quelles formations professionnelles il pourrait s’engager,

- soit de rester momentanément dans le système éducatif pour améliorer des potentialités,

- soit de poursuivre dans la partie supérieure du système éducatif l’exploration de domaines spécifiques (les diverses branches de l’université à l’issu desquelles d’autres bilans de compétences devraient pouvoir être faits).

Un bilan de compétences n’a rien à voir avec un examen se soldant par un diplôme ou avec n’importe quel contrôle classique, qu’il soit continu ou non.

Or, nous savons les faire puisqu’ils existent dans la vie professionnelle et constituent même un droit. Il y a des outils, des techniques, des spécialistes formés aux longs entretiens que cela nécessite. Un bilan de compétences demande du temps et de la tranquillité, s’effectue dans la confiance.

Remplacer une dernière année de course à la fin des programmes, de bachotage stérile, pour un résultat sans grande signification, par une année de réflexion sur un long vécu, de débriefing, de discussions collectives, de discussions avec des actifs, des étudiants, de visites… et de multiples entretiens individuels avec des spécialistes formés qui ne seraient plus des profs, un année toujours dans le système éducatif mais libérée de toutes contraintes, de tout stress, de toute sanction (spectre de l’échec) ou récompense fallacieuse (un papier), ne serait-ce pas le souffle à donner pour que chacun vole de ses propres ailes ce qui est quand même la vraie finalité d’une éducation ?

En supprimant le bac, c’est tout le système en amont qu’on libèrerait, jusqu’à la maternelle. On devine facilement tous les possibles qui s’ouvriraient immédiatement, toutes les transformations pouvant s’opérer, tous les problèmes sur lesquels buttent sans solution l’école qui n’existeraient plus ou deviendraient différents (rythmes, programmes, évaluations, apprentissages…).

Et c’est peut-être bien ce qui fait peur et fait maintenir ce verrou que tout le monde ou presque admet comme néfaste (à part pour le monôme qui s’en suit lorsqu’on en est débarrassé !), c’est bien la remise en cause radicale de tout ce qui le précède. Autrement dit, le bac serait nécessaire pour ne rien changer !

Ce qui est étonnant, c’est que très peu se penchent sur cette hypothèse. On cherche bien, sans y arriver, à améliorer, à modifier le verrou, mais pas à le supprimer. Pourtant, si on veut changer l’école, ce ne peut être qu’une école sans bac, sans diplômes. C’est incontournable.

Un système éducatif sans diplôme dans « Ecole et société » TheBookEdition.com

7 Messages

  • Salut !
    Je suis d’accord sur la forme : le brevet et le bac rendent en effet caduque les volontés affichées de réformer dans le secondaire l’évaluation pédagogique des élèves. Le maintien de ces épreuves et de leur notation sommative révèle par ailleurs la nature purement idéologique et déclarative des visées égalitaires de la réforme du collège et du lycée. Dénoncer la valeur symbolique de ces épreuves est nécessaire mais c’est prendre les effets pour des causes.

    Sur le fond Bernard joue au naïf. il feint de croire qu’en changeant une des fonction de l’école on pourrait en changer les finalités sociales et politiques : si ces épreuves diplômantes persistent en dépit de leur inefficacité dans le système libéral c’est qu’elle permettent de reconduire la validité de l’idée "républicaine" du mérite dans l’opinion publique française. De mettre un baume sur la peur du déclassement et un voile sur la fonction conservatrice du diplôme. Même subterfuge idéologique opéré par le politique quand il parle de la valeur travail alors qu’il défend les intérêt du capital et de la finance...

    Les principaux demandeurs de classement hiérarchique de la réussite des élèves sont les parents. En France comme on (l’administration de l’institution) entretient la confusion entre l’évaluation de l’enseignement avec celui de la réussite scolaire des élèves, les pourcentages de réussite au brevet et au BAC restent aux yeux de ses usagers des indicateurs pour faire des choix pour l’inscription dans tel ou tel établissement.

    Il est d’autant plus facile de rêver à une école qui diplôme sans le rituel initiatique de l’épreuve notée qu’il me semble qu’elle est déjà pratiquée dans le secondaire dans d’autres pays : au Pays Bas, les élèves sont évalués sur leur compétences et passent des tests annuels (audités par le CITO, un organisme privé) qui servent à évaluer le dispositif jusqu’à la fin de leur étude secondaire. En Finlande, les élèves en "Comprehensive schools" ne sont pas notés et passent des tests d’aptitude qu’il auto évaluent...
    L’abandon de la notation sommative et des examens est sans doute un moyen de regagner du temps de cours et d’échange avec les élèves (notamment pour le régulièrement bâclé troisième trimestre). Est-il le moyen sur de mettre en place une évaluation moins ségrégationniste et plus pédagogique ? Possible localement, mais pas une large échelle !
    Dans les deux pays ci-dessus cités en exemple, les élèves doivent malgré tout passer une épreuve d’admission dans les universités ou lycée techniques où ils veulent s’inscrire.

