vendredi, 28 juillet 2017|

12 visiteurs en ce moment

 
Questions de classe(s)

Extrême(s) droite(s) contre l’éducation - 4 pages intersyndical

Version imprimable de cet article Version imprimable Enregistrer au format PDF

Connaître & comprendre pour mieux combattre... ensemble !

Dans le prolongement du stage Extrême(s) droite(s) contre l’éducation (Bourse du travail de Saint-Denis, mai 2016), les organisations à l’initiative de cette rencontre ont rédigé un argumentaire de 4 pages contre l’offensive des extrêmes droite sur l’école... Il est possible de commander ce document en écrivant à Q2C.

JPEG - 1.3 Mo
4 pages intersyndicale extrêmes droites contre éducation à télécharger

Au sommaire

- Combattre ensemble !

- Leur école n’est pas la nôtre !

- Une obsession historique

- Une rhétorique conspirationniste

- Ces réseaux à l’assaut de l’école publique

- L’école laboratoire de la rééducation frontiste

- Bibliographie et sitographie




Connaître & comprendre pour mieux combattre... ensemble !

La progression du FN, la banalisation des discours « décomplexés » et sécuritaires rappellent les dangers qui pèsent sur la société et sur notre école.
Au fil des années, l’absence de réponse politique à « la Crise » a laissé le champ libre à des idéologies qui avancent souvent masquées, notamment dans l’Éducation !
En mai 2016, un premier stage intersyndical régional entendait répondre à l’urgent besoin, pour les personnels de toutes les catégories de l’Éducation publique, de se former pour mieux connaître les vrais visages des extrêmes droites dont l’histoire, les discours et les programmes sont en tous points éloignés des valeurs que nous défendons !
C’est une première étape qui en appelle d’autres, à commencer par ce document, issu des travaux engagés lors de ce stage et impulsé par cinq organisations syndicales et deux associations qui placent toutes l’éducation et la lutte contre
les idées réactionnaires au cœur de leur action.
Connaître, comprendre, analyser ce qui se joue aujourd’hui dans et autour de l’école, comme dans le reste de la société est une nécessité pour mieux combattre les régressions sociales et pédagogiques et contribuer à réactiver collectivement le projet d’une autre éducation : émancipatrice, égalitaire et démocratique. ■

CGT éduc’action IdF – CNT-FTE RP – CNT-SO éducation RP – FSU IdF – Sud Éducation IdF – avec Visa et Questions de classe(s)





Leur école n’est pas la nôtre !

Ultralibérale un jour, super-dirigiste le lendemain, « laïcité » chevillée au corps le matin, débordant « d’héritage chrétien » le soir… le discours du FN, qui incarne les différentes sensibilités nationalistes, adopte depuis des années, sans vergogne et sans peur des contradictions, la stratégie du caméléon ou l’art populiste de dire fort ce que « l’autre » est susceptible de vouloir entendre. Et peu importe qu’on ait dit le contraire dans la phrase précédente.

L’éducation ne déroge pas à cet empilement d’incohérences, mais il est possible de dégager les grands axes d’un « projet éducatif » des extrêmes droites, aux antipodes de ce que devrait être l’école d’aujourd’hui !

Un projet éducatif périmé

Surfant sur de fausses évidences martelées par des polémistes peu scrupuleux d’exactitudes (Finkielkraut, Polony, Brighelli, etc.), ce projet « éducatif » se cons­truit avant tout en regardant en arrière, en cherchant dans un passé tronqué et revisité des modèles d’éducation. Ainsi, l’école idéale serait celle d’hier… voire d’avant-hier. Le bon temps du « Certif », lorsque les jeunes en blouses savaient rester à leur place en alignant les lignes de copie suivant le modèle d’un enseignant tout aussi sergent-major que les plumes utilisées pour écrire. Une école de la discipline, de l’obéissance et de l’ordre. Une école image d’Épinal idéalisée comme modèle d’une méritocratie républicaine que l’extrême droite de naguère vitupérait pourtant avec force car elle avait le tort d’être laïque et gratuite.

