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Questions de classe(s)

Les Chroniques de Véroniques Decker (13) : 50 nationalités

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Les chroniques de Véronique Decker "Enseigner dans la 93"

50 nationalités

Au tout début des ZEP, pour être ZEP, il fallait avoir des étrangers. Le plus d’étrangers possible, et si possible bien étranges. Alors, quelques équipes, quelques chefs d’établissement du secondaire, ont commencé leur « projets de ZEP » par cette phrase fétiche : Dans le quartier de....(ajouter ici des noms de poètes éternels, de peintres cubistes , de romanciers du progrès social), nous avons dans les écoles 44 nationalités (ou 86, ou 37, le nombre importe peu, mais il faut que ce soit supérieur à 20 pour faire pleurer dans les chaumières. Ensuite, on pouvait réclamer des sous pour faire des fêtes, des petits déjeuners, des classes vertes, des bibliothèques, on remplissait des « fiches actions » et l’Etat envoyait des pépettes. Le coordinateur de ZEP écrivait un bilan dithyrambique, expliquant que le petit déjeuner avait lutté contre l’échec scolaire, que la classe verte avait permis la remontée des résultats en maths, et que la bibliothèque n’avait malheureusement pas pu ouvrir ses portes de l’année, faute de la livraison du plastique pour couvrir les livres. OK : je caricature. Mais le pli était pris, et de 1990 à 2010, pas un texte sur les ZEP ne se pose la question clé : en quoi le fait d’avoir plusieurs nationalités dans une école est un souci ? Par exemple, le lycée américain de Neuilly, il a combien de nationalités de fils d’ambassadeurs ? Et il a des soucis de résultats scolaires ? A l’inverse, il y a des pauvres bios, produits localements, qui ont des soucis réels avec l’école, parfois davantage même que la jeunesse issue de l’immigration, mais de cela il ne faudrait pas parler...De toutes les manières, personne ne lisait réellement ni les projets ni les comptes rendus. Le coordinateur de ZEP devait rendre un bilan global dans lequel il écrivait « Dans la ZEP des (ajoutez au choix des noms de fleurs sauvages, de savants connus, voire d’ arbres feuillus) , pour aider à l’intégration des 56 nationalités présentes dans les groupes scolaires, nous avons mis en oeuvre 43 actions fédérées par le projet de territoire. » et zou, le tour était joué.
A l’époque, on se moquait allègrement en « conseil de ZEP » de tous ces travers. Mais aujourd’hui où tout cela a disparu (les financements, les projets, les moyens et les aides...) on irait même jusqu’à verser une larme de regret sur les assistants d’éducation qui nous aidaient en bibliothèque et sur les financements qui permettaient d’acheter des livres.

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