samedi, 18 novembre 2017|

19 visiteurs en ce moment

 
Questions de classe(s)

L’école « en marché » Décoder les nouveaux marketings pédagogiques. Appel à contribution : N’Autre école, n°8

Version imprimable de cet article Version imprimable Enregistrer au format PDF   5 commentaire(s)

« Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail »… tel est le slogan de la campagne sur l’école lancée par le Medef au printemps 2017.

Le patronat n’a, en réalité, jamais cessé de s’intéresser aux questions éducatives en voulant y imprimer sa marque brutale. Depuis longtemps déjà, « l’école, fille et servante du capitalisme » (Célestin Freinet) est loin d’être un sanctuaire. N’en déplaise à celles et ceux qui, depuis trois décennies, pensent que l’horizon de l’école serait dans un retour en arrière… Leurs critiques détachées de toute perspective sociale fournissent d’ailleurs des armes aux tenants du néolibéralisme qui se positionnent aujourd’hui comme « l’avant-garde » de la contestation de l’institution et de la dénonciation de ses dysfonctionnements.

C’est donc « en même temps » au nom de l’employabilité, de l’efficacité, de la performance mais aussi du bon sens, du pragmatisme et des vieilles recettes pédagogiques de grand-mère qu’avancent ces attaques new-look contre le service public d’éducation. Il s’agit, de mettre l’école « en marche » et « en marché », en convoquant les neurosciences, les pédagogies du libre épanouissement (Montessori, Alvarez), les nouvelles technologies, etc. Afin que chacun fructifie son « capital humain », se met en place une « offre » scolaire concurrentielle et segmentée pour chaque part de marché : école low-cost (Espérance banlieues), établissements « prestigieux » – hors contrat et hors de prix. C’est aussi la célébration de la prise en charge par les individus eux-mêmes du financement de leurs études (voir le boom des crédits étudiants).

Ce numéro invite à décoder, derrière le marketing, cette « nouvelle guerre scolaire », avec comme volonté de défendre l’école publique, non pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’on voudrait qu’elle soit.

Vous pouvez nous envoyer vos contributions à admin chez questionsdeclasses.org

5 Messages

  • Bonjour,

    je suis intéressé par donner une contribution. Dans quel délai, sous quelle forme, combien de signes ?
    Je vous laisse un lien qui correspond à mon blog mediapart et à propos de l’association Energie Jeunes. J’ai le projet d’étoffer encore cet article.
    Merci,
    PL

    Voir en ligne : https://blogs.mediapart.fr/pascalla...

    repondre message

  • Eh oui ! (grrr) . Si l’on écoutait le Medef, il n’y aurait à l’école que des cours de management et de spéculation. L’ultralibéralisme s’infiltre partout bien entendu. Il faut commencer jeune ! Un très bel article datant de 1976 "En 1979, en collaboration avec Madeleine FIGEAT, il a poursuivi la démarche entreprise avec L’Ecole aux enchères 12).
    Mais cette fois, les auteurs l’élargissent à une double réflexion : celle alimentée par les textes de tous bords, du ministère
    à Perspectives d’éducation populaire 13), en passant par la F.E.N ., avec l’intention de démonter un discours pédagogique
    majoritaire mystificateur I<de nouvel évangile pédagogique »), le tout appuyé sur une dénonciation chiffrée et percutante
    de la programmation de l’échec scolaire ; celle qui vise à mettre en évidence les réductions opérées par les
    démarches coopératives et institutionnelles dans une école qui prépare avant tout à la division sociale du travail capitaliste
    renforcée par une déqualification accrue du savoir et des emplois" (https://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/23914).

    Le fait n’est pas nouveau. La nouveauté, c’est peut-être que le MEDEF se soit autorisé à le dire haut et fort. Un analyseur institutionnel peut-être que cette déclaration du Medef ?

    repondre message

  • Bonjour,
    Juste une précision sur l’école : on ne défendrait pas l’école publique pour ce qu’elle est ? C’est-à-dire qu’on ne défendrait plus l’obligation, la gratuité (partielle) et la laïcité ? De quoi parle-t-on ? Des fondements et de l’histoire de cette école (à laquelle la Commune a participé et qui fut saluée par Engels) ou des perfectionnements qu’on voudrait y apporter ? Il s’agit de clarifier le débat.

    repondre message

  • Décoder les nouveaux marketings...
    l’accord multilatéral sur l’investissement, rebaptisé TAFTA tance encore les états pour la libéralisation de la santé et de l’enseignement...
    "il ne faut pas avoir peur de de venir riche" disait à peu prés notre président français... Mais riche seulement alors...
    L’éducation n’est pas en odeur de sainteté dans ce gouvernement, mais est plus un marché donc, qui pourtant est déjà en partie financé par l’état, pour ce qui est de l’enseignement privé... Sont ils capables, ces établissements de respecter leur logique de libéralisation ? Même pas...
    Le souci c’est que l’éducation conçue comme une marchandise deviendrait donc l’apanage du possédant...

    repondre message

  • Lu dans la thèse Christian Cazeneuve, "Désarroi de l’enfance, l’enfant sans symptôme" :

    "Deux textes de lois des années 2000 sont des moments clefs de cette mutation néolibérale de l’école : la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005, et la circulaire de 2008 fixant les nouveaux programmes pour l’école primaire,centrés sur la notion de compétence. Ces deux textes vont injecter de façon inédite jusqu’alors l’idéologie néolibérale au cœur des dispositifs pédagogiques.

    La loi d’orientation de 2005, a provoqué un véritable choc dans le monde de l’éducation en instaurant une obligation de résultat ; elle anticipe dans le champ de l’éducation, la mise en application de la L.O.L.F523, prévue au 1er janvier 2006.
    La circulaire de préparation de la rentrée de septembre 2005, qui s’inscrit dans la perspective cette loi d’orientation, est explicite :
    « L’entrée en vigueur au 1er janvier 2006 des dispositions de la L.O.L.F. place l’obligation de résultat au cœur des principes qui régissent le pilotage de l’action éducatrice de l’État à ses différents échelons. […] C’est au regard de l’atteinte de ces objectifs, qui engagent l’ensemble des acteurs et des responsables du système, que sera évalué par le Parlement l’efficacité du système éducatif »

    Je n’ai jamais compris d’ailleurs pourquoi les enseignants acceptaient d’utiliser les livrets de compétence. C’est tout de même directement issu des éval propres au management. Rien que le nom, livret de compétence est tristement parlant.

    repondre message

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

 
À propos de Questions de classe(s)
Questions de classe(s) Lire, écrire... lutter Acteurs de l’éducation : parents, travailleurs, chercheurs, issus de différents horizons associatifs, pédagogiques, syndicaux, etc., nous pensons que la question scolaire est une question politique. Notre pari est de proposer un espace (...)
En savoir plus »
Fils de nouvelles RSS

Lettre d’info n° 13 / février 2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

Livres jeunesse hiver 2012-2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | ... | 1132