Mais l’histoire aime l’ironie. Ceux qui dénonçaient l’école comme trop « démocratique » deviennent aujourd’hui les fervents défenseurs d’une institution qui, au milieu du xxe siècle, excluait plus encore que celle d’aujourd’hui. Le lycée ne s’ouvrait qu’à une minorité, qu’à une élite sociale qui pouvait ainsi se reproduire en toute tranquillité. Les autres devaient se contenter d’un minimum éducatif rendu acceptable par le plein-emploi et les perspectives de promotions que ce dernier offrait sur le moyen terme.

Notre lutte est sociale, syndicale et pédagogique

Nous sommes aujourd’hui dans un tout autre contexte économique, culturel et technologique, avec des jeunes qui baignent dans des flux d’informations et de sollicitations contradictoires. La chasse aux papillons a fait place à celle aux Pokémon. Cela impose de prendre les élèves comme ils et elles sont, pas tel.le.s qu’on les imagine et de ne pas chercher dans le regret d’hier les recettes pour demain.

Et il ne suffit pas d’additionner les consternantes déclarations d’une dynastie de politiciens d’extrême droite pour faire un programme éducatif...

Qu’on ne s’y méprenne pas, chez les Le Pen, du grand-père à la petite fille, du beau-fils à la grande fille, on se permet de dire tout et son contraire afin de ratisser le plus large. L’idéalisation de l’éducation d’hier n’a pas d’autre objet que de dénoncer et discréditer celle d’aujourd’hui afin de lui administrer un remède absolu : la privatisation.

C’est le rêve d’officines liées à l’extrême droite (SOS éducation, Fondation pour l’école) : la fin du service public d’éducation par l’instauration du « Chèque éducation », véritable outil d’atomisation d’un système scolaire qui, bien qu’imparfait, reste le seul garant du « vivre ensemble ».

Aussi, en attendant et pour faire diversion, là où les acteurs et actrices de l’éducation regrettent les échecs de notre système et dénoncent le manque de moyens pour réellement le démocratiser… les extrêmes droites profitent du malaise et du manque d’investissement pour revendiquer des méthodes pédagogiques qui confinent au dressage en dénonçant syndicats, enseignantEs et pédagoguEs comme responsables des échecs. Seule solution : la mise en concurrence des systèmes, des écoles, des élèvEs, des enseignantEs… avec de plus grandes facilités pour les écoles privées et la mise à l’index de l’idéal d’une école pour toutes et tous !

Autorité, inégalités, identité... leurre programme !

Plus question d’émanciper l’ensemble des élèvEs, de les amener le plus loin possible. Dans un monde de compétition, il y a des « perdantEs » et des « gagnantEs », des « méritantEs » et des enfants « qui ne le sont pas »… et qu’importe que ce soit toujours les mêmes, il faut l’accepter comme une évidence, un fait naturel : il y a celles et ceux qui auraient certains dons et d’autres pas, il y a celles et ceux qui seraient « manuel-lE-s » et les autres « intellectuel-lE-s ».
L’école n’est dès lors plus qu’un instrument supplétif de l’économie nationale. Il faut de la rentabilité, un retour sur investissement rapide et dans cette logique, elle devient d’abord un coût.

Oublié le projet de société structurant. L’humanisme, même imparfaitement réalisé, d’une éducation émancipatrice, une Éducation nationale chargée de former des individus conscientEs des enjeux de la société dans laquelle ils et elles vivent ! Il faudrait « mériter » l’éducation que l’on reçoit et si cela ne convient pas, l’apprentissage sera là pour celles et ceux qui n’arrivent pas. Peu importent les raisons de leur échec. Peu importe que l’apprentissage n’ait jamais fait la démonstration de son efficacité. « Leur école » n’a plus pour but que d’être une antichambre de l’entreprise et du marché du travail. Succursale à formater des producteurs et des consommateurs obéissants pour une élite économique libre de se perpétuer au milieu de dynasties de politiciens inamovibles.

