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Questions de classe(s)

Ne viens pas en spectateur

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Ne viens pas en spectateur

par Tito Galli,

Nous nous posons quotidiennement de multiples questions , avant chaque atelier tous ensemble, pendant chaque atelier ; chacun pour soi, après chaque atelier ; de nouveau tous ensemble dans les débriefings.

Nous vivons dans une société qui est pétrie de dominations, de mensonges, de manipulations. Nous mêmes nous sommes faits de ça. Mais la vie qui est en nous, nous pousse sur un chemin de libération.

C’est ce que nous essayons de faire chaque semaine dans chaque atelier avec les enfants et les familles. Dans les ateliers nous ne sommes pas là pour les enfants. Nous sommes là pour nous, pour les enfants, pour nous et les enfants, pour nous et les enfants et leurs familles : dans un environnement de domination, de violence, d’injustice, de mensonge, de manipulation.

Nous cherchons de nous en libérer, ensemble, de construire un milieu de relations de confiance, avec toutes le contradictions et les ambiguïtés dont nous sommes faits et dont nous sommes conscients (plus ou moins). Mais nous vivons au quotidien cette quête d’utopie, mieux cette quête d’un autre topos, encore mieux cette quête d’un topos autre. A propos d’utopie, de »non lieu » nous en aurions besoin pour toutes le bêtises que nous faisons ;-).

Nous ne disons pas comme nos mères quand elles en pouvaient plus : »qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ces enfants ? ». Nous nous disons : »qu’est-ce que je peux faire avec ces enfants pour que nous nous en sortions ensemble ? »

Nous le faisons avec ce que nous sommes, avec nos moyens limités, avec nos forces limités mais nous le faisons parce que nous parions sur la vie.

Nous ne vivons pas la fin du capitalisme, mais la fin d’un monde : d’un monde qui est déjà mort mais qui fait semblant d’être en vie à force de violence et de mensonges.

Mais nous faisons le pari de la vie. Comme Hannah Arendt qui, en écoutant le Messie de Haendel, a eu l’intuition que le sens de la vie c’est la naissance et non la mort, nous parions sur la capacité de l’homme de créer, de produire du nouveau : la création (et non simplement les techniques de créativité que j’ai apprises et enseignées en entreprise). Créer c’est produire de l’unique.

Créer ces topos autres pour que la vie survive, demande du temps, de la constance, de la ténacité.

C’est la stratégie des moments avec tous ses limites et ses fragilités qui nous permet de traverser notre époque pendant que des milliers d’autres hommes créent à leur façon ces mondes autres qui vont survivre au système qui s’écroule.

Parfois c’est notre langage un peu rêveur qui fait dire que ce que nous faisons ne correspond pas à ce que nous disons.

En fait notre langage est inspiré par la foi que nous avons dans la vie. Dante disait que la foi est la substance des choses espérées et l’argument de celles qui sont absconses (je traduis de mémoire de ce qui me reste du lycée).

Tu sais, quand un enfant sort du ventre de sa mère n’est pas toujours très beau à voir mais c’est l’espérance qu’il porte en lui qui fait l’émerveillement des la sage femme et des parents. C’est cette espérance qui fait leur dire : »c’est beau !!! ».

Ce que nous faisons peut paraître insignifiant si nous n’y voyons pas l’espérance qu’il porte : le monde autre qui commence déjà à être là.

Tout ça pour te dire que tu seras toujours le bienvenu. A une condition : de ne pas venir comme spectateur mais comme auteur.

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