    L’évaluation amicale et formatrice n’est pas structurellement incompatible avec la compétition et la sélection sociale qu’elle implique. Le système capitaliste a besoin de sélectionner ses nouveaux acteurs et exploités. L’abandon du BAC en France ne signifierait pas l’usage d’autres types de sélection dont la société a besoin pour renouveler ses élites. La sélection par l’Université et la capacité de rembourser ses prêts étudiants est aux USA et dans beaucoup de pays européens le moyen le plus efficace de rentabiliser l’enseignement supérieur et de renouveler ses cadres et techniciens.

    Pour que l’opinion change, que les parents d’élève s’interrogent sur la logique consuméristes qui prévaut de plus en plus dans l’éducation, il ne faut pas seulement que l’on présente l’abandon des examens et le notation sommative comme une perspective de développement et épanouissement individuel, mais comme la base d’un nouveau contrat social d’éducation. Celui-ci se construira dans un rapport de force et, dans un premier temps, dans la revendication.

    Pour cela il faut faire sauter un autre verrou. Celui de la linéarité des études et de la formation professionnelle. Il faut lui opposer la nécessité d’un enseignement et une formation polytechnique gratuite, accessible pour tous, à tout moment de la vie !

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  • Salut !
    Je suis d’accord sur la forme : le brevet et le bac rendent en effet caduque les volontés affichées de réformer dans le secondaire l’évaluation pédagogique des élèves. Le maintien de ces épreuves et de leur notation sommative révèle par ailleurs la nature purement idéologique et déclarative des visées égalitaires de la réforme du collège et du lycée. Dénoncer la valeur symbolique de ces épreuves est nécessaire mais c’est prendre les effets pour des causes.

    Sur le fond Bernard joue au naïf. il feint de croire qu’en changeant une des fonction de l’école on pourrait en changer les finalités sociales et politiques : si ces épreuves persistent en dépit de leur inefficacité dans le système libéral c’est qu’elle permettent de reconduire la validité de l’idée "républicaine" du mérite dans l’opinion publique. De mettre un baume sur la peur du déclassement et un voile sur la fonction conservatrice du diplôme. Même subterfuge idéologique opéré par le politique quand il parle de la valeur travail alors qu’il défend les intérêt du capital et de la finance...
    Les principaux demandeurs de classement hiérarchique de la réussite des élèves sont les parents. En France comme on (l’administration de l’institution) entretient la confusion entre l’évaluation de l’enseignement avec celui de la réussite scolaire des élèves, les pourcentages de réussite au brevet et au BAC restent aux yeux de ses usagers des indicateurs pour faire des choix pour l’inscription dans tel ou tel établissement.

    Il est d’autant plus facile de rêver à une école qui diplôme sans le rituel initiatique de l’épreuve notée qu’il me semble qu’elle est déjà pratiquée dans le secondaire dans d’autres pays : au Pays Bas, les élèves sont évalués sur leur compétences et passent des tests annuels (audités par le CITO, un organisme privé) qui servent à évaluer le dispositif jusqu’à la fin de leur étude secondaire. En Finlande, les élèves en "Comprehensive schools" ne sont pas notés et passent des tests d’aptitude qu’il auto évaluent... L’équivalent du Bac est obtenu en évaluation continue.
    L’abandon de l’épreuve diplômante implique celui de la seule notation sommative. Il permet sans doute de regagner du temps de cours et d’échange avec les élèves (notamment pour le régulièrement bâclé troisième trimestre). C’est une perspective pédagogiquement défendable. Mais est-elle le gage d’une évaluation moins ségrégationniste et plus égalitaire ? Possible localement, mais pas à l’échelle plus large d’une société de compétition entre individus. L’évaluation amicale et formatrice localisée n’est pas incompatible avec la compétition et la sélection sociale, elle peut même devenir un outil d’aliénation au service de l’organisation managériale.

    Dans les deux pays ci-dessus cités en exemple, les élèves doivent malgré tout passer une épreuve d’admission dans les universités ou lycée techniques où ils veulent s’inscrire.
    Le système capitaliste a besoin de sélectionner ses nouveaux acteurs et exploités. L’abandon du BAC en France ne signifierait pas la fin la sélection sociale. Au mérite on substituera d’autres rites initiatiques car la société a besoin de renouveler ses élites. La sélection par l’Université et la capacité de rembourser ses prêts étudiants est aux USA sont dans beaucoup de pays européens le moyen le plus efficace de rentabiliser l’enseignement supérieur et de renouveler ses cadres et techniciens.

    Pour que l’opinion change, que les parents d’élève s’interrogent sur la logique consuméristes qui prévaut de plus en plus dans l’éducation, il ne faut pas seulement que l’on présente l’abandon des examens et le notation sommative comme une perspective de développement et épanouissement individuel, mais comme la base d’un nouveau contrat social d’éducation. Celui-ci se construira dans un rapport de force et, dans un premier temps, dans la revendication.

    Pour cela il faut faire sauter un autre verrou. Celui de la linéarité des études et de la formation professionnelle. Il faut lui opposer la nécessité d’un enseignement et une formation polytechnique gratuite, accessible pour tous, à tout moment de la vie !

