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Questions de classe(s)

Les yeux qui tâchent

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Les yeux qui tâchent - KroniKs des Robinsons du 15 X 2015 et Graines d’Orties

Nous avons les yeux qui tâchent, un regard qui laisse un peu de nous sur les personnes et les situations que nous avons à connaître.

Nous sommes pris et contenus dans les rencontres qui nous impliquent ; dans les situations , les événements qui nous troublent.

Nous avons les yeux qui tâchent car notre regard se transforme. Nous ne pouvons plus voir les gens ou leurs problèmes, depuis les institutions qui sont censées les « traiter ». Elles se bornent en réalité et de plus en plus à gérer des flux, des démarches , des procédures. Leur première fonction est d’éloigner du regard des professionnels et des acteurs sociaux, le quotidien des gens dont il s’agit.

Les voici réduits à des cas, à des situations, des mesures. Le regard de l’acteur social se détourne petit à petit de ce qui fait la richesse de la réalité à laquelle il s’affronte. Son regard se porte sur des dossiers dématérialisés sans contact et sans contexte.

Son regard se repose. C’est un regard qui lâche.

Nous avons le regard qui tâche , car il existe aussi des regards qui cachent ; des observations qui ne voient rien, des bilans qui n’apprennent rien de ceux dont il est question ; des dossiers qui enfouissent, des études vaines. Il y a ainsi des regards qui dissimulent , des paroles qui taisent, des rapports qui distraient, des non -savoir en marche.

On forme dans les écoles de Travail Social les professionnels sociaux à l’observation ; on leur dit que c’est là le coeur de leur métier, de leur « posture » de leur fonction. Mais comment voir avec un regard éteint ? Comment saisir ce qui est caché ? Le contexte, les violences invisibles, les fractures culturelles, éducatives et sociales ?

Comment percevoir ce qui agit et qui ne se voit pas ?

Où apprendre, où acquérir, où aguerrir un tel regard qui tâche ?

Le regard qui tâche est un regard qui fâche ; c’est pour cela qu’on ne l’apprend guère, et que parfois on en a peur . Il n’y a pas moyen de pénétrer dans la réalité de l’autre et de rester indifférent. Mais alors quel est le coût , quel est le prix de cette relation invisible ? De cette alliance périlleuse ?

On préfère se parer de bonnes intentions pourvu qu’on n’aille pas y voir de trop près, que ce ne soit pas à nous de réaliser le travail, les démarches et de se confronter à la difficulté d’obtenir même les droits les plus élémentaires.

On fera alors l’apologie vaine du regard distant , de celui qui ni ne tâche, ni ne fâche, mais ne voit rien.

En Pédagogie sociale , ce n’est pas notre fonction, pas notre mission qui déterminent notre regard. Ce n’est pas notre place, notre poste, notre institution. C’est la rencontre…

Un regard qui en croise un autre et qui s’inscrit dans une vie commune. Pas de triche.

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Graines d’Orties 5 cent quatre vingt 6

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