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Questions de classe(s)

Oser le bonheur public : KroniKs des Robinsons du 8 Avril et Graines d’Orties 556

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[rouge]« Société de bonheur privé et de malheur public », Jean Viard
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Sans qu’on ne sache vraiment pourquoi , il semble toujours admis, évident , incontournable même que l’idée du bonheur renvoie à notre vie privée.

Ainsi toute représentation que nous en avons concerne des domaines qui s’affirment d’abord par leur rupture vis à vis de la vie sociale et collective : tourisme, vie sentimentale, habitation, intérieur, tout ce qui est « cosy », tout ce qui nous renvoie sur nous même, tout ce qui nous permet d’échapper au monde.

L’image du bonheur nous est présentée dans une première voie comme un repli, un refuge, une consolation.

[bleu ciel]Société et bonheur de consolation…
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Les jeunes des cités d’ici rêvent de Dubaï et de marchandises de prestige. Le bonheur serait un grand centre commercial qui leur serait ouvert, mieux qui leur ressemblerait. Les familles plus bourgeoises rêvent de tourisme, d’expériences à se partager en privé et en famille. Curieusement pour les uns comme pour Le bonheur prend de multiples dimensions ; mais toujours, il serait bonheur par sa rupture avec notre vie publique et sociale du moment. On jouirait de son temps en parvenant à le consommer ; à se fabriquer du souvenir de rêve ; on se consomme soi même en croyant s’offrir le monde.

[bleu ciel]Société et bonheur de consolation.[/bleu ciel]

D’où vient que le bonheur nous renvoie toujours à des images de vie privée ? D’où vient que la vie publique , sociale , immédiate se présente à nous comme ce qui nous perdrait, nous épuiserait, ce dont il faudrait s’évader ? D’où vient que nous sommes incités à habiter davantage nos rêves que nos vies ; davantage le lointain que l’immédiat, la solitude plus que la société ?

Éloignement ou rêve, le bonheur nous est toujours présenté comme une rupture. C’est une invitation perpétuelle, une tentation à regarder ailleurs.

L’image de la vie publique , de la vie sociale qui ressort d’une telle partition est catastrophique. Cette vie là ne serait acceptable que si elle est la plus réduite, la moins encombrante possible.

Nous sommes invités non pas à changer nos vies, mais à nous retrancher d’elles, de la manière la plus confortable ou la plus rassurante possible. Nous sommes privés de limiter nos rêves à la taille de nos vacances, de nos appartements ou de nos petits jardins.

[bleu ciel]Les précaires, eux , sont passés de l’autre côté du miroir[/bleu ciel] ; pour eux , l’illusion de la vie privée s’est écroulée ; elle ne les a en rien protégés contre la violence économique , sociale et politique qui nous entoure. Les précaires ne peuvent plus croire aux mêmes sirènes, aux partitions artificielles ; ils ont fait l’expérience de l’unicité de la vie.

De fait ils peuvent s’offrir le luxe de rechercher un bonheur collectif, communautaire, public. Ayant déjà perdu, ils ne redoutent plus la dépossession.

[rouge]De vendredi à lundi : STAGE DE PEDAGOGIE A BUNO[/rouge]

Pour cette nouvelle édition, le stage de Pédagogie Sociale s’était fixé un objectif ; définir les bases communes, les ressorts, les outils de toutes les expériences en cours de pédagogie sociale que nous représentons.

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