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Questions de classe(s)

Q2C à la question... en préambule à la sortie de la revue

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Fin mars sortira le 1er numéro de la revue papier Questions de classe(s) co-éditée avec N’Autre école.

Ce numéro est déjà disponible en pré-commande ou par abonnement...
Pour en donner un avant-goût, nous vous proposons en billet de Une un extrait de ce n° où le collectif d’animation de Q2C revient sur ce projet.


Après plusieurs mois de « pause », la revue N’Autre école redémarre. Ce numéro commun avec le Collectif Q2C propose ainsi par la même occasion une première édition de sa version papier. Comment, en tant que participant(e), considérez-vous cette convergence ?

Bernard Collot – J’avais été très étonné de découvrir N’Autre école, une revue publiée par… un syndicat ! Étonné et par le titre qui en lui-même était une perspective inusitée dans un monde (le monde syndical) sclérosé, et par le contenu qui n’hésitait pas à la remise en question des pratiques. Le titre était beau. L’ouverture était déjà grande, on pouvait conseiller la lecture à un public plus large que celui des militants. C’est cela qui me semble important : si dans nos propres sphères il y a encore beaucoup à secouer, c’est en sortir qui nous fera peut-être gagner. Ce qui impose alors une écriture un peu différente (disons plus populaire) pour une partie du contenu (de nombreux textes du site ne sont lisibles que par des experts). On trouve facilement d’innombrables écrits de dénonciation. Beaucoup moins d’écrits, de témoignages, de perspectives étayées par des vécus, qui puissent faire entrevoir à un grand nombre tous les possibles. C’est peut-être une impulsion éditoriale à donner.

Valérie Guiffrey –  Comme nouvelle arrivée (n° 38), mon regard va vers le futur. J’ai tout d’abord découvert le site Questions de classe(s) avant de connaître la revue N’Autre école. Pour moi l’un ne peut pas aller sans l’autre ! De plus, les deux supports se complètent. Le site traite de l’actualité et offre un prolongement à la revue qui, elle, approfondit. La contrainte de la version papier limite la taille des articles des contributeurs, le site permet désormais ce prolongement.

 Anne Querrien – J’ai rencontré le collectif de rédaction de N’Autre école parce qu’il avait remarqué un petit bouquin que j’avais écrit sur l’école mutuelle. Je montrais comment au xixe siècle l’école mutuelle qui cherchait à permettre à tous d’apprendre avait été abandonnée puis réprimée au profit de l’école des Frères des écoles chrétiennes, dont la pédagogie était devenue la pédagogie normale, celle de l’école gratuite, laïque et obligatoire. Nous avons eu quelques réunions pour ­essayer de poursuivre ensemble. Cela patinait. Et puis le groupe m’a rappelée quand il a fondé Questions de classe(s), sans me tenir grief de l’abandon de cette première phrase de travail. C’est une ouverture d’esprit vraiment rare. Le choix du titre Questions de classe(s) dans lequel le pédagogique s’enlace avec le social et le politique est déjà un premier signe du sens de ce projet.

Olivier Ramaré – La revue N’Autre école s’est développée comme une revue de fond, avec des numéros thématiques, pendant une longue période. En elle-même, elle est vite devenue un outil de réflexion bien en amont des orientations de luttes, qu’elles soient syndicales ou plus généralement sociales. Une des lignes de N’Autre école est et a toujours été de façon duale d’analyser, de critiquer et parfois simplement de présenter l’existant, et d’éventuellement proposer des alternatives.
Le collectif Q2C se propose d’être plus près du terrain. D’une certaine façon, ce sera l’agence de presse de N’Autre école ! […] Comme de surcroît, ce site semble avoir été adopté par une large communauté, profitons-en ! Une partie de ce matériau prendra forme papier, mais cette fois de façon plus fouillée. Et le mouvement ne s’arrête pas ici, car nous pouvons enrichir le contenu de la revue par des documents électroniques ou des dépôts qui seront hébergés par le site, et même obtenir des retours à des articles ou des contestations de façon directe.

Franck Antoine – L’époque est propice à la division alors que les ennemis de l’égalité sociale et de l’émancipation semblent n’avoir jamais été aussi puissants. Dans cette période l’urgence est de tisser des liens entre toutes celles et tous ceux qui luttent pour une autre école égalitaire et libératrice.

Nicolas Hernoult – Plus qu’une convergence, il me semble qu’il s’agit tout simplement de convictions analogues qui s’expriment sous différentes formes. Peu impor­tent ces formes, peu importent les étiquettes, l’important est de nourrir l’effet boule de neige, que nous soyons de plus en plus nombreux à réfléchir ensemble à une autre école, une autre société.


« Lire, écrire… lutter ! », telle est la « devise » adoptée par le Collectif Q2C et qui entre en écho avec ce numéro commun. Comment la comprends-tu et surtout comment la décliner sur le Web et sur papier… ?

Grégory Chambat – Si je devais ajouter quelque chose à cette formule ce serait : « Lire, écrire… lutter ensemble ! » À l’origine de Q2C, il y a un double projet : mettre en place une sorte d’agence de presse alternative pour relayer les luttes sociales, les pratiques pédagogiques et les réflexions sur l’éducation (et pas seulement l’école) mais aussi – et peut-être surtout – défendre l’idée d’une complémentarité entre les combats sociaux et les pratiques pédagogiques.

Alexandra Henry – Pour moi ça a plutôt été : « Lutter, lire… écrire ! » Du fait de mon implication dans les luttes sociales, je me suis mise à bouquiner davantage : pour apprendre, pour mettre des mots sur ce que je percevais confusément, pour me sentir plus forte en constatant que je ne suis pas seule ! Et avec Q2C, j’ai passé le pas de l’écriture. Car écrire c’est partager : partager ses découvertes, ses convictions, ses combats mais aussi (surtout ?) ses doutes, son cheminement et ses tâtonnements. Bref, contrairement à ce que je pensais, écrire n’est pas un acte individuel mais un engagement collectif… une autre dimension de la lutte.

