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Questions de classe(s)

Le 2 juin à Saint Malo, une violence policière inacceptable

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Une tribune du collectif Aggiornamento Histoire géo suite aux événements de Saint-Malo à laquelle s’associe le collectif Q2C

Rédacteurs, rédactrices : isabelle Bourdier-Porhel, Laurence De Cock, Hayat El Kaaouachi, Eric Fournier, Guillaume Mazeau, Servane Marzin, Véronique Servat.

À Saint-Malo, un collège relevant de l’éducation prioritaire est menacé de fermeture. Accueillant à peine plus de 200 élèves, son existence est jugée trop coûteuse par la calculette qui « pilote » et « manage » désormais l’institution scolaire et plus généralement le service public.

Cela fait plusieurs années que toutes et tous, sommes habitué.e.s à lutter contre ces coups-bas faits à l’éducation prioritaire au mépris des intérêts des enfants, de leurs parents, des collègues également. Fort logiquement les usagers de ce collège se sont mobilisés pour faire entendre leur légitimité à continuer d’exister au sein d’un établissement qui, apparemment, remplit tous les critères du bon fonctionnement. Parents, élèves et professeurs se sont donc réunis pour manifester leur colère, à coups de banderoles bariolées, de chansonnettes peut-être, de slogans bien trouvés. Bloquant l’entrée du collège, et dans une atmosphère bon enfant, ils ont publiquement fait valoir les raisons de leur colère.

Toutes et tous ici, en quelques années de carrière dans les établissements d’éducation populaire, avons manifesté, occupé des locaux, tapé dans des casseroles devant des rectorats, mimé des situations burlesques etc, souvent pour des résultats fort dérisoires, mais c’est une autre question.

Pourtant, à Saint-Malo, un pas a été franchi. Tandis qu’on envoyait, jusque-là, un émissaire-démineur des autorités de tutelle pour tenter de calmer le jeu à coups de promesses vides et d’éléments de langage que nous pouvions réciter d’avance ; à Saint-Malo, le Rectorat a envoyé la police.

Le 2 juin 2016, une dizaine de policiers ont déboulé comme pour mettre fin à un hold-up dans une série policière, devant des enfants de 11 à 14 ans, leurs parents et leurs professeurs. Les vidéos sont sans appel. La brutalité physique, violence aveugle, disproportionnée et inutile a blessé 11 enfants, parmi eux 3 furent hospitalisés dont un pour une fracture à la jambe.

Répétez après nous, pour ne jamais perdre le sens de la mesure : « Le 2 juin, des enfants ont été blessés devant leur collège lors d’une intervention policière ».

Jour après jour, presque toutes les violences possibles autorisées par l’état d’urgence, que nous pressentions et redoutions, se réalisent. Force est de reconnaître que personne n’avait anticipé, ni même cru possible, celle-ci. L’imagination a plus de limites, semble-t-il, que la banalité des brutalités policières.

Où sont les associations pédagogiques si promptes à protéger le bien-être des enfants ? Où est le communiqué intersyndical qu’aurait dû immédiatement déclencher un tel événement ? A ce jour nous n’avons vu que la réaction du SNES et de la FCPE.

Sommes-nous à ce point anesthésiés que l’on en viendrait à laisser cette information se diluer, parmi le flot de faits dramatiques qui nous submerge depuis quelques mois ?

Jusqu’à quand laissera-t-on la police matraquer des enfants et adolescents dans cette société ? Combien de cas déclarés et pourtant non poursuivis ces dernières semaines ? Comment défendre, par ailleurs, les quelques pré carrés d’une éducation dont on souhaiterait voir prouvé le caractère prioritaire autrement qu’à coups de déclarations tonitruantes du gouvernement ?

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