« Vous trouvez que l’éducation coûte cher ? Essayez l’ignorance ! » déclarait Abraham Lincoln à celles et ceux qui lui reprochaient de vouloir investir dans l’École. 150 ans après, sa phrase conserve toute son acuité.

La question est aujourd’hui de savoir si l’on peut encore avoir de l’ambition pour l’Éducation nationale. Si le savoir, la culture, l’esprit critique… restent ou non des piliers structurants de notre avenir et comment la pédagogie doit participer à cette construction. Évidemment pour nous la réponse est affirmative… même si cela n’a rien d’évident. Même si nos organisations continuent d’avoir des divergences sur certaines questions, sur certaines priorités, sur la lecture de certains faits… elles restent persuadées qu’il n’y a pas d’enfant perdu d’avance, que l’éducation, la culture sont les vecteurs de l’émancipation humaine. Persuadées aussi, que c’est en donnant plus de poids à l’éducation, à l’école, en faisant confiance aux enseignantEs et aux jeunes… que l’on pourra relever les défis démocratiques, économiques et écologiques dont l’urgence n’est plus à démontrer. ■




Une obsession historique
Petite histoire de l’extrême droite contre l’école, de l’antisémite Drumont à Robert Ménard...

La mise au pas de l’école publique est une vieille obsession de l’extrême droite française. Depuis plus d’un siècle, elle éructe sa haine de l’égalité sociale ou entre les sexes et de la démocratisation de l’enseignement, prônant la sélection, la ségrégation et l’exclusion.

Dès la fin du xixe siècle, l’antisémite Édouard Drumont avec son journal La Libre parole, mène campagne contre la « co-éducation des sexes » pratiquée par le pédagogue Paul Robin et obtient sa révocation.

Dans les années 1900, « l’Union des instituteurs patriotes » prend le relais et se mobilise contre les premiers syndicats d’instituteurs et d’institutrices en dénonçant une école « sans patrie » et décadente…

Dans l’entre-deux-guerres, le mouvement pour l’École unique cristallise les oppositions, et, en premier lieu celle de l’Action française de Maurras qui crée le Cercle Fustel-de-Coulanges pour combattre le « démocratisme » scolaire. Freinet fera les frais de ces enragés et sera poussé à la démission…

Le Régime de Vichy s’inspire directement du programme du Cercle Fustel-de Coulange que fréquenta Pétain. Les enseignantEs sont les premières cibles de l’État français qui, en quelques mois, instaure un programme revanchard de « rééducation nationale », interdisant les syndicats, bâillonnant les éléments « subversifs », supprimant les Écoles normales (ces « séminaires malfaisant de la démocratie »), finançant à parité le public et le privé et raccrochant les crucifix aux murs des écoles.
La Guerre d’Algérie réactive cette haine : sept directeurs des Centres sociaux et éducatifs créés par Germaine Tillion sont exécutés par l’OAS et la bibliothèque universitaire d’Alger est incendiée…

À partir de la fin des années soixante, des officines d’extrême droite, comme le Grece, visent la conquête d’une hégémonie culturelle. Leur combat se veut idéologique et lexical, les termes « égalitarisme », « droit-de-l’hommisme » « sociologisme » ou « pédagogisme » sont martelés dans les débats et les médias. Le « collège unique » focalise les attaques qui commencent à dépasser les seuls cercles extrémistes.

Le FN rêve alors de s’implanter dans la société civile et crée, en 1987, le Cercle national de l’enseignement qui deviendra, sous l’impulsion des mégrétistes, le Mouvement pour une éducation nationale (MEN), pseudo-syndicat et association de parents d’élèves. Les enseignantEs, considérés par Jean-Marie Le Pen comme des « crassouillards fumeurs de shits », sont jugéEs responsables de la décadence de la société.

Pour l’héritière Marine Le Pen, ils et elles deviennent un public à séduire et conquérir. C’est l’objectif du Collectif Racine, initié par Florian Philippot. Son projet est de « Redresser les corps, redresser les esprits pour redresser la nation ». Leur nostalgie d’une école de la République fantasmée n’empêche pas les liens avec les milieux intégristes catholiques, dont certaines figures participent Collectif Racine.

