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Questions de classe(s)

De l’effondrement du niveau au « grand remplacement »...

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Un nouveau billet du blog « L’école des réac-publicains »

« Ils affichent leur volonté de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter : l’enseignement des racines chrétiennes et l’exercice de l’Esprit critique si français. », Dimitri Casali, « Histoire, la grande braderie : comment les nouveaux programmes scolaires préparent les guerres civiles françaises de demain » 1

Septembre 2015, fuyant les guerres et la misère, les migrants et leurs enfants qui tentent de rejoindre l’Europe font la Une des médias. L’occasion pour l’essayiste d’extrême-droite Renaud Camus, grand ami d’Alain Finkielkraut, de publier sur son compte twitter ce message : « Ils importent des millions d’étrangers à notre civilisation et ils se plaignent qu’à l’école ‟les écarts se creusent” 2 »...

« Libérer l’école de l’immigration »...

L’extrême-droite a depuis longtemps intégré l’immigration comme argument pivot de son discours décliniste et ségrégatif sur l’école. Dans son programme présidentiel de 2002, Bruno Mégret entendait « Protéger les classes de l’immigration » avertissant que « Le réenracinement de notre enseignement dans la culture française ne sera cependant pas possible si les classes restent surchargés d’enfants étrangers. Aussi est-il essentiel, en ce domaine également, d’organiser au plus vite le retour des immigrés dans leur pays d’origine. » La même année, dans le chapitre « Éducation » de son programme, le FN affichait quant à lui sa volonté de « réhabiliter les enseignements qui confortent l’identité nationale » et de « Libérer l’école de l’immigration » – « Beaucoup des délits ou des crimes commis en milieu scolaire sont le fruit amer du laxisme moral généralisé et souvent liés à l’immigration de masse que connaît notre pays comme au déracinement qu’elle induit chez les jeunes immigrés. 3 »

Mais aujourd’hui, cette droite radicale est parvenue à rendre « acceptables » aux yeux des « défenseurs de l’école de la République » ses thèses sur le « Grand remplacement 4 » ou « l’islamisation » du pays en distillant le fantasme d’une nouvelle « barbarie » à l’assaut de la Civilisation. Les enfants d’immigrés deviennent ainsi les premiers responsables de la baisse généralisée du niveau : « Certains croient que l’homogénéité linguistique de la Finlande, due à une immigration très basse, lui a permis de jouir d’un certain avantage par rapport à d’autres pays européens. 5 » Pedro Cordoba, comparant sur son blog les système éducatifs finlandais et français, relève que « La troisième grande source de discrimination est bien évidemment l’origine des élèves, autochtones ou allochtones, autrement dit le poids de l’immigration. Il y a très peu d’élèves d’origine immigrée en Finlande […] Contrairement à ce qui se passe chez nous, ces immigrés ne sont pas parqués dans des ‟cités”, où s’est développée une ‟culture” dont les valeurs sont incompatibles avec l’école. 6 » Une thèse dont la droite « traditionnelle » s’est faite le relais quand Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, déclare à l’Assemblée nationale, le 26 mai 2011, que « Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants immigrés ». Une « expertise » pédagogique livrée par le premier policier de France qui nous rappelle qu’au début du XIXe siècle, ministère de l’Intérieur et ministère de l’Éducation était une seule et même entité.

Du complot islamiste...

