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Questions de classe(s)

POSITIONNEMENTS SOCIAUX

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Toutes les vérités sont-elles bonnes à entendre ?

Peut-être, mais ce n’est pas toujours facile.

Par exemple cette information tirée du dernier rapport sur les Zones urbaines sensibles (onzus.fr), selon lequel les familles les plus pauvres s’enfoncent alors que toutes celles qui se situent au-dessus, même juste un peu au-dessus, voient leur situation se stabiliser ou s’améliorer légèrement. Si l’on ajoute à cela les éclaircissements et les interrogations troublantes de Louis Maurin, sur le précieux site de l’Observatoire des inégalités (http://www.inegalites.fr/spip.php?article1874), on se posera la question : qui verra les invisibles ?

L’école les voit-elle ? Oui, souvent comme un problème. Mais un problème sur lequel elle n’a pas de prise.

Alors soyons clairs : l’école ne peut, par on ne sait quelle baguette magique, résorber le gouffre des inégalités. Des inégalités qui jouent directement sur les résultats scolaires, rappelons que la Finlande tant citée a une échelle des revenus plus resserrée que celle de la France, ce qui n’enlève rien à la pédagogie mais remet les choses à leur place.

Mais elle peut faire quelque chose, oui. Viennent à l’esprit :
un meilleur accueil des familles populaires (une plus grande disponibilité, un autre ton que celui souvent employé, la valorisation des compétences parentales) ;
un positionnement clair : « nous sommes un collège de quartier », « cette école est la vôtre », « le système scolaire a été construit pour une petite minorité riche et il va falloir batailler pour en faire l’outil de tous », voilà un langage qu’on peut tenir ;
et bien sûr les pédagogies émancipatrices (Enseigner pour émanciper, émanciper pou -apprendre, chez ESF, est un ouvrage récent qui donne des idées).

Cela ne veut pas dire que c’est une honte d’avoir des salaires relativement corrects, la garantie de l’emploi et de longues vacances. Mais cela ne nous dispense pas non plus de regarder fraternellement vers ceux qui n’ont pas ces garanties.
Nous pourrions déterrer le vieux binôme situation de classe/position de classe, qui fait très années soixante et jargon marxiste, mais qui nous permettrait de répondre à l’article de Louis Maurin cité plus haut. Mais a-t-on besoin d’habillage théorique ou plus simplement d’un « parler-vrai » social qu’on entend peu dans nos journaux professionnels ou syndicaux et qu’il serait bon de mettre en place quand on reçoit ceux qui sont loin de l’école, de plus en plus loin, et pas seulement de l’école ?

Un rappel « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté » , qu’on peut commander sur le site d’ATD Quart Monde. A 5 €, même passé Noël !

JP Fournier

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