Quant aux complotistes de la Journée de retrait de l’école (JRE) alliés aux réseaux d’Alain Soral et aux traditionalistes partisans des écoles privées hors contrats proches de la Manif pour tous, ils se sont retrouvés à Béziers, en mai 2016, à l’invitation de Robert Ménard, rêvant tout haut de « passer l’école de Mai 68 au karsher ». Leur haine de l’égalité et de la démocratie reste intacte… ■




Une rhétorique conspirationniste

À l’ère d’Internet, du buzz, des blogs et des réseaux sociaux, l’extrême droite dispose aujourd’hui d’un vaste relais qui utilise la désinformation, les peurs, les préjugés, le sensationnalisme et toute une pseudo-pensée complotiste à des fins réactionnaires.

YouTubers isolés, mouvements organisés, voire partis politiques, tous se présentent comme des « antisystèmes éclairés » prétendant dévoiler au grand jour les vérités cachées et les « machinations secrètes » fomentées par d’imaginaires groupes d’individus qui dirigeraient le monde et seraient à l’origine de chaque événement : complot sioniste ou homosexuel, secte illuminati, ordre franc-maçon…

Par exemple, l’école aurait selon eux pour ambition secrète d’apprendre la masturbation aux enfants, de travestir les garçons ; manuels scolaires et professeurEs d’Histoire mentiraient afin de dissimuler un « complot juif » ; parallèlement, un « grand remplacement » serait en cours pour islamiser silencieusement la « civilisation » occidentale…

Par le recours à la propagation de rumeurs virales en tous genres, qui se répandent instantanément et se renouvellent sans cesse sur la toile, cette complosphère procède à une réécriture permanente de l’Histoire et de l’actualité afin d’alimenter, sous couvert de « liberté d’expression », des idées xénophobes, racistes, sexistes et homophobes.

Ainsi, face à la complexité du monde et en s’appuyant sur une défiance légitime vis-à-vis des médias et des discours officiels, cette propagande qui rencontre une large audience stérilise toute pensée réellement critique et nous amène à nous interroger sur notre rapport au savoir. C’est donc aussi une véritable éducation aux médias et un combat pédagogique qu’il faut mener pour armer l’école et la jeunesse contre tous ces mercenaires du néofascisme 2.0. ■

Ressources
Les Debunkers : le site des « Debunkers des rumeurs / hoax d’extrême droite » : www.debunkersdehoax.org
Conspiracy Watch : Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot : www.conspiracywatch.info



Ces réseaux à l’assaut de l’école publique

■ C’est une véritable « nébuleuse » réactionnaire qui investit aujourd’hui le champ médiatique pour y distiller son « anti-égalitarisme » et se lamenter de la « dégénérescence » de l’école et de la civilisation. Elle rassemble trois grandes familles de pensée qui s’opposent parfois, se recoupent aussi et s’allient au gré des circonstances.

Il y a d’abord la droite identitaire, autoritaire, élitiste. Ennemie de l’égalité et de la démocratie, elle considère l’école comme l’instrument du « Grand remplacement » et occupe le paysage médiatique (et pas seulement sur le Net...) pour mieux instaurer son hé­gé­­monie culturelle.

Le second pôle, c’est celui des catholiques traditionalistes qui voient dans l’ultra-libéralisme un levier pour promouvoir un enseignement religieux libéré de tout contrôle (SOS éducation, Radio Courtoisie, la Fondation pour l’école, Civitas, etc.). Partisans du « Chèque éducation », ils considèrent toujours l’enseignement public comme l’ennemi à abattre, l’école « du diable » aux mains des « socialo-communistes ». On les a vu à l’œuvre avec la Manif pour tous, la mobilisation contre l’enseignement visant à déconstruire les stéréotypes de genre à l’école (JRE, vigi-gender, etc.), mais aussi à travers l’ouverture d’écoles hors contrat (Espérance Banlieues : uniformes, salut au drapeau, etc.).