En 2015, les débats autour de la réforme du collège et des nouveaux programmes ont été l’occasion pour certains d’installer cette nouvelle thématique au centre de la rhétorique réac-publicaine à travers la figure de « l’arrivant » et celle de l’islamisation de l’École française. L’origine de la Ministre Najat Vallaud-Belkacem a ainsi été mise en exergue : « L’ayatollah, enquête sur la ministre de la rééducation nationale » (Une de Valeurs actuelles n° 4058, septembre 2014), « Une marocaine musulmane à l’Éducation nationale, la provocation Vallaud-Belkacem » (Une de Minute, 3 septembre 2014), « l’agent d’un pays arabe » (Dreuz.info) 7 ou encore pour Eric Domard, l’un des trois conseillers spéciaux de Marine Le Pen, « Najat Vallaud-Belkacem ministre franco-marocaine pour les menus sans porc, favorable au voile lors des sorties scolaires. La question de l’allégeance se pose ». La palme revient à SOS Éducation sur Twitter : « Votre enfant aime l’école ? Il est bon en par-coeur ? Il a une passion pour les civilisations antiques ? Il aime lire beaucoup, il est doué pour l’écrit il compte sans ses doigts ? Il préfère les bonnes notes au hip-hop ? Foi de Najat, ce petit enfoiré élitiste va morfler sa race. », le tout accompagné d’une photo de la ministre.

...au grand remplacement scolaire

Le terme « Primo-arrivants », avant de devenir une insulte sous la plume des nationo-républicains, désigne les élèves allophones accueillis à leur arrivée en France dans des dispositifs d’accueil en parallèle de leur inclusion dans les classes dites « ordinaires ». Il a été détourné par différents polémistes pour mieux dénoncer la « menace » que ces enfants feraient peser sur l’identité française. Pour Pascal Bruckner « On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’Islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. À mon sens il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’Islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter. […] on prive les Français de leur histoire. 8 » Dans un entretien au site néo-libéral Atlantico, sous le titre apocalyptique « Comment les nouveaux programmes scolaires préparent les guerres civiles françaises de demain », le médiatique – et très réactionnaire – « historien » Dimitri Casali s’empare à son tour de la formule : « Ils affichent leur volonté de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter : l’enseignement des racines chrétiennes et l’exercice de l’Esprit critique si français. 9 ». Les sites identitaires s’en délectent et dénoncent aussi bien les dispositifs d’accueil que les politiques d’éducation prioritaire qui « concernent déjà plus de deux millions d’allogènes et confirment la volonté délibérée et farouche d’instruire au mieux ces populations au détriment des autochtones, ceci afin d’accompagner le Grand Remplacement de population dénoncé par Renaud Camus ! Nous devons combattre avec force cette politique ‟assassine” destructrice de notre identité ! 10 ». Sous le titre « Allophones et allogènes », ce billet multi-diffusé est signé Claude Meunier-Berthelot, auteure de C’est l’identité française qu’on assassine 11, un ouvrage dont Jean-Yves Le Gallou – fondateur du Club de l’Horloge passé un temps au FN puis au MNR – a rédigé la préface intitulée « L’École, instrument du Grand Remplacement ».

Dérapages ou... ?

Peut-on associer la nébuleuse réac-publicaine à ces fantasmes ? Comme sur d’autres sujets, il n’y a pas unanimité. Certains se sont inquiétés de cette évolution. Ainsi Danièle Sallenave « Il n’en reste pas moins que je suis effarée par le tour que prend la critique de la réforme. L’accuser de préparer une invasion de l’Islam par l’effacement de nos racines européennes et nationales, en faire un nouveau ‟Munich de l’esprit”, et le prodrome d’une ‟soumission” à ‟l’islamo-fascisme”, c’est du délire. Et un délire dangereux. 12 » . D’autres s’y retrouvent assurément : « J’aimerais, écrit Jean-Paul Brighelli, que les programmes d’histoire, dont j’ai décrit les horreurs, chantent et enchantent une France glorieuse, une France parlant français, une France rayonnante, une France des Lumières - et pas celle des communautés prêtes à s’entr’égorger. [...] l’urgence est désormais absolue, et que toute mesure visant à minimiser l’entrisme islamiste, que ce soit dans la presse ou dans les programmes de l’école, s’apparente pour moi à une haute trahison. Il y avait à l’époque deux jeunes musulmanes qui faisaient parler d’elles à Creil. Il y en a aujourd’hui deux millions. Comme au jeu de go. Les pions noirs occupent l’espace. 13 » et d’ajouter que les petits élèves français « ne sauront désormais plus rien, à part la date de l’hégire. 14 »