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  • Tout le système éducatif est basé sur ce bout de... 22 juin 2015 10:06, par Bernard Collot

    Merci Eric d’avoir situé le problème dans un contexte plus large. C’est bien aussi parce qu’il est dans ce contexte qu’il a d’autant plus d’importance. Ce qui pose aussi la question lancinante : la transformation du système éducatif ne peut-elle qu’être la conséquence d’une révolution globale et radicale ? Le grand soir qui n’advient jamais !

    Pour ma part, j’ai pris l’option (certes insuffisante) que c’est en démontant ce qu’est l’apprentissage (donc peu contestable) que le système peut se fissurer, au moins dans l’opinion publique (voir "la cause des causes" dans la revue N’autre école). La résistance forcenée à l’acceptation d’évidences corrobore bien ce que tu dis.

    "Le bac, rituel nécessaire du passage à l’état adulte" proféré à longueur de médias bien pensant ou d’intellectuels ayant pignon sur rue devrait faire éclater de rire. En somme une première cuite au réveil douloureux !

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  • Tout le système éducatif est basé sur ce bout de... 22 juin 2015 10:53, par Michelle DUMAS

    Si j’ai bien compris l’idée géniale exprimée plus haut , il s’agirait de faire une dernière année scolaire dans le cadre scolaire mais sans profs,( associés à la contrainte et au stress), avec des intervenants formés,( le MEDEF peut commencer à se réjouir) ...
    Je suis d’accord avec Eric, la fin du diplôme ne supprime pas la sélection sociale. Par ailleurs, je propose le joli commentaire d’une de mes élèves : la routine est dans l’organisation, l’emploi du temps, pas dans le contenu des cours.Autre anecdote : un gendarme "(intervenant formé" !) intervient un jour sur les addictions et commence ainsi :" on va discuter librement, pas comme avec vos profs !" Réponse des élèves : "On a plus confiance en eux qu’en vous !"
    Avant que le mammouth ne soit complètement dégraissé, nous sommes quelques uns à défendre l’idée que l’émancipation sociale passera par le savoir.

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    • Tout le système éducatif est basé sur ce bout de... 22 juin 2015 11:25, par Bernard Collot

      Dernière année pas forcément sans profs, mais avec des profs pouvant faire autre chose (libérés eux aussi !) mais aussi avec des personnes sachant faire des bilans de connaissances (qui pourraient être aussi des profs se formant à ces techniques) ! Des profs qui pourraient être celui du "cercle des poètes disparus" ;-)
      Tout à fait d’accord avec vous et Eric, je fais l’innocent aux mains pleines !

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  • Tout le système éducatif est basé sur ce bout de... 23 juin 2015 06:01, par Philippe Despicht

    Ce n’est pas l’école qui fait la société, c’est la réalité sociale qui la détermine. La hiérarchisation de la société engendre une course à l’avoir. On a parce qu’on pense qu’on a mérité d’avoir après de longues études. Cela se traduit par une frustration, de la violence, de la délinquance à tous les niveaux, et la surconsommation débile, qui détruit les ressources de la planète. Vouloir transformer l’école est vain s’il n’y a pas au préalable une transformation radicale des rapports sociaux et la destruction de la hiérarchie.
    Supprimer le bac, c’est déjà fait. Il n’a plus aucune valeur. C’est une tromperie sur la marchandise. La sélection véritable se fait après dans les grandes écoles et les universités. Nous n’empêcherons jamais qu’un chirurgien doit faire de longues études, qu’il est préférable qu’un pilote d’avion sache piloter, enfin moi je préfère. Alors les auto-évaluations me laissent rêveur. Certes le système scolaire actuel est une machine à sélectionner et à formateur les cerveaux. Mais comment le transformer ? Les classes aisées mettent leurs enfants dans les boites privées, qui ont une réputation de sérieux et qui préparent aux grandes écoles. D’ailleurs la plupart des profs de l’école laïque mettent leurs enfants dans le privé et forment les élèves à être les cadres de la société de demain. Nous savons que tout cela nous mène à la catastrophe sociale et écologique. Mais comment empêcher la course folle qui nous mène au gouffre. Ce qui est sûr c’est que l’informatique va bouleverser l’enseignement. Nous ne sommes qu’aux prémisses. Dans quel sens ? Je n’en sais rien. Je ne suis pas prophète. Décousu tout cela, mais je ne vois pas de recettes miracles.

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    • Tout le système éducatif est basé sur ce bout de... 23 juin 2015 09:32, par Bernard Collot

      Bien sûr, bien sûr...

      Je pose simplement une hypothèse : "si on supprimait le bac".

      Soit, c’est impossible, ça ne servirait à rien,... etc.

      Soit on essaye d’envisager comment pourrait (POURRAIT !) alors s’organiser le système éducatif dans une autre finalité que ce bout de papier et toutes les conséquences non seulement éducative mais aussi sociétales qui s’en suivraient.

      Et on butte toujours sur la finalité sur laquelle aucun consensus n’est jamais cherché. Pour qu’il y ait un consensus, il faut aussi que des propositions claires soient faites. C’est le vrai problème dont on fait toujours l’impasse.

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