Enfin, le troisième courant, c’est celui du national-républicanisme : l’école y est au cœur d’un projet politique qui entend dépasser les clivages gauche / droite autour de la souveraineté nationale et du redressement du pays.

En 2013, le FN lance son cercle « d’enseignants patriotes » (le Collectif Racine). Si la plupart de ses animateurs sont issus du souverainisme, tout comme Florian Philippot, le promoteur de l’ancrage du FN dans la société civile, les parcours sont multiples... Et leur rêve est de fédérer la nébuleuse réactionnaire. ■




L’école laboratoire de la rééducation frontiste

Depuis mars 2014, environ 453 000 personnes vivent en France dans une municipalité d’extrême droite. Onze mairies sont gérées par le FN, ou par un maire élu avec le soutien du FN. Quatre autres communes sont dirigées par la Ligue du Sud, petit parti d’extrême droite présidé par l’ex-FN Jacques Bompard. Se servir des mairies conquises en mars 2014 comme des vitrines pour démontrer la capacité « à gouverner » et préparer 2017, tel est le projet du FN, en évitant les scandales et les actes susceptibles de créer trop de mauvaises publicités.
En ce qui concerne ce projet de gestion « soft », c’est raté : « chassez le naturel, il revient au galop ».

Les possibilités d’intervention des maires sur l’école, son fonctionnement, ses programmes sont limitées, alors ils se rabattent sur la culture, le périscolaire et l’accompagnement social qui permet aux élèves vivant dans la précarité de suivre leur scolarité dans des conditions de vie décente ; et bien sûr, en attaquant les syndicalistEs enseignantEs et les associations de parents d’élèves qui organisent la résistance.

À cela s’ajoute l’infecte finalité du programme de l’extrême droite, « la préférence nationale », que ces maires ne peuvent pas encore mettre en pratique, mais dont ils développent, insidieusement, la perspective par leurs déclarations et leurs décisions discriminatoires. Les quelques exemples suivants, parmi beaucoup d’autres, en sont l’illustration.

À Béziers, la municipalité s’est illustrée en réservant la participation aux activités périscolaires aux seuls enfants dont il est prouvé qu’un des deux parents travaille. À cela, s’ajoute la suppression de l’étude surveillée du matin, remplacée par un simple accueil.

Contre les gens du voyage, le maire de Cogolin a rédigé ce communiqué abject : « À l’occasion de l’arrivée importante de gens du voyage, la mairie demande aux résidents de rester vigilant et de signaler à la police municipale tout comportement suspect ». Le maire s’oppose à la présentation d’une danse orientale au Gala des Associations : « S’ils veulent vivre comme en Orient, les frontières sont ouvertes »,
À Hayange, le maire, Engelmann éructe : « La danse orientale est incompatible avec le Front National ». À Fréjus, le maire met fin à la subvention du Centre Social de Villeneuve. Au Pontet, le maire FN décide de la fin de la gratuité des cantines scolaires pour les enfants issus de familles démunies.

Le maire de Beaucaire, dans une tribune aux relents racistes publiée sur un site du FN, stigmatise les enfants issus de l’immigration qu’il est, à son grand regret, obligé d’inscrire dans les écoles de « sa » ville. Il parle ainsi de 22 enfants (sur les 16 000 habitantEs de la commune) et les désigne à la vindicte populaire : « ces élèves, pour la plupart originaires du Maghreb et/ou de nationalité espagnole grâce à l’Europe passoire et laxiste en matière de naturalisation et de droit du sol. »