« Ce n’est pas seulement l’école qui, en France, est menacée. C’est la France qui est menacée dans son école. » Danièle Sallenave

Mise en péril à travers la disparition programmée de l’enseignement de l’Histoire de France et de sa langue.... « Ce n’est pas seulement l’école qui, en France, est menacée. C’est la France qui est menacée dans son école. C’est le pays, c’est la nation, c’est la République et ses institutions et, par-dessus tout, la justice sociale » enrage Danièle Sallenave avant de poursuivre « Qu’est-ce qu’une nation qui accepte que son histoire soit ignorée du plus grand nombre ? Qu’est-ce qu’une école qui veut en finir avec l’idée de la progression, de la méthode, de la répétition, de la sanction ? Qu’est-ce qu’une école qui repose sur la déligitimation du rôle et de l’autorité de l’enseignant ? 15 »
Si la défense de l’Histoire de France occupe une place à part, c’est parce que son instrumentalisation par l’institution est constitutive du projet nationaliste – et colonialiste – de Jules Ferry. Depuis la tentative de réhabiliter « le rôle positif de la colonisation » 16, l’offensive réactionnaire s’est radicalisée et s’acharne à imposer la réduction de l’enseignement de l’Histoire au seul « grand roman national » 17. Laurent Wauquiez déplore que l’« on a gommé tout ce qui faisait la fierté d’être français dans les livres d’histoire. » 18, Jean-Paul Mongin, animateur de SOS Éducation, considère que le retour de ce récit national peut sauver l’école « L’histoire [...] ciment de l’identité de notre pays. […] doit permettre aux enfants d’origine étrangère de comprendre et d’aimer le pays qui les accueille. » Enfin, selon Dimitri Casali, « parce que les concepteurs des programmes sont pétris d’une idéologie d’ultragauche pleine de bienpensance mais éloignée de la réalité du terrain. [...] régis par un système dont les règlements ont été signés par Maurice Thorez en 1950, et qui accuse désormais 65 ans de retard, l’Éducation nationale n’est jamais sortie de ses vieilles idéologies marxisantes et anticolonialistes. Comme l’écrivait Spinoza : “la repentance est une seconde faute”… 19 ».
Ce rejet d’une histoire complexe et globale s’affiche jusque dans les bulletins du Snalc, un syndicat qui a aujourd’hui « le vent en poupe ». La section de l’Académie de Versailles en donne un exemple dans son édito intitulé « La barbarie en souriant ». Car c’est bien de barbares qu’il s’agit « L’abandon des principes du travail et de l’effort, l’appauvrissement volontaire des contenus créeront de futurs citoyens aux connaissances rudimentaires, standardisées, à l’exemple de la connaissance purement utilitaire et de la culture globale dont le flot barbare envahit notre continent où il cherche à supplanter l’Humanisme et les Lumières. » L’article se poursuit avec ce qui se présente comme un « méticuleux » décryptage des contenus « Ainsi le programme d’histoire de sixième commence par un thème intitulé ‟la longue histoire de l’humanité et des migrations : une seule humanité.” Le message est clair. Il n’y a pas de nation, de culture propre, ni de France, ni d’Europe mais une seule identité, l’humanité. Quand on connaît le rôle de l’histoire dans la constitution de l’identité d’une nation et de sa propre image, on ne peut que condamner un tel enseignement qui privilégie un message idéologique culpabilisant et sacrifie des éléments essentiels. 20 »

L’école des barbares et des « attila-pédagogues »