Solène Lalfert – Lire l’autre c’est lire sa vision du monde, c’est déplacer notre point de vue et découvrir une autre facette du monde qui vient enrichir la nôtre, l’empêcher de se scléroser. C’est entendre un autre discours que celui qui nous est servi en continu. Lire l’autre c’est recommencer à penser. Écrire c’est développer notre pensée, lui donner forme et la mener jusqu’à son terme. C’est en tirer les conséquences dans notre action. Construire notre pensée et la rendre lisible c’est déjà recons­truire le monde. Lutter c’est rester un sujet, c’est assumer la responsabilité qui est la nôtre en tant que personne dotée de la capacité de penser...

Laurent Ott –Tandis que nous sommes assaillis de bavardage médiatique régulier sur l’école, il n’a jamais été aussi évident que tous nos débats actuels tournent en rond : autorité, créativité, retour à l’école d’avant-hier ou ouverture sur les médias. Il semble que tous les débats aient déjà été menés cent fois. Et pourtant nous butons sur une réalité : l’impossibilité de l’école en France de changer quoi que ce soit à ce qui en elle reste inamovible, hors évolution possible. L’école en France n’est pas logique, elle est idéologique. Et c’est dans ce contexte que N’Autre école-Q2C, réussit à ne pas être un lobby de plus, un média de plus, mais à apporter une autre proposition : autorisons-nous à penser en dehors du cadre ; autorisons-nous à penser hors la classe et hors l’école. Permettre aujourd’hui de penser une éducation globale, à la fois formelle et non formelle. Inscrire la question de l’École et des apprentissages, dans une perspective sociale et d’éducation populaire, telle me paraît la place finalement unique de Q2C.


Écrire, c’est dire et se dire ; quelles sont tes raisons de réfléchir-proposer-écrire dans cette revue ?

Jean-Pierre Fournier – Je n’aime pas parler à mon miroir, et je n’aime pas les gens qui s’en contentent. Je ne pense qu’à voix haute (qu’à écrit diffusé). Non que j’aie besoin d’auditoire : mais d’interlocuteurs, oui.

François Spinner – J’écris très peu mis à part des notes de lecture mais/et je suis heureux de participer à une aventure collective qui me porte et m’apporte depuis plus de dix ans, et m’oblige à mettre en question mes pratiques en confrontant la réalité et mes aspirations.


Quels projets, quelles envies, quels espoirs pour la suite de l’aventure ?

Izabel Martineau – Pendant le premier stage PASE, j’avais proposé à Clément d’écrire son point de vue d’élève sur le Lycée autogéré de Paris, pour le numéro de N’Autre école qui suivait. L’expérience de suivre ce jeune dans son article m’avait donné envie de faire passer d’autres paroles d’enfants sur l’école et la société, comme le fait le Centre Paris-lecture. Ce numéro m’a donné la possibilité de tenter d’écrire à mon tour, pour « dire et me dire » et sans doute aussi pour m’aider à me sentir une interlocutrice. Surtout que ça continue ! Parce que je n’ai pas eu beaucoup le temps de profiter de cet outil, de ce lieu enrichissant où l’on peut débattre sans se battre !

Samuel Ronsin – Que ça s’ouvre davantage, au-delà du milieu enseignant. Faire de l’éducation une question renvoyant à la place de l’enfant dans notre société et non une affaire de spécialistes. Le site et la revue doivent permettre des convergences sans rechercher l’alignement. C’est pour cela que j’aimerais que l’on développe les blogs et que je suis attaché à la logique des dossiers. 

Jérôme Debrune – Sans savoir si c’est possible, je rêve d’une revue qui fonctionnerait à la manière d’un « intellectuel collectif » : un espace de convergence où des formes de subversions résiduelles finiraient par se nourrir les unes les autres pour réactualiser le projet d’une transformation radicale de la société dans un souci de justice, d’égalité et de commune espérance. avec ou contre, écrire c’est toujours nouer un dialogue en construction permanente. C’est aussi une manière de mise au net de ses pratiques pédagogiques ou de luttes quotidiennes, c’est rassembler des moments épars pour donner du sens à ce que l’on fait. C’est aussi populariser ces mêmes pratiques et, du coup, les partager. Lutter : c’est être dans le sang chaud de l’instant bien sûr. Mais il ne faut pas oublier non plus que des pratiques qui ne s’appuient sur aucune idée finissent par se dissiper dans le marécage où nous nous débattons. C’est peut-être ce que le mouvement syndical a perdu de vue : la transformation sociale radicale, c’est l’organisation d’une volonté collective de lutte portée par des idées qui sont autant d’images désirables. Les pédagogies émancipatrices ne sont-elles pas elles-mêmes une certaine idée de la libération humaine mise en pratique ?

Un projet pour la suite ? Fabriquer ensemble du commun et l’étendre, l’étendre, l’étendre… ■

Numéro commun N’Autre école - Questions de classe(s) : à commander en ligne

1 Message

  • Pourquoi une nouvelle revue, N’autre ecole semble trop élitiste ... Trop loin des classes et des luttes... Pour en être lecteur il ne me semble pas.

    On trouve parfois dans ce site déjà des éditos d’autres revues (icem, AFL) des articles publiés ailleurs. En le lisant régulièrement je trouve qu’il manque parfois justement de collectif. Je guette un "nous" qui pourrait se construire ici mais n’en vois que les prémisses. J’espère que la revue aidera à la construction de cet intellectuel collectif et lui souhaite un bel avenir.

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