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Questions de classe(s)

Inégalités scolaires : qu’en faire ?

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Quand le journal Libération* scrute « à la loupe » les inégalités scolaires

-  20, 5% des élèves issus de milieux défavorisés ont redoublé au moins une fois dans le primaire contre 3,6% des élèves issus de milieux de favorisés. Demandons-nous : quel est le pourcentage des maîtres non remplacés en cas de maladie dans les deux milieux ? Il présente au moins le même écart.
-  21,7% des élèves vivant en ZUS arriveront avec un an en retard en sixième contre 11,6% hors ZUS. Ces chiffres sont la répétition des précédents.
-  Les élèves des milieux favorisés réussissent le brevet haut la main, quand 75,3% seulement le réussissent dans les milieux défavorisés.
En fait les établissements des milieux favorisés ont un taux de réussite de presque 100% tandis que les établissements sis en milieu défavorisés, c’est à dire d’urbanisation plus récente, de prix des loyers moins chers, ont un taux plutôt de 66%. On est en troisième, la machine à centrifuger a déjà bien commencé son travail.
-  Les élèves de milieux défavorisés consacrent moins de temps à faire le travail à la maison que leurs camarades plus favorisés.
N’ayant pas leur chambre, devant partager la table avec celle du souper, leur temps avec la garde des plus petits ou les courses, encaissant de façon muette les coups du sort qu’ils perçoivent à la mine de leurs parents, ils ont plein d’autres soucis. L’enquête ne s’intéresse d’ailleurs pas à la taille respective des chambres et des appartements qui frappe les visiteurs étrangers.
-  Les enfants d’immigrés courent deux fois plus que les français le risque de sortir du système sans diplôme.
Courraient-ils autant ce risque si leur langue et si les compétences de leurs parents étaient reconnus, si le système organisait la mise en commun de tous les savoirs ?
-  46% des bacheliers fils d’ouvriers étaient dans la filière professionnelle, qui valorise le savoir technique, alors que ce n’étaient le cas que de 10% des bacheliers de catégories favorisées, les autres étant dans les filières générales qui ouvrent la porte des grandes écoles.
En Allemagne l’appréciation d’un tel résultat irait différemment : les filières professionnelles sont les plus favorisées, et la formation professionnelle longue jugée ouvrir la voie aux industries exportatrices.
-  Un enfant a trois fois plus de chance d’accéder sans redoubler au baccalauréat si sa mère est diplômée que si elle est non diplômée. Un élément qui permet d’espérer car les filles sont de plus en plus diplômées.
-  Un enfant de cadre a deux fois plus de chances d’avoir le bac qu’un enfant d’ouvrier non qualifié, et pour le bac S c’est dix fois plus.
-  40% des enfants de cadres termineront avec le master 2, 4% des enfants d’ouvriers, ceux sans doute qui poussés par des bourses peuvent passer outre les difficultés tout simplement matérielles de la vie d’étudiant, sans parler des difficultés intellectuelles.
-  Et l’allongement des études, très prononcé pour ceux qui sortaient déjà à 22 ans et sortent maintenant à 26 ans, n’a profité que de deux ans à ceux qui se limitent à des études courtes et sortent maintenant à près de 18 ans.

Moralité : développer l’école primaire pour tous en tendant la main à ceux qui peinent.

Libération du 30 décembre

1 Message

  • Inégalités scolaires : qu’en faire ? 9 février 2015 12:38, par Olivier Ramaré

    Cet article est excellent, bien sûr, mais je tique sur un élément de la fin :

    "40% des enfants de cadres termineront avec le master 2, 4% des enfants d’ouvriers, ceux sans doute qui poussés par des bourses peuvent passer outre les difficultés tout simplement matérielles de la vie d’étudiant, sans parler des difficultés intellectuelles."

    Oups pour le dernier ajout. Car il est possible de le lire en difficultés d’accès à un langage, un cadre, un référentiel voire de simples habitudes, mais aussi en manque de ce monstre du Loch-Ness que nous ressortent les différents racistes à tout bout de champs : l’intelligence, dont ils supposent ne pas manquer.

    On peut aussi le lire en référence à la difficultés de concevoir un parcours et des études que personne aux alentours n’a suivi. Je pense qu’il s’agit là du sens voulu, mais le sujet est trop sérieux pour laisser le moindre vague.

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