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Questions de classe(s)

Saint-Denis : occupation d’une école contre l’expulsion d’une famille

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Source Paris-luttes infos

A Saint-Denis, la lutte contre l’expulsion d’une famille du quartier est montée d’un cran ce jeudi 16 avril : les habitant-e-s, parents d’élèves et enseignant-e-s ont décidé d’occuper l’école Doisneau-Casarès où deux enfants de la famille sont scolarisés.
Mise à jour vendredi 17 avril : Des parents occupent le hall de l’école. Le piquet devant la maison expulsable s’est tenu. Un planning s’organise pour continuer la lutte pendant les vacances, car beaucoup ne partent pas.

Nous, parents d’élèves de l’école Casarès-Doisneau, enseignants de cette école, voisins du quartier, membres du collectif "Pas d’enfant à la rue", du centre social Attiéké et d’autres collectifs de lutte contre le mal-logement, tenons à vous informer de la mobilisation décisive qui a lieu ce soir en soutien à une famille de l’école qui est menacée d’expulsion sans promesse de relogement. À la suite d’une réunion d’urgence, nous avons décidé d’occuper l’école cette nuit.

Cette famille de 4 enfants dont 2 sont scolarisés en petite section de maternelle et en CM2 à l’école Doisneau-Casarès occupe un logement au 27ter rue Cristino Garcia depuis 4 ans. Ces années ont permis aux enfants de retrouver une certaine stabilité, de se faire des amis dans le quartier et de poursuivre leur scolarité. Toute cette vie construite durant ces années risque d’être balayée par leur expulsion.

Dans le quartier beaucoup d’autres familles sont visées par des procédures d’expulsion. C’est toute la zone entre la rue du Landy et la rue Cristino Garcia qui est concernée par une vaste opération de transformation urbaine. En parallèle, les loyers augmentent et deviennent impossibles à payer. À St-Denis, au manque de moyens dans les écoles, s’ajoute le manque de moyens de plus en plus terrible des familles. La misère est de plus en plus visible.

L’adjointe au maire est venue nous parler. Loin d’entendre nos demandes, la mairie et la préfecture ont choisi la répression policière. Ou plutôt, l’adjointe nous a dit « vous avez dix minutes pour réfléchir » et aussitôt la police est entrée dans l’école. Comme quoi, quand ils veulent agir vite, ils le peuvent. Cette réponse est révoltante.

Nous renouvelons avec détermination notre demande d’un logement salubre et stabilisé à proximité de l’école pour cette famille, pour les 11 autres familles recensées par le collectif et toutes celles connaissant la même situation. Les enfants mal logés sont des élèves en danger !

Il y en a assez des expulsions ! Pas d’enfant à la rue !

Une conférence de presse se tiendra demain à 11h30 à l’école Casarès-Doisneau, 3 rue Cristino Garcia.

18h00 : Beaucoup de parents du quartier à la réunion d’urgence sur l’expulsion de la famille du 27ter. Faut dire, on se sent vite concerné-e-s par les problèmes de logement dans le quartier. Et ça fait chaud au coeur cette solidarité.

19h00 : Le gardien a pour consigne de ne plus laisser rentrer personne. Des parents qui sortent du travail ne peuvent pas venir assister à la réunion.
19h30 : Une représentante de la mairie vient intervenir, elle parle depuis un bout de temps mais elle ne donne aucun engagement.

20h00 : Finalement, elle fait du chantage pour qu’on évacue l’école, on lui répond que ces menaces sont inacceptables. Elle dit "Vous avez 10 minutes pour réfléchir" et elle sort, mais aussitôt la police entre dans l’école.

21h00 : L’expulsion de l’école occupée est imminente, alors même que des enfants sont encore à l’intérieur avec leurs parents. Il y a un gros déploiement policier autour du bâtiment et dans le quartier. Des jeunes amis des enfants menacés d’expulsion essaient d’entrer dans l’école.

22h00 : Expulsé-e-s de l’école par la police, nous restons un moment devant. Parents, enfants, enseignant-e-s, voisin-e-s crient des slogans devant les lignes de police : "Pas d’enfants à la rue, pas d’enfants dans les taudis" et "Des logements pour tou-te-s".

22h30 : Nous partons en manif sauvage jusque devant la grande maison rouge du maire "communiste" de Saint-Denis qui n’ouvre même pas sa fenêtre. Nous scandons devant sa porte "Pas d’enfants à la rue ! Pas d’enfants dans les taudis !"
P.-S.

Pour aller plus loin, voir aussi cette vidéo d’analyse sur la gentrification, qui touche de près ce qui se passe à La Plaine-St Denis, fleuron du projet du Grand Paris, ainsi que les textes liés au Collectif Pas d’enfant à la rue publiés sur Paris-Luttes.

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