« Barbarie », la référence est récurrente : chez Éric Zemmour, « Najat Vallaud-Belkacem, c’est Attila bien coiffé, où elle passe, l’herbe ne repousse plus 21 », chez Jean-Pierre Le Goff, l’auteur de La Barbarie douce 22, mais aussi sous la plume de Jean-Paul Brighelli : « Crétin (référence au titre méprisant de son pamphlet La Fabrique du crétin, Ndlr), c’était gentil. Aujourd’hui, ce sont des barbares que l’école fabrique. Les émeutes de banlieue, qui se reproduiront, me donnent raison. À force de respecter la loi des ghettos et leur sous-langage, nous avons laissé dégénérer une génération entière. 23 » ou encore dans la bouche de Claire Laux et Isabel Weiss, « Car il est absolument évident que la fabrication de moutons, dénués de tout sens critique et au dialecte riche de 50 expressions de verlan (bagage suffisant pour envoyer des textos ou se présenter à un casting de Star Academy), est un phénomène majeur dans les démocraties-marchés où prolifèrent des barbares déculturés ainsi que des ignares imbus d’eux-mêmes voués à la consommation à forfait illimité, surfant de rave parties en manifs citoyennes. 24 ». Progressivement, il s’agit bien d’imposer l’idée que la « querelle scolaire » est une lutte de civilisation. « Barbarie ou République », telle est l’étendard d’une guerre qui a fait de l’école son champ de bataille. si l’on en croit la conclusion de la pétition lancée par Marianne contre la réforme du collège : « Car le combat qui s’ouvre ici dans l’intérêt de l’enfant est un combat qui nous concerne tous. C’est un combat contre toutes les formes de barbarie. Il faut arrêter le gâchis pendant qu’il en est encore temps, pendant qu’il reste encore dans ce pays un amour commun pour la transmission et l’instruction. Qui ne voit pas ici que l’enjeu n’est pas politique : c’est un enjeu de civilisation ! ».
En ouvrant le secondaire à toutes et tous, c’est la barrière dressée entre l’homme raffiné, civilisé et l’homme vulgaire et grossier que les « attila-pédagogues » ont fait céder. Après le sabordage de l’Histoire nationale, la perte du toute maîtrise de la langue (en référence à l’étymologie du mot « barbare ») en constitue le second élément de preuve...

« Professeur de français langue (de plus en plus) étrangère » Loys Bonod

« La langue maternelle paraît presque aussi étrangère aux jeunes Français de souche qu’aux primo-arrivants », nous assène Fanny Capel dans Qui a eu cette idée folle un jour de casser l’école ? (Ramsay, 2004). Même point de vue pour Loys Bonod, figure réac-publicaine particulièrement active sur les réseaux sociaux qui se présente sur son profil Twitter comme « Professeur de français langue (de plus en plus) étrangère ».
Jean-Claude Milner l’avait prédit, enfermés dans les « collèges Pol-Pot », enrôlés dans les goulags du savoir animés par des « khmers rouges de la pédagogie » ces enfants sont les victimes d’un « génocide scolaire ». Une thèse qui s’inscrit bien dans la dénonciation de la décadence généralisée, de la rengaine d’une jeunesse qui part à la dérive... et de la responsabilité d’une éducation permissive et libertaire. Incapables d’orthographier, d’écrire, de lire et même de parler, les élèves du collège unique sont les nouveaux barbares de notre époque, élevés dans la haine de la culture, du savoir, dans le culte de l’égalitarisme et de la démocratie permanente, l’école en a fait des individus sans foi ni loi. Des individus ayant perdu toute humanité... Alain Bentolila déclare que les enfants en difficulté avec la langue orale ou écrite seront « moins humains que les autres : plus vulnérables aux discours sectaires et intégristes [...] bons en rien [...] moins humains que les autres. 25 ». « C’est l’école de la barbarie et des barbares. Sortez vos gosses de l’Éducation nationale ! Vite ! » affirme Marion Sigaut sur le site d’Alain Soral, « Égalité et réconciliation », qui se trouve être également son éditeur.