À Marseille, Stéphane Ravier et ses acolytes du FN dans une même logique discriminatoire votent contre les subventions de la dizaine de centres sociaux de la ville ou contre la réhabilitation de l’école de la Busserine. Face à cela, les parents et les enseignantEs refusent la venue des élus FN, le conseil d’école est suspendu et le maire, Stéphane Ravier déclare vouloir éradiquer les « métastases rouges du quartier ». Ce qui en dit long sur la nature fascisante du FN et l’arnaque de sa « dédiabolisation ». Les enseignantEs du Lycée Paul-Langevin à Beaucaire l’ont expérimentée, quand, ayant refusé de serrer la main du maire, ils et elles se sont fait insulter dans la presse : « Syndicalistes sans éducation, privilégiés, aigris et sectaires dont le comportement n’a rien à envier à celui des racailles. »

Tous ces exemples doivent nous conforter dans notre volonté d’informer sur les pratiques totalitaires et violemment discriminatoires des mairies d’extrême droite afin de se mobiliser, tou-te-s ensemble, enseignantEs, éducateurs et éducatrices, parents d’élèves et syndicalistEs, avec celles et ceux qui subissent et résistent à l’inacceptable. ■







Bibliographie

Histoire et actualité du FN

De Le Pen à Le Pen, continuités et ruptures, Jean-Paul Gautier, Syllepse, 2015, 8 €.
Une analyse du « nouveau » Front National, depuis l’accession de Marine Le Pen à sa tête. Une mise au point salutaire...





Sur le thème de l’école

L’école des réac-publicains, la pédagogie noire du FN et des néo-conservateurs, Grégory Chambat, Libertalia., 2016, 10 €.

L’histoire et l’actualité de l’obsession des réactionnaires pour les questions éducatives, de Drumont à Finkielkraut et Brighelli.




La méritocratie républicaine : élitisme et scolarisation de masse sous la IIIe
République,
Jérome Krop, PUR, 2014, 17 €.

Comprendre comment l’école sélective s’est installée chez nous et à quel point elle est liée à l’origine de notre école.




Sur les mairies brunes

Lumière sur mairies brunes, Visa, Syllepse, 2015, 5 €.

Récit des faits et méfaits du FN et de ses alliés après un an d’exercice du pouvoir municipal dans les quinze villes qu’ils occupent depuis le printemps 2014.





Instrumentalisation de l’histoire

Les historiens de garde, William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin, Libertalia, 2016, 12 €.

Cet essai tire la sonnette d’alarme contre les replis identitaires d’une histoire « nationale » envisagée comme un support au patriotisme le plus rétrograde.




Outils militants & infos pratiques

Extrême(s) droite(s) contre éducation, éducation contre extrême(s) droite(s), N’Autre école - Q2C, n° 5, 2sortie janvier 2017, 5 €.
Un numéro issu du stage intersyndical de mai 2016 qui avance des pistes et des outils pour une riposte sociale et pédagogique.








En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite, Vincent Edin, Éditions de l’Atelier, 2016, 6 €.
Cet ouvrage réplique, faits, chiffres et analyses à l’appui, à près de 80 slogans diffusés par l’extrême droite






Face au FN et à toute l’ext­rême droite, réponses et ripostes syndicales !, Visa, 2016, 2 €.
Une boite à outils, un recueil d’expériences, un encouragement au travail syndical unitaire, un vaccin contre la résignation.









Sitographie

Décryptages, infos, actualités

www.visa-isa.org : le site du réseau Visa (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes)

www.lahorde.samizdat.net : le site de La Horde

www.questionsdeclasses.org/reac/ : le blog « L’école des réac-publicains et du FN ».

Les Debunkers : le site des « Debunkers des rumeurs / hoax d’extrême droite » : www.debunkersdehoax.org

Conspiracy Watch : Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot : www.conspiracywatch.info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

 
À propos de Questions de classe(s)
Questions de classe(s) Lire, écrire... lutter Acteurs de l’éducation : parents, travailleurs, chercheurs, issus de différents horizons associatifs, pédagogiques, syndicaux, etc., nous pensons que la question scolaire est une question politique. Notre pari est de proposer un espace (...)
En savoir plus »
Fils de nouvelles RSS

Lettre d’info n° 13 / février 2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

Livres jeunesse hiver 2012-2013[tiré de N’Autre école le 17 mars 2013]

0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 | 12 | 14 | 16 | ... | 1084