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Questions de classe(s)

« L’école, fille et servante du capitalisme » : le regard d’Ivan Illich

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L’école, fille, servante, mais aussi mère du capitalisme, aurait pu dire Illich qui, avec la société sans école, dans les années 70, présentait avec brio un pamphlet sévère et radical d’une institution dont on ne doute que très rarement du bien fondé, en particulier pour des raisons anthropologiques, car, semble t-il, elle serait devenue un mythe central de la société moderne.

Dans la critique Illichienne du capitalisme, l’école apparaît en effet de manière prépondérante. Productrice de diplômés à travers la formation, cette superstructure mondialisée permet de distribuer le rang qu’occupera telle ou telle personne dans la société. Moyen de compétition entre les individus, elle se fait aussi, à plus large échelle, moyen de compétition entre les nations. Plus grave encore, c’est à l’imagination même de l’individu qu’elle s’en prend, laissant penser que tout salut ne saurait passer que par l’école, et faisant croire au pauvre qu’il est inférieur parce qu’il n’a pas suivi à la lettre le cursus normal.

Nous sommes tellement habitués à un tel fonctionnement que nous ne nous apercevons plus vraiment de son arbitraire. Auparavant, la place de l’individu au sein de la société se légitimait par le karma par exemple « fixant à quelle caste un être humain appartiendrait », « la lignée généalogique », « une suite de cérémonies initiatiques »...« Par le système de la scolarité universelle », indique Illich, « on espérait ne plus faire dépendre la place future dans la société que des mérites de chacun placé au départ avec des chances égales ».

Ca n’est rien de moins qu’à un nouveau « code rituel » ou « mythe » auquel nous avons à faire avec l’institution scolaire. « L’école est devenue la religion mondiale d’un prolétariat modernisé et elle offre ses vaines promesses de salut aux pauvres de l’ère technologique. »

Le savoir saura t-il un jour se dépêtrer du monopole institutionnel pour se répandre dans le tissu social et constituer ainsi une vaste éducation libre et populaire, non plus restreinte par ce que Paulo Freire appelait la pédagogie bancaire ? Car ne nous y trompons pas, tout savoir standardisé, produit par quelque institution que ce soit, aussi scientifiquement que possible, si elle ne s’appuie pas sur le désir de celui qui apprend, restera toujours une marchandise, moyen de coercition, servant le maintien du système tel qu’il est. Un appel aux « réseaux du savoir »... ?

Romain

Pour les citations, voir Ivan Illich, Une société sans école, 1971.

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