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Questions de classe(s)

Dérèglement démocratique

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Lorsque j’écrivais, il y a peu de temps, que les conquêtes des droits humains et sociaux pourraient être anéanties plus rapidement que les hectares de terre recouvertes par les océans avec le réchauffement climatique, je pensais au rejet des réfugiés et des retombées sur les choix politiques des citoyens.
Les résultats de ce premier tour des élections confirme que nous vivons un véritable dérèglement démocratique. Il ne date pas d’aujourd’hui, mais ses effets s’amplifient.

Si le pourcentage du Front national effraie aujourd’hui, il était prévisible
Depuis 2002, la montée du parti d’extrême droite est régulière. Le cauchemar d’élection en élection s’installe, s’intensifie, mais il ne transforme guère les projets politiques. Dans les constats, on se rassure, c’est un vote populiste, un vote du peuple de la marge… sauf qu’en 2015, ce n’est plus le cas.

Et on a assiste toujours au même scénario :
- pendant la campagne dès les premiers sondages alarmants, appels solennels à se mobiliser contre le vote FN
- après le premier tour, consignes pour un désistement républicain pour faire barrage au FN
Si bien qu’avant et après le premier tour, le Front national est au cœur des discours avec ses dangers, ses rejets des principes républicains, sa xénophobie… ce qui rend inaudibles – lorsqu’il y en a – les projets de société et ces dernières élections n’ont pas échappé à ce scénario.
En plus, cette fois-ci, les deux principaux partis – en nombre de voix attendues – n’ont fait qu’une campagne de reproches réciproques. Un échange de balles des responsabilités sur l’état de la France aujourd’hui et largement diffusé par les médias. Ce qui a renforcé l’impression de « tous responsables ».
Les appels à ne pas voter FN ont été vains, car le peuple qui vote pour lui n’est plus un peuple de la marge, ce sont tous ceux qui pensent que les partis au pouvoir depuis plus de 10 ans sont responsables de leur vie de galère, et ils sont nombreux.
La France s’est enfoncée dans la crise économique et avec elle le chômage, véritable cancer qui réussit à dérégler notre système démocratique. Et les promesses sans cesse renouvelées du gouvernement sur les chiffres du chômage ont accéléré ce processus.

Les élections ne sont plus des choix de société.
Le vote Front national est de moins en moins idéologique, son dernier discours électoral s’est basé surtout sur le contrepied des mesures gouvernementales. C’est un choix protestataire qui ne touche pas – comme parfois on l’entend encore – seulement les ouvriers, les retraités… mais de plus en plus les classes moyennes, les artisans, les agriculteurs et une partie de la jeunesse.
Quant à la gauche socialiste, si elle a porté une vision du monde, un projet d’avenir il y a quelques années, aujourd’hui son imagination est en panne, elle s’oppose à la droite – et encore – c’est tout.

Notre système démocratique s’adresse de plus en plus à des initiés.
La part de l’abstention s’accroît. Et ce n’est pas les commentaires navrants de l’après élection qui risquent d’inverser la tendance.
Être à l’aise pour participer et prendre sa place dans la société demande un certain bagage d’acquis (cognitifs, culturels, civiques et sociaux) qui demande un long processus d’appropriation.
Et l’Éducation n’est pas la seule responsable, même si elle porte en elle un potentiel de possibles. L’information avec la presse, les différents médias en ont une grande part.
Et que dire des organisations politiques et syndicales !
Il faut une grande régénération politique, une visée qui a besoin de temps...

Alors, dans le court terme, que faire ?
Les prochaines élections sont dans un an et demi, c’est très court !
Je ne vois qu’une seule possibilité : redonner de la noblesse au politique, avec de vrais programmes : un projet de société, des réponses aux problèmes concrets des citoyens (travail, logement, santé, droits politiques…), sans oublier une autre vision du monde pour donner du sens au mot « futur » à la jeunesse, etc.
Une urgence démocratique !
Un an et demi c’est court, pas pour rêver, mais pour faire rêver !

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