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Questions de classe(s)

Les chroniques de Véronique Decker (7) : Roms

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Tout au long de l’été, nous vous proposons de suivre les chroniques de Véronique Decker "Enseigner dans la 93"

Roms

Je n’ai pas choisi d’avoir des enfants Roms dans mon école. Cela s’est trouvé comme ça. Un hasard lié à un patrimoine industriel effondré, qui permettait à Bobigny plus qu’à Neuilly de construire des bidonvilles et à la présence dans l’école d’une classe d’accueil pour « non francophones ».
Tout est venu petit à petit. Chacun d’eux nous a posé des questions : comment faire pour scolariser des enfants qui n’avaient pas appris tout ce qui s’apprend en maternelle : attendre son tour, ne pas frapper, rester appliqué sur une tâche, ranger le matériel. Nos premiers élèves Roms nous ont fait damner. Nous ne savions pas bien faire et eux non plus.

Mais nous n’avons pas lâché prise. Et puis, il y a eu un incendie, puis une expulsion, puis d’autres expulsions, encore un incendie, toutes les misères des bidonvilles qui nous ont renvoyé direct dans le XIX ème siècle, avec son lot de misère, de rats, de Cosettes et de Fantines.
Là, où beaucoup d’écoles ont baissé les bras, comme dans l’histoire de la petite souris tombée dans une jatte de crème, nous avons continué à agiter la crème pour qu’elle devienne beurre et que nos élèves puissent prendre quelques appuis, même glissants. Alors, d’autres enfants Roms sont venus ;

Après, je suis devenue l’hégérie des Roms. Comme s’il était extraordinaire de les avoir acceptés dans une école, épatant qu’ils y apprennent quelque chose et surprenant qu’ils ne nous aient pas égorgés vifs dans les couloirs de l’école. Il y a eu même des caméras pour filmer nos « réussites », comme si les progrès des élèves Roms n’étaient pas plus dus à leurs efforts qu’aux nôtres, comme si leurs difficultés n’avaient aucun lien avec les conditions sociales dont ils sont victimes.

Je n’ai aucun attachement particulier pour « les Roms ». J’aurai fait de même si des enfants du Zimbabwé étaient venus vivre à Bobigny dans des bidonvilles. Et s’ils avaient été Suédois, je n’aurai pas changé d’opinion. Comme pour les autres élèves et leurs parents, certains sont sympathiques, d’autres moins, mais le droit de chaque enfant à apprendre durant l’enfance plus que ce que ses parents peuvent lui transmettre est pour moi identique. Jusqu’à l’arrivée des Roms, j’avais naïvement cru que cette idée était partagée largement par l’ensemble de la population, et qu’après les tirades de Victor Hugo sur les prisons qui seraient fermées par l’ouverture des écoles, tout le monde avait bien réfléchi.

Non, le XXème siècle avait pensé qu’un million de juifs pouvait créer un million de chômeurs en France, le XXI ème siècle réussit à croire que 20 000 roms venus en France créent 5 millions de chômeurs....C’est dire si le niveau en maths baisse...

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