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Questions de classe(s)

Les urgences chroniques

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Écrit par Laurent Ott et publié par Les KroniKs

Les études épidémiologiques en matière de santé sociale mettent en évidence la prévalence des affections médicales chroniques chez les personnes pauvres et précaires , alors que les problème de santé des classes sociales plus favorisées se situent davantage dans le domaine de « l’aigu ».

La santé n’est pas seule en cause ; une certaine forme de chronicité s’abat en effet sur tous les problèmes que peuvent rencontrer les familles pauvres et précaires. Il n’y a pas que la santé qui soit « chroniquement mauvaise », mais c’est évidemment la situation financière, la question du logement, de la scolarité et de l’emploi de tous (et particulièrement des jeunes) qui souffrent … de difficultés CHRONIQUES.

La vie des précaires est également marquée par la chronicité sur le plan moral et psychologique : morosité et dépression y sont beaucoup plus courants … y compris et surtout pendant l’enfance.

Ce qui est toujours étonnant c’est de voir comment toute cette chronicité aboutit souvent à des services d’urgence médicale et sociale qui , en milieu populaire , deviennent des files d’attente interminables, et des centres de distributions de semi solutions sans lendemain, ni traitement de fond.

Ainsi en banlieue et milieu populaire les services des urgences hospitalières voient ils affluer « toute la misère du monde « qui vient comme y échouer et y rebondir. De même le services dits d’urgence sociale avec leur attente téléphonique et musicale interminable (vous voulez essayer ? Appelez le 115, vous verrez)

Il faut paradoxalement une solide santé et un solide morale pour survivre aux services d’urgences… qui s’adressent aux difficultés endémiques et chroniques de notre société.

En pédagogie sociale , on ne répond pas par de l’urgence sociale à ce qui relève des problématiques de fonds et chroniques de notre temps. On essaie au contraire d’y répondre PAR DU DURABLE. Et le durable, au fond c’est presque le contraire du « Chronique », car tout ce qui est chronique, repose toujours sur un cycle, et une forme d’oubli qu’on a déjà fait mille fois le même chemin, et les mêmes démarches. Le durable repose au contraire sur la mémoire et sur l’effort pour aller un peu plus loin, pour « en sortir », enfin. En bref la chronicité, c’est un peu un « truc Alzheimer », un phénomène de notre temps.

Nous nous préférons la mémoire des temps vécus ensemble, de nos rencontres inoubliables. Nous préférons la mémoire de ce que nous avons commencé il y a longtemps, de ce que nous avions décidé quand nous étions plus jeunes, et même quand nous étions enfants. Nous préférons ne forme de fidélité , non pas vis à vis d’une cause, mais vis à vis du temps.

Sur nos ateliers, dans notre local, nous rencontrons tous les malheurs chroniques et épidémiques de nos villes et bidonvilles et nous y répondons sans urgence , sans nous dire a priori « ce n’est pas possible », ou « on ne peut pas s’en occuper ».

Car nous n’apportons aucun remède immédiat pour faire taire les symptômes sociaux, nous pouvons les supporter , c’est aussi dire un peu « les souffrir ».
Parce que nous savons souffrir ces problèmes, nous pouvons alors faire en sorte qu’ils fassent moins souffrir. Ce n’est déjà pas si mal. C’est déjà un grand pas.

Nous pouvons alors apporter d’autre chose que des remèdes sans lendemain et des cache -misères. Nous n’éliminerons pas les problèmes qui bougent les gens et les systèmes. Nous y apporterons peut être quelques couleurs. Ce n’est pas grand chose ; mais il serait difficile d’en rêver davantage.

Graines d’Orties des KroniKs SIX cent 23 :

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Ce soir : soirée conviviale, salle Bretten, à Longjumeau, à partir de 19:30

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