vendredi, 15 décembre 2017|

30 visiteurs en ce moment

 
Questions de classe(s)

Seul ce qui dure est utile ; seul ce qui est utile peut durer.

Version imprimable de cet article Version imprimable Enregistrer au format PDF

Faire et fonder, en Pédagogie sociale

En Pédagogie sociale, on ne se contente pas de faire, on se risque aussi à la possibilité de « fonder ».

Cela mérite quelques explications. Faire, dans le sens d’agir, n’est jamais aisé. Nous savons que cela coûte au minimum de l’énergie.

Dans le domaine de l’intervention sociale, « Faire » est encore moins simple. C’est un risque, au sens que cela nous engage, nous expose, nous place sous le regard des autres et leur éventuelle critique.

Celui qui « agit » dans le domaine social est toujours en danger de ne pas être suivi, et de susciter des critiques qui peuvent être plus ou moins conséquentes.

Dans le domaine social, nous avons plutôt tendance à « réagir », plutôt qu’à agir. Cela nous engage beaucoup moins.

Quand on prend une initiative sociale, qu’on se risque dans l’espace public malgré tout ; quand, en un mot, on « agit » , on devient alors ce qu’on peut appeler un « acteur social ».

Ce stade qui correspond à celui de l’initiative est essentiel, mais il ne saurait suffire. En effet, une fois que nous avons agi, que faisons nous ? Est ce qu’on va juste remballer notre matériel et rentrer chez nous ?

Est ce que, trop contents d’avoir échappé au critiques, et aux risque auxquels on s’exposait, on se dépêche de rentrer dans la foule, la masse, la grisaille ?

En Pédagogie sociale, on essaie d’aller encore un peu plus loin. On ne cherche pas seulement à venir, à intervenir, mais à « revenir ». Au sens propre du mot, on ne souhaite pas seulement « agir » dans l’espace public, organiser des ateliers ponctuels , avec un début et une fin : on souhaite « FONDER » quelque chose qui durera dans le temps, qui s’éprouvera à l’environnement et à la relation avec les personnes concernées.

Ce n’est pas de « faire » , mais de « fonder » dont il s’agit. Cela veut dire qu’on cherche à creuser des « fondations » autour de nos actions.

Cette perspective de durée, de « retour » de « fondation », ne concerne pas seulement le fait qu’on l’annonce aux gens concernés. Non, la perspective de « durer » modifie l’ensemble des relations que nous établissons avec tout le monde. On n’habite pas de la même manière des relations destinées à un avenir et celles qui n’en ont pas forcément.

En Pédagogie sociale, on ne « passe » pas, on « voisine » , on « cohabite » , on s’installe. On ne fait pas qu’être simplement des acteurs sociaux c’est à dire des gens qui agissent , même en faisant très attention à ce qu’ils font . On est plutôt « auteurs », c’est à dire « fondateurs » .

Nous n’occupons pas seulement le terrain, nous nous préoccupons aussi du « sous-terrain », du « dessous de ce terrain là. Nous nous intéressons aux contextes, aux histoires. Nous prenons la peine de retenir les noms, les prénoms, les détails de la vie des gens.

C’est pour cela que ce travail est si difficile pour les acteurs sociaux. Ce n’est pas la même chose de se prêter un temps, un moment à une tâche, une besogne et même à une relation ; c’est autre chose de l’incorporer dans son environnement et contexte propre.

Cette ambition de « fonder » , de durer n’est pas qu’une bizarrerie, une fantaisie, une passion ou un excès. C’est aussi une nécessité : seul ce qui dire est utile ; seul ce qui est utile peut durer.

Par la volonté de « fonder », l’auteur social se donne les moyens nécessaires de mettre faire une œuvre utile, c’est à dire sur laquelle on compte.

C’est pour cette raison que nous rencontrons de plus en plus d’institutions, d’établissements, de complexes qui chavirent ou qui tanguent dans notre contexte social de crise ; alors que nos petits ateliers, contre toute attente, « durent ». Ils ont en effet cette qualité un peu « hors de prix » de s’enraciner et de porter des fruits.

Il y a de très nombreuses implications de cette démarche qu’il faudrait explorer. L’une d’entre elles concerne la question du matériel, de sa gestion, de la manière de le renouveler , de le faire durer, c’est à dire de lui donner littéralement « une vie ».

Lire la suite...

Association Intermèdes-Robinson

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

 
À propos de Questions de classe(s)
Questions de classe(s) Lire, écrire... lutter Acteurs de l’éducation : parents, travailleurs, chercheurs, issus de différents horizons associatifs, pédagogiques, syndicaux, etc., nous pensons que la question scolaire est une question politique. Notre pari est de proposer un espace (...)
En savoir plus »
Fils de nouvelles RSS

Lettre d’info n° 13 / février 2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

Livres jeunesse hiver 2012-2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | ... | 1152