Dès lors, aucune limite ne peut être espérée chez celles et ceux qui font du rejet et de l’exclusion la pierre angulaire de leur rhétorique. C’est le « sens de la République », pour reprendre le titre de l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut du 10 octobre 2015 où Georges Bensoussan 26 s’est illustré par ces propos « Aujourd’hui nous sommes en présence d’un autre peuple au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. (...). Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans le film qui passera sur France 3 : ‟C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère”. »

Pour une école « de souche »
Derrière ce mépris de classe, ce qui inquiète ces défenseurs de l’ordre établi, au-delà de la charitable attention « humanitaire » et sociale, c’est la possible contamination de leurs rejetons : « Mais ce rejet du savoir n’est plus seulement le fait d’élèves en situation d’échec scolaire, l’obscurantisme déborde du cercle des seuls enfants de milieu défavorisé. 27 »
Face à un tel « naufrage » de la Civilisation, on s’étonnera peut-être des remèdes avancés par les auteurs réac-publicains : que pèsent, face au « déferlement barbare », le retour de la dictée, l’apprentissage de La Marseillaise, le port de l’uniforme, etc. ? Ce serait oublier que dans cette guerre de civilisation, il y aura des victimes, qu’à défaut de (ré)éduquer, on devra sélectionner, et surtout « contrôler » pour protéger les autres, les nôtres, d’une possible contamination... Le retour prôné d’un examen d’entrée au collège pourrait bien aussi avoir cet objectif : « On a supprimé tout contrôle à l’entrée en sixième. Cette suppression a été la conséquence de la pression des syndicats qui l’ont demandée au nom d’une sorte d’égalitarisme tout à fait ridicule. 28 »
Le discours réac-publicain contribue à la fabrication de cet « étrangers de l’intérieur ». Revenant sur la diffusion du documentaire Profs en territoire perdus de la République ? 29 , des membres du collectif Aggiornamento Histoire géographie, notent « Comme d’autres groupes sociaux – les vagabonds de l’époque moderne, les ouvriers de la fin du XIXème siècle, les réfugiés d’Europe centrale à la fin des années 1930, les Algériens durant la guerre d’indépendance, les Roms de nos jours encore – ‟l’étranger de l’intérieur” devient vite l’ennemi de l’intérieur, d’autant que la dangerosité présumée de ces groupes a toujours servi de prétexte institutionnel à un contrôle social renforcé. 30 » Prolongeant l’ouvrage Les Territoires perdus de la République 31, ce reportage, poursuivent-ils, est un « regrettable cas d’école : non seulement les élèves ne parlent jamais, ils n’ont aucune existence individuelle, pas de nom propre : ils sont totalement interchangeables, groupe homogène uniquement destinée à marquer ‟l’environnement”. Ils n’en constituent pas moins une altérité radicale, une sourde menace, comme nous le rappelle le sidérant raccourci de l’école au terrorisme djihadiste que constitue le prologue du film. »

Se dessine alors le projet d’une école « entre-soi », une école de « souche », « nationalement » et « républicainement » compatible qui nous rappelle la prédiction d’Albert Thierry, pédagogue et syndicaliste du début du XXe siècle : « la haine de l’autre, du barbare, c’est la haine de la démocratie, du peuple. »

1. Entretien au site Atlantico, 28 avril 2015.

2. 2 septembre 2015.

3. Programme « éducatif » du FN, 2002.

4. « Le Grand Remplacement est une théorie élaborée par Renaud Camus et désormais reprise largement au-delà de l’extrême-droite qui postule une stratégie consciente de « remplacement » démographique des Français dits « de souche » par les populations immigrées, opérant ainsi une colonisation à l’envers. Cette théorie est aujourd’hui relayée sans complexe par Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, Jean-Paul Brighelli et toute la stratosphère des réacs-publicains. » Laurence De Cock, « Programmes d’histoire, derrière la rituelle polémique, une odeur nauséabonde », N’Autre école – Questions de classe(s), n° 2, automne 2015.

