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Solidarité contre brutalité : récit d’une expulsion empêchée

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Beaucoup d’expulsions ont lieu à bas bruit (mais à grand frais) tous les jours. Celle-ci n’est pas passée inaperçue, en voici le récit par RESF Info :

Scène de l’horreur des expulsions
mercredi 7 septembre sur le vol AF386 Paris-Bamako !
 
Il est 13h30 quand les policiers au Centre de Rétention Administrative de Vincennes viennent chercher Sékouba MAREGA pour le conduire à l’aéroport et le mettre contre son gré dans un avion à destination de Bamako. Sékouba, très jeune père de famille, revoit défiler les moments de bonheur partagé avec sa compagne Aminata et leur fils Abdoulaye âgé de 3 mois, qu’il ne reverra plus. Dans le local d’éloignement de la PAF à l’aéroport de Roissy, les policiers le menacent de prison s’il s’oppose à son expulsion.
- 15h30 : la sale besogne commence. Les policiers le dépossèdent de son portable et sortent l’artillerie de déshumanisation : menottes aux poignets, sangles autour des chevilles et des genoux. L’avion doit décoller à 16h30. Ils le montent dans leur véhicule et le conduisent au pied de l’appareil. Les passagers sont en salle d’embarquement et ne se doutent pas encore de l’horreur qui va se dérouler sous leurs yeux. Sékouba ne manifeste dans la voiture aucune résistance car il sait qu’ils peuvent aller jusqu’à le droguer pour arriver à leurs fins. 16h00, les policiers le sortent du véhicule pour le faire monter dans l’avion avant l’arrivée des passagers. Ils sont une dizaine contre un seul homme dont le seul tort est de ne pas avoir les bons papiers. Sur les marches qui le mènent à la porte de l’avion, Sékouba résiste et les policiers le jettent à terre, l’un d’eux pose son pied sur la poitrine de Sékouba en pressant fortement, tandis qu’un autre lui met un casque de boxe. Entièrement entravé, il ne peut plus bouger et pourtant un des policiers porte un coup de pied à la poitrine de Sékouba avant de le monter dans l’avion. Ils le font asseoir à l’arrière de l’appareil. Dès que les passagers commencent à monter, un policier lui presse les parties génitales afin de le dissuader de toute résistance mais Sékouba ne pense qu’à son fils dont il ne veut pas être séparé. Alors il crie de toutes ses forces jusqu’à que des passagers remarquent sa présence. Quelques-uns s’approchent de lui, l’interrogent malgré les menaces des policiers et le fait qu’ils soient filmés. Sékouba explique en bambara et en français sa situation. Les passagers dans leur quasi-totalité se lèvent et s’opposent à son expulsion. Alerté par les cris des passagers, le commandant constate le désordre à bord de l’avion et demande aux policiers de débarquer Sékouba. Grâce à la mobilisation des passagers, ce jeune père de famille est retourné au CRA de Vincennes mais dans un état psychologique et physique inquiétant. Ce qui s’est passé à bord du vol ne peut que heurter les consciences et questionner sur les véritables raisons d’un tel acharnement du gouvernement de Monsieur Hollande, violant plusieurs principes en matière de droits humains. La fin légale de la rétention pour Sékouba MAREGA est prévue ce samedi (45ème jour de rétention) et ce serait faire preuve d’un minimum de bon sens que d’y mettre définitivement fin en procédant à sa libération.
Pour faire savoir ce que vous pensez de ces faits et demander la libération de Sékouba * :
 
jean-pierre.jouyet chez elysee.fr Secrétaire général Elysée
boris.vallaud chez elysee.fr Secrétaire général Adjoint Elysée
thierry.lataste chez elysee.fr Dircab Elysée
premier-ministre chez pm.gouv.fr   Matignon
sebastien.gros chez pm.gouv.fr Chef de cab Matignon
Intérieur : 01 40 07 60 60 demander la Conseillère immigration
patrick.strzoda chez interieur.gouv.fr Dircab Intérieur
julie.burguburu chez interieur.gouv.fr Dircab adjointe Intérieur
magali.charbonneau chez interieur.gouv.fr Conseillère immigration Intérieur

* pour plus d’efficacité,de façon personnelle et correcte.

2 Messages

  • Solidarité contre brutalité : récit d’une expulsion empêchée 12 septembre 2016 15:50, par Jean-Pierre Fournier

    RESF DEMANDE L’ARRÊT IMMÉDIAT DE L’ACHARNEMENT AVEUGLE ET DES POURSUITES JUDICIAIRES CONTRE SEKOUBA MAREGA, PÈRE DE FAMILLE SANS HISTOIRE

    Sékouba MAREGA, très jeune père de famille sans histoire, en rétention depuis 45 jours, a été conduit à l’aéroport le samedi 10 septembre, soit à son dernier jour de rétention, pour être expulsé de force vers Bamako. Loin de son fils Abdoulaye âgé de 3 mois, sa compagne Aminata et ses sœurs dont l’une est Française...

    Heurtés par la violence et l’inhumanité dont ont fait preuve les policiers à l’encontre de Sékouba qui souffrait physiquement, les passagers de l’avion dans leur grande majorité ont manifesté leur indignation et leur refus d’être les témoins de cette scène d’horreur : un homme sans défense, menottes aux poignets, sangle aux chevilles et aux genoux, visage étouffé et sur lequel une dizaine de policiers s’acharnaient...

    Face à la colère des passagers, les policiers ont fini par débarquer Sékouba et ont pris au hasard deux passagers, qui demandaient simplement à voyager dans de bonnes conditions. Ces derniers ont pu regagner leur siège une heure plus tard. Quant à Sékouba, il a été placé en garde à vue pour un prétendu refus d’embarquement et pour lequel il va être jugé ce mardi 13 septembre 2016 devant la 17ème chambre de Bobigny à 13h00.

    RESF apporte son soutien total à M. Sékouba MAREGA et affirme que sa place est ici en France auprès de ses proches et pas en prison car il n’est ni un délinquant, ni un criminel. Il est un homme intègre, respectueux des valeurs républicaines et surtout le papa d’un petit garçon de 3 mois dont les droits reconnus dans les Conventions Internationales, sont méprisés dès son plus jeune âge pour satisfaire une politique du chiffre qui use de pratiques attentatoires aux droits de l’Homme.

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  • Conclusion du Tribunal où Sekouba était déféré : il va être libéré car convoqué sur mauvais motif "ITF du préfet" L’ITF est une mesure judiciaire qui ne peut être prise par un préfet et de surcroît inexistante pour Sekouba ! Il retourne à Fleury pour sa levée d’écrou et rejoint ses proches.

    Une belle lutte et une première victoire importante. On en a besoin en ce moment !
    Nous sommes tous heureux pour Sekouba, sa compagne et son fils.
    Bravo et merci à tous ceux qui ont contribué à cette issue heureuse face à un acharnement scandaleux, mais hélas trop fréquent, contre un père de famille.
    Grâce à Malika et tout Resf, et son avocate, c’est une victoire des droits.

    repondre message

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