5. « Le « modèle » éducatif finlandais remis en question », Le Figaro 3 décembre 2013.

6. http://pedrocordoba.blog.lemonde.fr/ « La Finlande au tableau noir », 23 février 2013.

7. Voir « Najat Vallaud-Belkacem, pourquoi tant de rumeurs ? » Emmanuelle Anizon ;Olivier Tesquet ;Richard Sénéjoux, Télérama du 4 avril 2014.

8. « Pascal Bruckner : les nouveaux programmes d’histoire ou l’effacement de la France », entretien au « Figarovox », 4 mai 2015.

9. « Histoire, la grande braderie : comment les nouveaux programmes scolaires préparent les guerres civiles françaises de demain », sur le site Atlantico, 28 avril 2015.

10. Un article de Claude Meunier-Berthelot qui s’est répandu sur la plupart des sites de la fachospère : Polémia, media-press-info, « Pour une France forte et catholique »

11. Éditions des Trianons, février 2015, 117 pages.

12. Marianne, 2 mai 2015.

13. Jean-Paul Brighelli, « La lepénisation des esprits enseignants ? », Le Point, 23 avril 2015.

14. Jean-Paul Brighelli « Programmes du collège : en histoire, une machine à décérébrer », site de Debout la France, 15 avril 2015.

15. « Pour une école républicaine », Danièle Sallenave, Le Monde, 27 mars 2002.

16. Loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit » (article 4, alinéa 2).

17. Voir William Blanc et Christophe Naudin, Les historiens de garde : De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, Inculte, 2013, 224 p.

18. Conférence au siège de l’UNI, novembre 2014 cité par le site du Prix Thubal Holoferne.

19. « Histoire, la grande braderie : comment les nouveaux programmes scolaires préparent les guerres civiles françaises de demain », sur le site Atlantico, 28 avril 2015.

20. Éditorial de Frédéric Seitz, président de la section académique de Versailles du Snalc, Bulletin du Snalc Versailles, (non daté mais diffusé dans les casiers des professeurs de l’Académie en octobre 2015).

21. Éric Zemmour à la matinale de RTL du jeudi 30 avril.

22. Jean-Pierre Le Goff, La Barbarie douce, la modernisation aveugle des entreprises et de l’école, La Découverte, 2003, 141 p.

23. Jean-Paul Brighelli, entretien au Parisien, 19 octobre 2007.

24. Claire Laux et Isabel Weiss, agrégées et docteurs, enseignant respectivement l’histoire et la philosophie, interrogées par Christian Authier, L’opinion indépendante, n°2753, Vendredi 05 Janvier 2007. Auteurs de : Ignare Academy, Nil éditions, 2002.

25. Alain Bentolila, « Le vrai chantier de l’école », Libération, 5 octobre 1998.

26. Coordinateur, sous le pseudonyme de Emmanuel Brenner de Les territoires perdus de la République : Milieu scolaire, antisémitisme, sexisme, Mille et Une Nuits, 2002.

27. « Pourquoi l’école a démissionné devant l’obscurantisme », Natacha Polony, Marianne, 20 octobre 2003.

28. 10+1 questions à Claude Allègre sur l’école, Claude Allègre et Pierre-Luc Séguillon, Michalon, 2007, 107 p.

29. Profs en territoire perdus de la République ?, Georges Benayoun diffusé sur France 3 le 22 octobre 2015.

30. « Caméra perdue en territoire de la République », Vincent Capdepuy, Vincent Casanova, Laurence De Cock, Eric Fournier, Hayat El Kaaouachi, Samuel Kuhn, Fanny Layani, Servane Marzin, Véronique Servat, sur le site Aggiornamento.

31. Les territoires perdus de la République : Milieu scolaire, antisémitisme, sexisme, collectif, dir. Emmanuel Brenner, pseudonyme de Georges Bensoussan, Mille et Une Nuits, 2002.

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